Procès de Grenade : « Ce sont deux Pick-up de bérets rouges qui m’ont escorté à Kindia. Quand les gardes pénitentiaires qui étaient là m’ont vu, ils n’en revenaient pas »

Le procès du militant de l’UFDG,  Boubacar Diallo, alias ‘’Grenade’’, a été renvoyé au  12 février 2019 pour réquisition et plaidoirie après l’audition de l’accusé. Durant près de trois heures, Grenade a fait face aux questions du juge Ibrahima Kalil Diakité, du procureur Souleymane Sidy N’Diaye et de ses trois avocats.

En répondant aux questions de Me. Salifou Béavogui, le dernier de ses trois avocats à l’interroger, Boubacar Diallo n’a pas pu se retenir. Apparemment, l’accusé en avait gros sur le cœur. Au point de ne pas pouvoir tout exprimer correctement. Par moments, il s’essoufflait, alors qu’il suait à grosses sueurs sur le front et pleurait à chaudes larmes qui donnaient du frisson à certaines personnes présentes dans la salle d’audience.

«Tout ce que je demande, c’est ma liberté pour aller m’occuper de ma santé», a-t-il dit en répondant à une des questions de son avocat. Grenade ira même jusqu’à dire qu’il ne veut pas retourner en prison. Parce qu’à la Maison centrale de Conakry, on l’a isolé. C’est ce qu’on lui a aussi fait à la prison de Kindia, selon ses explications. « Ce sont deux Pick-up de bérets rouges qui m’ont escorté à Kindia. Quand les gardes pénitentiaires qui étaient là m’ont vu, ils n’en revenaient pas. Auparavant, ils croyaient que c’est Toumba qu’on envoyait… Un d’entre eux a même dit qu’il peut m’arrêter seul et me transporter sur sa moto. On m’a isolé, alors qu’il y avait des grands bandits là-bas plus dangereux que moi. J’y ai même vu des condamnés à perpétuité qui étaient mieux traités que moi », a expliqué l’accusé.

Pour l’avocat de la défense, on a traité ainsi son client pour obtenir de lui des dénonciations. Grenade dira plus loin qu’on voulait qu’il « dénonce Ousmane Gaoual et Hadja Halimatou Dalein Diallo ». En dépit de la « torture », Grenade dit avoir refusé de dénoncer faussement le député et l’épouse du chef de file de l’Opposition.

Alors que l’avocat interrogeait son client, le procureur a subitement haussé le ton pour dire que Grenade a été isolé parce qu’il est un prisonnier dangereux… « On m’a envoyé à Kindia pour me tuer », a rétorqué l’accusé.

Grenade a indiqué qu’avant son arrestation, Sékou Souapé du RPG (le parti présidentiel) l’avait appelé pour lui demander de rejoindre son parti comme l’ont fait Korboya et Intello, qui étaient eux aussi à l’UFDG. « Je peux dire que c’est l’une des causes pour lesquelles on a monté ce dossier contre moi », a-t-il dit en répondant à son avocat. Grenade a aussi indiqué que le jour de son arrestation, Caleb Zoumanigui des renseignements généraux lui avait promis au téléphone qu’il finira par être arrêté. Pour lui, Sékou Souapé, Caleb Zoumanigui et un nommé Keira (également des renseignements généraux) sont ceux qui ont monté ce dossier contre lui.

L’avocat Me Salifou Béavogui dira aussi que le dossier est vide puisqu’il ne comporte pas un scellé d’arme de guerre alors que Grenade est aussi accusé de « détention illégale d’arme de guerre.»

Source : Guineenews

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