Algérie [Direct] : des manifestations monstres, quel avenir pour Bouteflika ? »

ALGÉRIE – Alors que des manifestations rassemblant plusieurs « dizaines de milliers de personnes » pour s’opposer à une nouvelle candidature d’Abdelaziz Bouteflika ont eu lieu en Algérie hier, le vendredi 1er mars, la réponse du camp présidentiel se fait encore attendre ce samedi 2 mars. Le point en direct avec Linternaute.

Vendredi 1er mars, plusieurs « dizaines de milliers » d’Algériens se sont réunis dans les grandes villes du pays : à Oran, Constantine, Annaba et dans d’autres communes plus petites. A Alger, la mobilisation a rassemblé énormément de monde dès la mi-journée : hommes, femmes, étudiants, jeunes et et personnes âgées. Le média TSA parlait d’une « marée humaine ». Les manifestants se sont fait entendre pour réclamer le retrait de la candidature d’Abdelaziz Bouteflika, annoncée par le FLN il y a quelques jours. Nombreux sont ceux qui dénoncent une confiscation du pouvoir par la délégation qui l’entoure. Le point sur cette actualité avec le direct de Linternaute.

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AFP Afrique@AFP_Afrique

Contestation en Algérie: des milliers de personnes défilent à Alger.

« Pouvoir assassin! », scandaient des milliers de manifestants brandissant des drapeaux algériens, dans le centre d’Alger.http://u.afp.com/JiAm 

17:57 – Qui s’opposera à Bouteflika ?

Alors que l’attention de l’Algérie est portée sur le président Abdelaziz Bouteflika, qui n’a pas encore donné sa candidature pour les prochaines élections présidentielles, l’opposition peine à se faire entendre. Aux dernières nouvelles, le parti des Travailleurs (PT) algérien a annoncé qu’il ne présentera pas de candidat, et ce, pour la première fois depuis 2004. « Le parti se devait de prendre en compte le processus révolutionnaire en cours en Algérie. Des millions d’Algériens réclament le départ du système et cette élection présidentielle ne peut pas répondre à cette aspiration réelle au changement », a déclaré à l’AFP Ramdane-Youssef Tazibt, député et membre du bureau politique du PT. Pour l’heure, à l’exception de Bouteflika, aucun candidat d’envergure n’a confirmé sa participation aux élections.

17:35 – Une manifestation à Lyon contre un 5e mandat de Bouteflika

Pour protester contre un cinquième mandat du président Abdelaziz Bouteflika en Algérie, 200 personnes ont manifesté ce samedi 2 mars dans l’après-midi, en France, à proximité du consulat d’Algérie à Lyon. « Je suis venu soutenir les libertés, en Algérie mais pas seulement », a indiqué un médecin « binational » de 62 ans au Parisien, en rappelant le « calvaire » de l’actuel mandat de Bouteflika.

17:11 – Bouteflika renvoie son directeur de campagne

A la veille du délai de dépôt de candidatures pour les prochaines élections algériennes, le président Abdelaziz Bouteflika a licencié son directeur de campagne, son ancien Premier ministre Abdelmalek Sellal. L’agence officielle algérienne APS n’a pour l’instant pas donné de détails concernant les motifs de la décision du président.

16:50 – Rumeurs sur le renoncement de Bouteflika à briguer un 5ème mandat

D’après le média Observ’Algérie, le président algérien Abdelaziz Bouteflika renoncerait à briguer un cinquième mandat. En cause : son état de santé, qui se serait détérioré au cours de ces derniers jours. Le retour du président, actuellement à Genève, en Suisse, pour des « contrôles médicaux périodiques », n’a toujours pas été annoncé, alors que le délai légal de dépôt des candidatures à la présidentielle expirera demain, dimanche 3 mars, à minuit.

16:25 – Un successeur au président algérien Bouteflika ?

D’après l’agence Reuters, en raison de l’âge et de l’état de santé du président Bouteflika, une rumeur court au sein du gouvernement : celle selon laquelle le président pourrait bien choisir un successeur. Le nom de Ramtane Lamamra, l’ancien ministre algérien des Affaires étrangères (de septembre 2013 à mai 2017), aurait été prononcé.

16:01 – La télévision algérienne évoque la manifestation.. à sa manière

Hier, vendredi 1er mars, la télévision nationale algérienne a ouvert son journal de 20 heures par des images de la manifestation. Une première depuis le début du mouvement de contestation en Algérie. Il s’agit néanmoins d’un progrès mitigé puisque la chaîne n’a fait aucune référence au mot d’ordre du refus d’un nouveau mandat d’Abdelaziz Bouteflika.

15:39 – Les manifestations font la Une

Les manifestations qui ont eu lieu hier, vendredi 1er mars, dans toute l’Algérie font la Une de quasiment toute la presse du pays ce samedi 2 mars. « Il est temps que le régime écoute », écrit en titre le quotidien arabophone El Khabar, tandis que le quotidien francophone El Watanestime que les rassemblements de la veille étaient une « leçon de mobilisation pacifique ».

15:14 – « Nous voulons que tout le système change »

« Nous ne manifestons pas seulement contre le cinquième mandat (du président, ndlr), nous voulons que tout le système change ; tout le système », a confié hier, vendredi 1er mars, Ramzi, un manifestant algérois, à Euronews. Au pouvoir depuis vingt ans, Abdelaziz Bouteflika n’apparaît plus en public en raison de l’AVC qui l’a touché en 2013.

14:50 – Un cinquième mandat de Bouteflika, « ça ne passe pas en Algérie »

Interrogé sur BFMTV alors que les Algériens manifestaient, l’historien Benjamin Stora, spécialiste de l’Algérie, a considéré que « ce n’est pas la personnalité de Bouteflika qui est en cause, c’est le cinquième mandat qui ne passe pas ». « Bouteflika a joué un rôle dans l’histoire intérieure algérienne, plus jeune ministre des Affaires étrangères, il a épousé toutes les séquences de l’histoire du pays, les Algériens le connaissent parfaitement, et puis il a été un champion du tiers-mondisme dans les années 1970, c’est très important », rappelle-t-il.

14:27 – Le président algérien Bouteflika souffle ses 82 bougies

Le président Abdelaziz Bouteflika a 82 ans ce samedi 2 mars, au lendemain des manifestations qui ont éclaté en Algérie contre sa candidature aux élections présidentielles. Les candidats ont jusqu’à demain, dimanche 3 mars, pour déposer leur dossier de candidature. Le président, qui n’échappe pas à la règle, devra rentrer dans son pays pour participer. Il est actuellement hospitalisé à Genève depuis plus de cinq jours.

14:05 – Le ministre de l’Intérieur salue « le professionnalisme des forces de l’ordre »

Dans la nuit du vendredi 1er mars au samedi 2 mars, Noureddine Bedoui, le ministre de l’Intérieur algérien, a rendu visite à des policiers hospitalisés. Selon la police, ils sont 56 à avoir été blessés au cours des heurts qui ont eu lieu à Alger. Toujours d’après la même source, sept manifestants ont été blessés et 45 personnes arrêtées. Sans pour autant faire allusion à l’échéance électorale, Noureddine Bedoui a salué « le professionnalisme des forces de l’ordre » et « tous les citoyens qui ont exprimé (…) leur droit à la liberté d’expression et la liberté de manifester ».

13:41 – Un manifestant décédé vendredi 1er mars

D’après plusieurs médias, un manifestant est décédé à Alger hier, le vendredi 1er mars, lors des protestations contre l’éventuel cinquième mandat du président Abdelaziz Bouteflika. « Un homme âgé est décédé après avoir été évacué à l’hôpital », indique le média local ALG24. Présente sur les lieux, une journaliste de RFI rapporte que le manifestant de 60 ans se serait trouvé dans un « mouvement de foule » sur la route menant au palais présidentiel, selon les médecins. Les manifestants ont été empêchés d’avancer dans cette direction par les forces de l’ordre.

13:14 – Le silence du camp présidentiel

Au lendemain d’importantes manifestations qui se sont déroulées dans toute l’Algérie, le président du pays, Abdelaziz Bouteflika, ne s’est toujours pas exprimé sur les protestations de son peuple, opposé à ce qu’il fasse un cinquième mandat. Le président ne s’est pas adressé aux Algériens depuis l’AVC dont il a été victime en 2013.

01/03/19 – 22:25 – Le bilan des heurts

La police fait état de 56 blessés parmi les policiers et sept chez les manifestants. De leur côté, des journalistes de l’AFP ont « dénombré une dizaine de blessés chez les manifestants, cibles de coups de matraque, de pierres que renvoyaient certains policiers, d’éclats de grenade lacrymogène ou intoxiqués par les gaz », rapporte l’AFP. Le nombre d’arrestations au cours de ce vendredi 1er mars s’élève à 45.

01/03/19 – 21:25 – Plusieurs « dizaines de milliers de personnes » dans Alger

Des sources sécuritaires ont fait état de « plusieurs dizaines de milliers de personnes » dans la capitale. Ces sources ont recensé des manifestations dans près des deux-tiers des wilayas (préfectures) du nord du pays, zone la plus peuplée, sans donner de chiffre de participation. Une autre source policière annonçait également à TSA Algérie que 800 000 personnes avaient été recensées. Une information pour l’instant non confirmée officiellement.

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Manifestation en Algérie

Des dizaines de milliers, voire des centaines de milliers d’Algériens, sont descendus dans les rues des grandes villes du pays, vendredi 22 février, puis mardi 26 février 2019. Leur revendication unanime : s’opposer à un cinquième mandat du président Abdelaziz Bouteflika, 82 ans, très affaibli depuis un AVC qui l’a touché en 2013. Les manifestants sont essentiellement des jeunes, ils dénoncent un coup de force de l’entourage du président pour conserver la main-mise sur le pouvoir. Les manifestants ont appelé à trois jours de grève générale à partir de ce vendredi 1er mars 2019.

Bouteflika encore président en Algérie ?

Le président algérien a fait annoncer par son équipe de campagne que sa candidature sera bel et bien remise auprès du Conseil constitutionnel ce dimanche 3 mars, dernier jour officiel des dépôts des candidatures pour la présidentielle. Mais l’état de santé d »Abdelaziz Bouteflika fait l’objet de nombreuses interrogations. De nombreux journalistes et observateurs internationaux considèrent que le chef de l’Etat n’est plus en mesure d’assurer ses fonctions à la tête de l’exécutif. Pour autant, s’il est effectivement candidat, il est très probable qu’il sorte victorieux des urnes : plusieurs spécialistes de la vie politique en Algérie considèrent que l’opacité qui entoure le scrutin, les pratiques de « bourrage d’urne » et l’absence de réelle alternance crédible pour le moment empêcheraient un autre candidat de s’imposer face au président en place. Abdelaziz Bouteflika dirige le pays depuis le 27 avril 1999 et s’apprête à achever son quatrième mandat. Le président algérien a fait un AVC en 2013 ; depuis il ne s’est plus adressé directement aux Algériens.

L’internaute

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