Agé de 31 ans, l’enseignant-chercheur guinéen est décédé des suites de ses blessures après avoir été roué de coups le soir de la finale de la CAN

  • Vendredi 19 juillet, Mamoudou Barry, 31 ans, enseignant-chercheur à l’Université de Rouen-Normandie, est décédé après avoir été roué de coups. Un homme a été interpellé lundi.
  • Cette agression mortelle a suscité une cascade de réactions politiques, tandis que le parquet a retenu lundi le motif raciste de l’attaque.
  • Près de 1.400 personnes, dont sa famille, ses proches, des élus et la communauté guinéenne de la région parisienne, ont participé ce vendredi à une marche blanche en son hommage.

Près de 1.400 personnes, selon la police, ont participé ce vendredi après-midi à Rouen (Seine-Maritime) à une marche blanche en hommage à Mamoudou Barry, jeune enseignant-chercheur guinéen tué en fin de semaine dernière près de la capitale normande lors d’une agression « raciste ».

Plusieurs personnes brandissaient des pancartes avec la photo du jeune homme et l’inscription « A la mémoire de Mamoudou Barry ». Un homme s’est enroulé dans le drapeau guinéen, rouge, jaune et vert. D’autres avaient revêtu des tee-shirts avec la photo de l’universitaire. « Halte au racisme » et « Justice pour le Docteur Mamoudou Barry », a scandé la foule.

Le suspect toujours hospitalisé

Agé de 31 ans, Mamoudou Barry, père d’un enfant de deux ans, est décédé des suites de ses blessures après avoir été roué de coups le soir de la finale de la CAN dans la rue lors d’une agression qualifiée de « raciste » par ses proches à Canteleu, dans la banlieue de Rouen. Un homme a été interpellé lundi matin, mais sa garde à vue a été levée pour raison médicale et il a été hospitalisé.

« C’était un homme gentil dont les raisonnements alliaient rigueur et finesse. Nous avons perdu un homme de très grande valeur. L’université de Rouen n’oubliera pas le Dr Barry », a déclaré Carine Brière, sa directrice de thèse.

« Nous ne tolérerons aucune récupération », a lancé de son côté l’avocat de la famille de la victime, Jonas Haddad. « En même temps, nous devons être lucides. Lorsque son agresseur prononce les mots qu’il a prononcés avant de lui asséner les coups mortels, il est à l’origine d’un crime raciste. »

La communauté guinéenne de la région parisienne présente

« L’horreur incompréhensible du crime survenu à Canteleu ne peut que soulever l’incompréhension. Toute la communauté universitaire s’est émue de ce drame. Le racisme n’a pas sa place à l’université », a déclaré Joël Alexandre, président de l’université de Rouen-Normandie, lisant un message de la ministre française de l’Enseignement supérieur, Frédérique Vidal.

Environ 300 personnes appartenant à la communauté guinéenne de la région parisienne avaient également fait le déplacement, a indiqué l’avocat.

Rassemblement à Conakry devant l’ambassade de France

L’association française SOS Racisme, qui s’est portée partie civile dans ce dossier, a appelé de son côté à organiser des rassemblements et des marches dans les villes de France entre ce vendredi et dimanche « pour dire non au racisme antinoir et non à toutes les formes de haine raciste ».

A Conakry, la capitale guinéenne, une centaine de personnes ont aussi manifesté devant l’ambassade de France pour dénoncer le meurtre, avec des pancartes sur lesquelles on pouvait lire « à bas le racisme, non à la violence ».

AFP

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