Guinée : selon le chef de file de l’opposition, les législatives du 28 septembre 2013 devaient avoir lieu au plus tard en mars 2011, soit trois mois après l’investiture d’Alpha Condé. Cellou Dalein Diallo a révélé mardi à la presse que les partenaires techniques et financiers étaient prêts à accompagner la Guinée pour mettre fin à la transition politique.  Tout ne s’est pas passé comme prévu. Et l’ancien Premier ministre explique pourquoi. “Les partenaires techniques et financiers étaient prêts à accompagner notre pays pour organiser les élections législatives, au plus tard au mois de mars 2011. Parce qu’ils avaient estimé qu’il était urgent que la Guinée finisse avec la transition’’, rappelle le chef de file de l’opposition. Et de poursuivre : ‘’Les ressources étaient disponibles au niveau du Fonds européen de développement pour financer l’ensemble des opérations liées à l’organisation des législatives, mais il était urgent que les deux protagonistes au second tour de la présidentielle de 2010 acceptent le principe’’.

A l’époque, se souvient-il, ‘’l’alliance ‘Cellou Président’ s’est retrouvée au domicile de Sidya Touré pour examiner cette proposition des partenaires techniques et financiers de la Guinée. La majorité était contre le principe d’aller à ces élections avec la même CENI, le même fichier électoral, le même président de la CENI et le même opérateur’’.

Après d’âpres discussions, à l’en croire, ‘’Sidya Touré nous a dit ‘moi je connais Alpha Condé, je pense qu’on a intérêt à aller aux législatives dès maintenant. Si on attend qu’il prenne le contrôle du pays, il n’y aura pas d’élections. Il vaut mieux aller aux élections dès maintenant’’’.

Finalement, poursuit l’ancien Premier ministre, ‘’on a retenu sa proposition et on a notifié aux partenaires notre acceptation du principe d’organiser les élections législatives au mois de mars 2011. Mais, lorsque ces derniers sont allés voir Alpha Condé qui  n’était pas encore installé même si les résultats du second tour de la présidentielle avaient été proclamés, il leur a dit que maintenant, il y a un président de la République ici et que le premier ambassadeur qui lui parlera d’élections, il le fout dans l’avion. Il leur a aussi dit que c’est lui qui sait quand est-ce il va organiser les élections’’.

En avril 2011, les opposants au régime en place décident d’unir leurs forces au sein du collectif des partis politiques pour la finalisation de la transition, pour exiger la tenue des élections législatives dans les meilleurs délais. ‘’Moi, à titre personnel, je me suis dit qu’en acceptant les résultats inacceptables du second tour de la présidentielle de 2010, si on va aux élections législatives, je pouvais avoir la majorité à l’assemblée puisque j’avais eu 44% au premier tour du scrutin présidentiel contre 18% pour Alpha Condé’’, explique-t-il.

Pour se faire entendre et attirer l’attention de la communauté internationale, les opposants enchaînent les protestations de rue. ‘’C’est ainsi qu’on a commencé les manifestations pour exiger que l’organisation des élections législatives et surtout le renvoi de Waymark qu’Alpha Condé avait clandestinement recruté pour créer un autre fichier électoral (…). Il a fallu organiser des manifestations avec plus de 57 morts pour que ces élections soient organisées en 2013’’, déplore la figure de proue de l’opposition.

Visionguinee

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