CAN 2019 : Antonio Souaré imposait des joueurs à Paul Put ; Diawara en veut à Traoré ; AKB, le monstre

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Antonio Souaré et Amadou Diaby de la fédération guinéenne de football
Antonio Souaré et Amadou Diaby de la fédération guinéenne de football

CAIRE-Un président de la fédération emballé par son entourage et Ibrahima Traoré qui l’appelle affectueusement « Tonton », un vice-président qui s’est écarté de sa mission et un entraineur, sans caractère qui se laissait manipuler par tous.   C’est le bordel descriptif qui animait l’environnement de l’équipe nationale de football de Guinée lors de la CAN 2019. La débâcle trouve, alors, toutes ses raisons. Comme ConakrySports l’a toujours dit, l’amateurisme de nos dirigeants sportifs est sans commune mesure en Afrique.

Une conversation entre Amadou Diaby et Paul Put dont nous disposons l’audio nous a permis de comprendre que le sélectionneur est viré sans aucune raison. Sinon, tout le monde est coupable de cette contre-performance de l’équipe.

Paul Put a refuse de répondre a Antonio Souaré

Amadou Diaby a insisté auprès du désormais ancien sélectionneur national de la Guinée pour qu’il rencontre Antonio Souaré, après la déclaration fracassante de ce dernier dans la presse. « Le Président va t’appeler tout à l’heure (ndlr : au retour à Conakry)…. Je lui ai dit que Paul Put est un ami à toi. C’est toi qui m’avais demandé d’aller le chercher à Nairobi. C’était la deuxième fois que tu l’appelais. Pour la première fois, il n’est pas venu. C’est un responsable et nous travaillons ensemble. La seule chose que tu dois malgré, je sais que tu n’est pas mauvais, je lui ai parlé comme ça. Je sais que tu avais la pression. Ce que je vais te dire, rentre à Conakry et appelle Paul Put. Discute avec lui, sans intermédiaire, des contours qu’il faut pour aplanir les choses. Et, il m’a dit Amadou tu as raison. J’ai insisté à ce que vous voyez en privé et à deux.»a-t-il conseillé à Paul Put avant son limogeage.

Il précisera aussi : « J’ai dit au Président de rectifier ses propos. Je lui ai dit que certains journalistes guinéens ne l’ont pas  bien compris. Il n’a pas dit que Paul Put raquette les joueurs. Mais, les journalistes ont écrit cela. Alors, il faut bien rectifier cette histoire là. Parce qu’il n’a pas parlé comme ça.  Tu as dit qu’il pareille que Paul Put raquette les joueurs. Tu n’as rien confirmé.»a-t-il rapporté la discussion qu’il a eu avec Antonio Souaré.

Ce qu’Amadou Diawara lui a dit concernant Ibrahima Traoré : « J’ai vu Diawara, hier (après l’élimination). Je te jure sur la vie de ma maman, Diawara m’a dit qu’il n’y a aucun joueur de la sélection qui peut te dire que tu lui as pris des sous pour sa convocation….. Il en veut beaucoup à Ibou Traoré. Il dit que Traoré n’est pas correct, c’est ce qu’il m’a dit. Aussi, il m’a dit qu’en éliminatoires qu’il n’y avait pas tout ces problèmes de primes. Il m’a dit que Traoré est très dangereux.», a-t-il raconté.

Amadou Diaby reconnait aussi qu’il y a un clan autour de l’équipe nationale. « Aujourd’hui en Guinée, il y a un problème de clan qui ne dit pas son nom. Je t’ai  toujours dit que la Guinée était comme ça. Je t’ai toujours répété cela…. Je suis celui que tout le monde attaque dans la fédération. Après la  réunion du comité exécutif avec Antonio Souaré, je pense que tu as demandé à quelqu’un de faire un rapport pour toi. Il t’a dit qu’il va faire le rapport à Conakry. Qu’est ce que tu veux, il a des cons derrière qui lui met la pression…»prévient-il.

Paul Put : « Antonio Souaré a terni mon nom. J’ai la honte du monde avec son discours »

Le désormais sélectionneur de la Guinée limogé à la hâte dit être très déçu du comportement d’Antonio Souaré. « En tout cas, je suis très déçu. Quand tu es allé chercher quelqu’un que tu considères être ton ami, ce dernier te qualifie l’équipe à la CAN 2019, le peuple est content, tu passes le premier tour de cette compétition. Et tu tombes sur une équipe qui est plus forte que nous, après on te souille partout en Afrique et dans le monde »lâche-t-il dans les oreilles d’Amadou Diaby.

Paul Put avait une condition s’il devait aller rencontrer Antonio Souaré. « Maintenant, il est prêt à démentir tout ce qu’il a dit dans sa déclaration ? S’il m’appelle et qu’il n’est pas prêt pour démentir ce qu’il a dit devant la presse, je ne pars à sa rencontre. Il a quoi dans sa tête ? »

Concernant, Ibrahima Traoré, Paul Put adit avoir interpellé Souaré. « J’avais dit au Président que Traoré n’était pas correct. Tu trouves normal qu’un Président de la fédération qui vient avec trois ou quatre joueurs autour de moi pour donner une composition de l’équipe. Et je remarque que c’est un autre système avec  une équipe composé des amis de Traoré. Cela veut dire que le Président n’a pas confiance à son entraîneur. Si je balance cela dans la presse, il va avoir des problèmes. Toi, Amadou Diaby tu étais au courant parce que tu m’a parlé après. Ça veut dire que tu étais au courant. Ça veut dire que tu as parlé avec le Président ou avec les joueurs ».

Amadou Diaby se défend : « J’ai vu Traoré et le Président. Mais, je ne savais pas de quoi il s’agissait. À un moment donné, j’avais pris du recule. Et j’étais toujours dans ma chambre. Après, c’est Diawara qui me le dira d’abord. Et je suis descendu pour voir. J’ai vu la scène. Quand tu parlais je n’ai rien dit. Traoré, chaque minute, il descendait chez AKB qui ne nous aime pas. Je sais cela. »

Pire, Paul Put ne digère pas le comportement d’Antonio Souaré qui passe outre son devoir de Président de la fédération guinéenne de football. Selon lui, il se permet même de gronder les joueurs dans les vestiaires. « Ce qu’il a fait dans les vestiaires contre l’Algérie. Tu trouve cela normal que lui, il crie sur les joueurs ? Et,  il dit que je dois sortir José Kanté parce qu’il ne fout rien sur le terrain. J’ai joué une finale. J’ai gagné la Cecaf, j’ai joué l’Europa League, j’ai joué la demi-finale de la Ligue des champions où  il n’est jamais arrivé avec le Horoya AC. Et lui, il vient dans les vestiaires pour m’obliger à tenir un discours à démoraliser les joueurs. C’est pourquoi la deuxième mi-temps c’était la plus grande catastrophe. », a-t-il révélé.

À suivre très prochainement, la deuxième partie

Yvon LEROUX envoyé spécial au Caire

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