Île d’Oléron: le coq Maurice pourra continuer de chanter

Le tribunal correctionnel de Rochefort a rejeté la plainte des voisins de la propriétaire du gallinacé. Une victoire hautement symbolique pour les défenseurs des bruits ruraux.

La star du jour s’appelle Maurice. Dans le combat qui oppose depuis plusieurs mois, à son sujet, ennemis des nuisances sonores et défenseurs des sonorités typiques de la ruralité, le vent a finalement tourné en faveur des derniers cités… et de leur icône à plumes. Ce jeudi, le tribunal correctionnel de Rochefort (Charente-Maritime) a rejeté la plainte pour «trouble anormal du voisinage» déposée par un couple de retraités. Le gallinacé de Corrine Fesseau pourra continuer de coqueliner, n’en déplaise à ses voisins.

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La justice doit décider si le coq Maurice a chanté trop fort
Le coq Maurice chante-t-il trop, et trop fort? La justice devra en décider ce jeudi 4 juillet, après diverses plaintes de ses voisins retraités. L’avocat des plaignants, Me Heberdeau, regrette que la médiation ait échoué.

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Une décision qui ne va pas arranger les relations entre les parties prenantes, en guerre ouverte depuis le printemps 2017. Excédé par le chant perçant du coq, le couple, propriétaire d’une résidence secondaire à Saint-Pierre d’Oléron, multiplie d’abord les courriers adressés à Corrine Fesseau. Puis passe aux visites d’huissiers. Avant de finalement assigner la sexagénaire devant la justice. «Mes clients ont 68 ans, ils sont à la retraite. Ils aspirent simplement à la tranquillité lorsqu’ils viennent en vacances dans leur maison de l’île d’Oléron», soulignait Me Vincent Huberdeau, l’avocat des voisins, avant le procès du 4 juillet.

Dans l’Oise, une décision de justice radicalement différente

Maurice a eu plus de chance que son acolyte de l’Oise, Coco. Le 24 mai dernier, le tribunal correctionnel de Compiègne a en effet condamné Nicolas Boucher, le propriétaire de ce dernier, à se séparer de son coq à la suite de la plainte d’une de ses voisines. Si l’agent de maintenance s’est plié à la décision de la justice – Coco est désormais en pension chez une de ses amies -, il ne désarme pas pour autant. Il a fait appel de la décision de justice et lancé une pétition, «Sauvez Coco, le coq margnotin», qui recueille aujourd’hui plus de 90.000 signatures. La pétition en faveur de Mauricemarche encore plus fort: elle affiche fièrement près de 140.000 signatures.

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Les propriétaires d’animaux jugés bruyants par leurs voisins peuvent en outre compter sur le soutien de plusieurs hommes politiques. Le maire de Saint-Pierre d’Oléron Christophe Sueur a ainsi pris un arrêté visant à «souligner le caractère rural de [sa] commune». Le maire de Gajac (Gironde) Bruno Dionis du Séjour a de son côté rédigé une lettre ouverte dans laquelle il réclame que «le chant du coq, l’aboiement familier du chien, la cloche de l’église, le meuglement des vaches, le braiment de l’âne et le pépiement des oiseaux soient proclamés patrimoine national. Et qu’aucun procès ne puisse leur être intenté!». Le député de Lozère Pierre Morel-À-L’Huissier travaille quant à lui sur un projet de loi en ce sens.

Lefigaro

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