Armée : les confidences du président Alpha Condé sur les grades des militaires envoyés au Mali avant la réforme

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«Lorsque nous avons commencé à envoyer nos troupes au Mali, un commandant qui partait commandant, devenait adjudant là-bas. Il revenait en Guinée commandant, mais il était adjudant là-bas. Aujourd’hui, un commandant est un commandant et aujourd’hui nous sommes à Kidal…» Jeudi 31 janvier 2019 alors qu’il faisait décorer le général de corps d’armée français, Bruno Clément Bollée pour sa ‘’contribution de qualité’’ à la réforme de l’armée guinéenne, le président Alpha Condé a exprimé toute sa fierté à son armée qui est devenue ‘’véritablement  républicaine’’. Une performance régulièrement citée aujourd’hui en modèle dans beaucoup de pays africains. Une révolution qui a permis en quelques années à l’armée de rompre radicalement avec certaines habitudes qui ternissaient son image. Pour le président Condé, l’armée vient de loin. Nous vous proposons ici un extrait du discours qu’il a prononcé à l’occasion de la cérémonie de décoration du haut gradé français :
«…Je crois que nous vous (le général Clément Bollée, ndlr) devons beaucoup. Parce que tout le monde sait comment était l’armée guinéenne en 2010. On se demandait si réellement la réforme allait être possible avec toutes les mauvaises habitudes qui étaient ancrées depuis des années. Les militaires étaient gradés chaque année. Il n’y avait pas un tableau d’avancement. Tous les trois mois, l’armée descendait dans la rue, faisait des réclamations. Donc vraiment, l’armée était un Etat dans l’Etat. Et la réforme, vous-mêmes, vous l’avez dit, ce n’est pas une réforme, c’est une révolution. En effet, nous avons fait un très long chemin. Comme seulement entre militaires, il n’y a pas de civils, on peut parler librement. Lorsque nous avons commencé à envoyer nos troupes au Mali, un commandant qui partait commandant, devenait adjudant là-bas. Il revenait en Guinée commandant, mais il était adjudant là-bas. Aujourd’hui, un commandant est un commandant et aujourd’hui nous sommes à Kidal… Normalement, il était prévu que cela soit tournant, mais nous n’avons pas réussi à nous faire remplacer. J’ai beau parlé, mais personne ne veut aller à Kidal. J’ai dit : ‘’ mais je ne suis pas du désert !  Kidal c’est du désert, alors que nous nous sommes des hommes de la savane, de la forêt et des montagnes. Mais personne ne veut nous remplacer à Kidal. Mais comme le président Sékou Touré avait dit, le Mali et la Guinée sont comme les deux poumons dans un même corps… Nous sommes obligés de défendre le Mali comme nous défendons la Guinée. Ce qui fait que nous sommes restés toujours à Kidal. Même si parfois nous sommes énervés contre nos partenaires parce que nous ne sommes pas très bien équipés. Par exemple, si on avait au moins un ballon, on n’allait pas nous attaquer. Parce que le camion est venu jusqu’à défoncer la porte avec des explosifs […]  Cela nous a causé des morts inutiles. Mais, nous sommes obligés de nous battre au Mali comme si c’était notre propre territoire. Et je pense qu’aujourd’hui, nous sommes fiers de l’armée guinéenne…»
Guineenews

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