Kindia : plusieurs opposants condamnés

Plusieurs opposants ou présumés opposants au régime d’Alpha Condé ont été condamnés jeudi à Kindia après plus de trois mois de détention.  Au lendemain des élections locales du 4 férvier 2018, des violences avaient éclaté à Linsan, une sous-préfecture située à la frontière avec la ville de Mamou.  Ces affrontements entre militants de l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG), principal parti de l’opposition et du Rassemblement du Peuple de Guinée (RPG-ARC-EN-CIEL), parti au pouvoir, ont fait des dégâts matériels importants : ‘’ trois maisons brûlées, deux véhicules calcinés et cinq jeunes blessés’’.

Trois mois après ces douloureux événements, le tribunal de première instance de Kindia vient de condamner plusieurs parmi eux. Sur les 23 prévenus, près de la moitié (10) ont été condamnés à un an d’emprisonnement avec sursis et une amende de cinq cents mille francs guinéens. Un autre prévenu a écopé, quant à lui, de huit (8) mois de prison ferme et une amende de trois (3) millions de francs guinéens.  D’autres accusés ont été relaxés pour des délits non établis.

Après le verdict, le président du tribunal de première instance de Kindia, Sadou Diallo, a déclaré que « après avoir délibéré sur l’action publique, le tribunal condamne dix (10) jeunes manifestants à un an d’emprisonnement avec sursis, une amende cinq cents mille francs guinéens et la 11èmepersonne a été condamnée à 8 mois de prison ferme et une amende de 3 millions de francs guinéens, tous reconnus coupables des faits de destruction d’édifices privés » .

La plus lourde peine a été infligée à Yaya Sow condamné à huit (8) ans  de prison ferme et une amende de trois millions de francs guinéens.

Quant aux dames Mariam Barry et Djénabou Sow, elles ont écopé chacune 5 ans d’emprisonnement ferme par défaut et une amende de dix (10)  millions de francs guinéens pour leur absence en audience. Un mandat d’arrêt a été décerné contre elles.

Même si l’un des avocats de la défense a exprimé sa satisfaction suite à la relaxe de onze détenus, il y a lieu de s’interroger pourquoi les présumés militants du RPG n’ont pas été arrêtés, jugés et condamnés comme les autres.

La condamnation des militants de l’opposition pendant que d’autres proches du RPG sont libres ne fera qu’enraciner les rancœurs et les prochaines joutes électorales risquent d’enrégistrer les mêmes violences.

Mohamed Sylla

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