NIGER : pas de 3e mandat pour Issoufou- « En 2021, je m’en vais, c’est mon dernier mandat »

Après Paul Kagame du Rwanda et Jao Lourenço de l’Angola, c’est au tour de Mahamadou Issoufou du Niger d’être reçu à la Maison de verre de Paris par Emmanuel Macron.

Le moins que l’on puisse dire, c’est que cette visite est tout bénef pour le Niger. Car, pendant son séjour, le numéro un des Nigériens signera avec l’Agence française de développement (AFD), cinq conventions de cinquante millions d’euros, soit environ 33 milliards de F CFA.

Toute chose qui devrait permettre l’extension du réseau de distribution électrique en zone urbaine et le développement de l’accès à l’électricité en zone rurale plus un projet d’une centrale hybride à Agadez d’une valeur de vingt milliards de F CFA. Et ce n’est pas tout.

Les défis du moment l’exigeant, Mahamadou Issoufou et son homologue français ont largement évoqué les questions sécuritaires, en l’occurrence l’opérationnalisation de la force conjointe du G5 Sahel maintes fois annoncée et repoussée, le nerf de la guerre faisant toujours défaut.

Pour toutes ces raisons, Paris valait bien un détour, étant donné que c’est le président Macron lui-même qui a soutenu, instigué et défendu bec et ongle la nécessité de mettre en place une force conjointe au Sahel afin de lutter contre la traite et la criminalité transfrontalière. A cela s’ajoute le fait que le Niger est un partenaire privilégié de la France en matière de lutte contre l’immigration clandestine.

Les relations entre les deux capitales sont au beau fixe

A preuve, c’est au Niger que sont installés les centres d’examen de demandes d’asile appelés Hotspot dont l’objectif essentiel est de « faire le tri entre les réfugiés et les migrants économiques non éligibles ». C’est dire qu’entre Niamey et Paris, il n’y a pas de nuages. Les relations entre les deux capitales sont au beau fixe.

Contrairement à certains dirigeants du continent qui, à l’occasion de ce genre de visites officielles, éludent les questions de gouvernance, le président Issoufou, lui, semble avoir le cœur net. « (…) Je suis un démocrate convaincu. La preuve d’ailleurs, en 2021, je m’en vais, c’est mon dernier mandat ! Je ne vais pas triturer la Constitution », a-t-il laissé entendre à l’issue de son entretien avec Macron.

Certes, d’aucuns n’hésitent pas à dénoncer un recul démocratique caractérisé par des « interdictions répétées de manifester », les « pressions sur les médias », les « arrestations de militants de la société civile » et les « violations de droits, constitutionnels », au Niger ; mais, cela n’entame en rien le caractère exemplaire du président Mahamadou Issoufou.

Car, au moment où bien de ses pairs du continent font des pieds et des mains pour s’éterniser au pouvoir, suscitant parfois des marches ou meetings de soutien, le président Issoufou, lui, fait le contraire. Il refuse de céder aux sirènes des Raspoutine, devenant ainsi la mauvaise conscience des dictateurs qui foisonnent sur le continent.

A preuve, deux activistes de la société civile que sont Issoufou Brah et Salissou Ibrahim, ont été arrêtés et inculpés pour avoir appelé le chef de l’Etat à briguer un troisième mandat. Ils attendent actuellement leur procès. Voyez-vous ? Ce qui est une consécration ailleurs, est perçu comme une imprécation au Niger. En tout cas, pour autant que le président nigérien respecte sa parole, il entrera dans l’histoire par la grande porte et de ce fait, hissera son pays dans le hit parade des nations démocratiquement avancées sur la planète.

Boundi OUOBA, dans Le Pays

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