L’insécurité bat son plein tant à Conakry qu’à l’intérieur du pays. Les attaques à main armée sont devenues monnaie courante au grand dam des citoyens, pris au dépourvu. La dernière victime d’une agression armée et de vol de ses biens est Abdoul Wahab Baldé, professeur d’Anglais, grièvement blessé par une arme à feu au quartier Keitaya, dans la commune de Dubréka. Les faits se sont produits dans la nuit du 03 janvier 2020. Les deux assaillants ont tendu un piège à la victime à quelques pas de sa maison avant de s’en prendre à lui. Le face-à-face a viré au cauchemar pour Wahaby Baldé, qui a joué au mort pour échapper aux malfaiteurs.

Dans un entretien accordé à deux reporters de Guineematin.com, Abdoul Wahaby Baldé, alité à l’hôpital Donka où il a subi une intervention chirurgicale, est revenu sur sa mésaventure.

Guineematin.com : vous avez été victime d’une attaque de la part d’inconnus. Expliquez-nous ce qui s’est passé ?

Abdoul Wahaby Baldé : le vendredi 03 janvier, aux environs de 22 heures, je faisais le transfert d’Orange Money dans ma boutique. Ma femme est sortie, elle m’a laissé seul dans la boutique. J’ai pris mon sac où il y avait de l’argent et mes téléphones. J’ai fermé ma boutique avec les cadenas, je suis sorti. Entre la boutique et ma maison, c’est quelque chose de 50 mètres. Je suis arrivée à un certain niveau, il y a un petit portail du côté gauche, une ruelle du côté droit. Quand j’ai voulu rentrer, il y a quelqu’un qui est venu brusquement me devancer, voulant être le premier à rentrer. J’avais mon sac avec les téléphones. Il a saisi mon sac. Je pensais que c’était mon ami Thierno qui loge avec moi dans la cour, qui s’amuse avec moi. Je lui ai dit d’arrêter. Il a reculé et il m’a donné un coup de pied sur la poitrine. J’ai compris que c’est un ennemi. Il a pris le fusil, il a chargé avec la main droite, il a fait face à moi. On s’est aussitôt pris, on s’est bagarré pour ne pas qu’il me tire dessus. J’ai pris le bout du fusil, lui aussi il a pris la gâchette pour tirer. Il a tiré. Quand il tire le feu sort. A chaque fois qu’il tire, je contourne pour ne pas qu’il me tire dessus. J’ai appelé au secours, mais personne n’est venu. Ils étaient deux. Comme j’ai voulu courir avec mon sac d’argent, il a pris la corde du sac. Mais je tenais toujours le bout du fusil. C’est en ce moment que celui qui est derrière m’a tiré dessus, sur la cuisse avec deux balles. Maintenant, l’autre a tiré avec le fusil que je tenais par le bout. Il m’a blessé à la main. Tous les deux étaient armés. Dès qu’il m’a tiré dessus. Automatiquement, je suis tombé. Je me suis allongé par terre, faisant semblant que je suis mort pour ne pas qu’il me tire sur la tête.

Guineematin.com : est-ce que les gens sont venus pour vous aider ?

Abdoul Wahaby Baldé : quand j’ai vu qu’ils sont partis, je me suis levé. J’ai dit que c’est moi Wahaby, venez à mon secours, ils m’ont fusillé. Ma mère et ma femme sont venues. Je leur ai demandé de m’envoyer à l’hôpital. Les jeunes qui étaient venus me secourir pensaient que je pouvais marcher. Ils voulaient m’épauler pour qu’on marche ensemble et aller à l’hôpital. Mais, je leur ai dit que je ne peux pas marcher, mon pied est déjà touché. Après on m’a soulevé, on a cherché un taxi motard. Là aussi, on a trouvé que je ne peux pas monter sur la moto. Parce que le pied était enflé, le sang coulait. J’ai exigé à ma femme de m’envoyer un pagne pour ne pas que je perde le sang. Après, on a pris un véhicule. J’ai dis de m’envoyer au Km36 parce c’est plus proche. Les jeunes qui se sont regroupés, les uns voulaient qu’on poursuive les assaillants, les autres qu’on m’envoie à l’hôpital. On m’a envoyé au Km36 où on a trouvé je crois deux personnes.

Guineematin.com : On vous a soigné là-bas, ou bien c’est à partir de cette clinique que vous êtes venus ici à Donka ?

Abdoul Wahaby Baldé : On ne m’a pas soigné là-bas. Quand nous sommes venus, ils nous ont dit que leurs chefs ne sont pas là, et ils n’ont pas de solution. Ils nous ont dit d’aller à Donka ou à Ignace Deen. Je leur ai demandé de m’aider à arrêter l’hémorragie pour ne pas que je perde mon sang. Ils disent qu’ils n’ont pas de solutions. J’ai exigé alors à ce qu’on trouve une clinique à côté parce que personne parmi nous ne connaissait le lieu. Nous sommes allés dans une clinique à Sanoyah. Là aussi, on a frappé la porte, ils ont ouvert. On m’a fait une perfusion pour arrêter le sang et nous sommes montés dans le taxi pour venir à Donka ici avec beaucoup de douleur et des difficultés.

Guineematin.com : On apprend que l’insécurité est grandissante dans ce quartier de Keitaya.

Abdoul Wahaby Baldé : oui ! Parce que c’est la 2ème fois qu’on m’attaque dans ce quartier. Mais la première fois je n’étais pas dans ma boutique. Ils sont venus gâter tous les cadenas sauf un seul cadenas qui restait. Ils n’ont pas pu entrer. Mais, une attaque à main armée me visant physiquement, c’est la première fois que ça m’arrive.

Guineematin.com : vous n’aviez pas eu d’antécédents avec quelqu’un au quartier ?

Abdoul Wahaby Baldé : pratiquement, je ne discute pas avec les gens. Sauf, quand tu viens, je fais le transfert pour toi. Je respecte surtout l’ordre d’arrivé des clients. C’est dans ça s’il peut y avoir de discussions. A part ça, je n’ai aucun antécédent avec les gens.

Guineematin.com : quel est votre état de santé aujourd’hui ?

Abdoul Wahaby Baldé : ah oui ! Ça s’améliore un peu. Je n’ai pas perdu conscience. Mais, ça va mieux aujourd’hui.

Guineematin.com : prompt rétablissement à vous

Abdoul Wahaby Baldé : Merci

Propos recueillis par Alpha Kanso et Saidou Hady Diallo pour Guineematin.com

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