La Guinée doit réviser son fichier électoral, selon les recommandations du rapport d’experts indépendants publiées il y a un an. Mais le sujet fait débat, notamment sur le choix de l’institution qui doit s’en occuper.

L’opérateur technique pour réaliser les vérifications sur le terrain et assainir la base de données n’est pas encore choisi et cristallise les tensions. La Céni propose soit de recruter un opérateur local ou de carrément lui donner cette mission.

« La solution aujourd’hui la plus simple pour nous est de recruter une société locale. Cela nous coûterait moins cher et il va aller droit au but, c’est-à-dire qu’il va recruter du personnel sur place, les former sur place, les déployer », estime Salif Kébé, le président de la Commission électorale.

« La Céni est droit dans ses bottes, insiste-t-il, parce que la loi nous confère la prérogative de pouvoir faire ce travail-là. Nulle part dans la loi vous ne verrez qu’il est écrit que la Céni est obligée de recruter un opérateur. »

Si sur l’organisation des élections législatives en novembre, le président de la Céni concède qu’« il peut y avoir du retard », Salif Kébé estime qu’elles se tiendront bien cette année.

L’opposition doute de la partialité de la Céni

Mais les deux propositions de la Céni concernant la révision du fichier, une phase sensible, ne conviennent pas à l’opposition. Le député Mamadou Cellou Baldé, membre de la Commission électorale de l’UFDG, l’un des principaux partis d’opposition, préfère un opérateur international. Il doute de l’impartialité de la Céni.

« On a peur de l’impartialité. Donc, quand il y a un opérateur local qui est choisi, généralement, ce sont les militants du RPG arc-en-ciel qui sont recruté comme opérateur de saisie et ce sont eux qui vont aller gérer, manipuler la révision des listes électorales pour faire en sorte que des mineurs ou des personnes qui n’étaient pas sensées se retrouver dans le fichier soient enrôlées. »

« Aujourd’hui, il faut le dire clairement, nous soupçonnons le pouvoir en place de vouloir passer par la Céni, de vouloir précipiter les élections sans corriger le fichier, et d’ailleurs, profiter de la révision des listes électorales pour davantage bourrer le fichier, afin de s’octroyer une majorité de plus de deux tiers lors des prochaines élections législatives. »

RFI

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