Kidnapping en Guinée : Alpha Souleymane Baldé, fils de « Sans Loi », raconte sa séquestration

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Le procès des présumés auteurs de l’enlèvement d’Alpha Souleymane Baldé, fils de l’opérateur économique, Elhadj Ousmane Sans Loi Baldé, se poursuit au tribunal criminel de Dixinn. Après les explications des accusés, c’est la victime qui a comparu à la barre, ce lundi, 20 mai 2019. A la barre, Alpha Souleymane Baldé a expliqué les circonstances dans lesquelles il a été kidnappé. Dans ce dossier, quatre individus sont poursuivis pour prise d’otage, séquestration, vol à main armée, association de malfaiteurs et complicité : adjudant Sâa David Kamano, en service à l’escadron mobile de gendarmerie n°4 de Matoto, Lamine Kanté, Sékou Oumar Keïta et Mohamed Sidy Diallo, présumé cerveau de la bande (en fuite). Des faits qu’ils ont niés lors des audiences précédentes.

C’est une affaire qui remonte au mercredi 10 août 2016. Les faits se sont produits à 19 h, au quartier Kaporo Centre, dans la commune de Ratoma. Selon Alpha Souleymane Baldé, quatre individus armés ont fait irruption dans sa chambre pour pointer une arme sur sa tempe avant de l’embarquer sans ménagement pour une destination inconnue. « C’était un mercredi soir, pendant la prière du crépuscule. J’étais sur mon tapis de prière quand quatre individus armés sont entrés dans ma chambre. Un d’entre eux a pointé l’arme sur ma tempe. Ils m’ont attaché et mis dans ma voiture. Ils m’ont dit que si je crie, ils vont me tuer. C’est ainsi qu’on est sorti de la cour, on est allé sur la route de Morykantéyah, à Nongo. De là-bas, ils ont changé de véhicule. Cette fois-ci, c’était une Toyota. Ils ont mis une cagoule sur ma tête pour me jeter dans la voiture. On a roulé environ 30 minutes. Puis, on est rentré dans une cour très luxueuse. Je ne pouvais pas voir, mais j’ai touché le sol en carreaux et le divan, qui était en cuir. Ils m’ont bandé la bouche avec de la colle scotch, ils ont lié mes mains et mes pieds. Puis, ils ont commencé à me torturer. J’ai failli perdre la tête. Ils ont dit qu’ils allaient couper mes doigts. C’est quand je leur ai dit que j’étais diabétique qu’ils m’ont épargné. La douleur qu’ils m’ont infligée, seul Dieu connait son ampleur. Durant deux jours, ils ne m’ont pas donné à manger. Pendant les 6 jours qu’ils m’ont retenu, je ne savais pas si c’était le jour ou la nuit », a-t-il expliqué.

En outre, Alpha Souleymane Baldé a dit qu’il a fait l’objet d’une longue filature avant de se faire kidnappé par ses anciens ravisseurs. « Ils m’ont dit que j’avais deux chiens, que je n’ai pas de gardien et que j’avais une voiture de sport très jolie, que je ne conduisais pas depuis des mois. Ils ont décrit mes heures de sortie et d’entrée, la couleur de ma cour et que mon premier enfant, c’est une fille. D’ailleurs, le nommé Lamine Kanté m’a dit de lui donner la main de ma fille, qu’il va l’épouser. Ils m’ont dit c’est des preuves qu’ils me donnaient pour que je sache que c’est un plan bien élaboré. Ils ont envoyé un sac plein de munitions, dont deux grenades. Ils m’ont obligé à toucher le sac, en me disant qu’ils opèrent même hors de nos frontières, notamment au Mali Bamako », a-t-il fait savoir.

Dans son intervention, le procureur Daouda Diomandé va demander à Alpha Souleymane Baldé de quelle manière il a pu s’en sortir. Dans sa réponse, il dira : « monsieur le procureur, ils m’ont demandé dans un premier temps, de payer 300 milles Euros. Je leur ai dit que je n’avais pas cet argent. Ils ont dit que je mentais et que si je ne payais pas, ils allaient couper mes orteils avant de me tuer. Ils prenaient mon téléphone, appelaient ma famille, menaçaient de me tuer si la famille ne payait pas. Tous les jours, c’était comme ça. A chaque fois, ils me faisaient changer d’endroit. Par la grâce de Dieu, j’ai pu finalement les convaincre d’accepter 105 milles dollars plus 5 millions GNF. Et, le 16 août 2016 à 6 heures, ils m’ont déposé à cinq mètres de chez moi et sont répartis. Puis, ils ont appelé un membre de ma famille pour lui dire qu’ils avaient jeté les clefs de ma voiture dans ma cour et que la voiture se trouvait dans un coin vers Démoudoula. La police est allée la chercher », a-t-il raconté.

L’affaire a été renvoyée au 3 juin 2019 pour les plaidoiries et réquisitions

Avec Guineematin

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