Le président sénégalais Macky Sall, lors d'un discours à la Conférence internationale sur l'émergence de l'Afrique, le 28 mars 2017 à Abidjan. © SIA KAMBOU / AFP
Le président sénégalais Macky Sall, lors d'un discours à la Conférence internationale sur l'émergence de l'Afrique, le 28 mars 2017 à Abidjan. © SIA KAMBOU / AFP

Khalifa Sall a bénéficié d’une « remise totale de peine » selon un décret publié dimanche. L’ex-maire de Dakar, qui purgeait une peine de cinq ans pour escroquerie sur les deniers publics, a retrouvé la liberté dimanche soir à la faveur d’une grâce présidentielle. Il a été accueilli par de nombreux partisans à sa sortie de prison.

La remise en liberté de Khalifa Sall était réclamée depuis des mois par les soutiens de cet adversaire du chef de l’Etat sénégalais Macky Sall (sans lien parenté), mais elle tardait à se concrétiser.

L’affaire de la « caisse d’avance »

En détention depuis mars 2017, Khalifa Sall avait été condamné en août 2018 par la cour d’appel de Dakar pour « faux en écriture et escroquerie portant sur les deniers publics ». L’affaire dite de la « caisse d’avance », très médiatisée dans le pays, portait sur la gestion de la mairie de Dakar, qu’il avait remportée en 2009 et 2014. Khalifa Sall a été reconnu coupable du détournement d’environ 2,5 millions d’euros, prélevés entre 2011 et 2015 sur les caisses de la ville.

L’homme de 63 ans nie ces accusations, arguant que les maires de Dakar ont toujours eu à leur disposition une somme destinée à leur action politique. Les ennuis de Khalifa Sall avaient débuté lorsque cette figure du Parti socialiste sénégalais s’est désolidarisé de la coalition bâtie autour du président Macky Sall. Il a toujours considéré que les poursuites contre lui visaient à l’empêcher de se présenter à la présidentielle de février 2019, ce qu’avaient démenti les responsables de la majorité.

Décrispation politique

Interpellé en mars 2017, il avait fait campagne depuis sa cellule pour les législatives de juillet de la même année. Elu, il n’a pas pu siéger. Il a aussi été révoqué de ses fonctions de maire par Macky Sall en août 2018, et n’a pu se présenter à la présidentielle de 2019. L’élection a été remportée dès le premier tour par Macky Sall, au pouvoir depuis 2012.

Cette libération intervient dans un contexte de décrispation politique orchestrée par des chefs religieux musulmans. « Je remercie le chef de l’Etat, qui m’avait promis cette libération. Il l’a fait », a réagi à la télévision une de ses proches, Sowam Wardini, qui lui a succédé à la mairie de Dakar. Deux anciens collaborateurs de Khalifa Sall, condamnées en même temps que lui, ont également été graciés dimanche.

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