La présidente du parti démocrate-chrétien, Annegret Kramp-Karrenbauer, a annoncé, lundi, sa décision de ne pas succéder à la chancelière Angela Merkel suite aux événements de Thuringe et la tentation d’une frange du parti conservateur de s’allier avec le mouvement d’extrême droite Alternative pour l’Allemagne (AfD). 

Elle jette l’éponge. La dauphine désignée d’Angela Merkel en Allemagne, Annegret Kramp-Karrenbauer, a annoncé, lundi 10 février, renoncer à lui succéder. La présidente de l’Union chrétienne démocrate (CDU) a en outre dit vouloir abandonner la présidence du parti conservateur, tirant les leçons de la crise politique ouverte par une alliance avec l’extrême droite en Thuringe.

Lors d’une réunion de la direction du parti conservateur, elle a expliqué qu' »une partie de la CDU a une relation non clarifiée avec l’AfD » mais aussi avec le parti de gauche radicale Die Linke, alors qu’elle même rejette clairement toute alliance avec l’une ou l’autre de ces formations, a indiqué à l’AFP une source proche du mouvement.

La succession d’Angela Merkel

La présidente de l’Union chrétienne-démocrate CDU, surnommée par ses initiales AKK, a ajouté qu’elle « n’a pas pour objectif d’être candidate à la chancellerie allemande ».

Dans la mesure où la candidature à la chancellerie doit aller de pair avec la présidence du parti à ses yeux, AKK a en conséquence décidé de renoncer dans les mois qui viennent à cette présidence. « AKK va organiser cet été le processus de sélection de la candidature à la chancellerie » pour succéder à Angela Merkel au plus tard fin 2021, a indiqué cette source.

« Elle va continuer à préparer le parti pour affronter l’avenir et ensuite abandonner la présidence », a-t-elle dit. Elle doit en revanche conserver son poste de ministre de la Défense.

A ce jour, quatre candidats potentiels se dégagent dans le camp conservateur allemand pour briguer la chancellerie au plus tard fin 2021, quand Angela Merkel aura bouclé son quatrième et dernier mandat : Friedrich Merz, un avocat de 64 ans battu de justesse en décembre 2018 par AKK pour la présidence de la CDU, Armin Laschet (58 ans), à la tête de  la plus grande fédération de l’Union chrétien-démocrate (CDU) en Rhénanie du nord-Westphalie, Jens Spahn, jeune et ambitieux ministre de la Santé et Markus Söder, président du parti chrétien-social CSU, mouvement bavarois allié à la CDU.

Poussée de l’extrême droite

AKK avait été élue à la présidence de la CDU, en remplacement d’Angela Merkel, qui avait à l’époque renoncé en raison de son impopularité croissante après une série de revers électoraux et la poussée dans les urnes de l’extrême droite.

AKK n’a toutefois jamais réussi à s’imposer à la présidence de la CDU. Elle a été en particulier très critiquée après l’alliance surprise nouée la semaine dernière entre des élus CDU de Thuringe et l’extrême droite pour élire un nouveau dirigeant pour cet État régional.

AKK s’est vu reprocher de ne pas tenir son parti, tiraillé entre adversaires et partisans d’une coopération avec l’AfD, surtout dans les États de l’ex-RDA, où l’extrême droite est très puissante et complique la formation des majorités régionales.

Avec AFP

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