Violences meurtrières à Conakry : Le ministre Alpha Ibrahima Keira nie les accusations portées contre la police

Alors que des accusations s’accentuent contre les agents des forces de maintien d’ordre dans le meurtre des citoyens lors des manifestations politiques, le ministre de la Sécurité et ses collègues de la Justice, de l’Administration du territoire et de l’Information ont animé un point de presse ce vendredi 9 novembre 2018.

A l’entame de sa communication, Alpha Ibrahima Keira a tenu à rassurer l’opinion publique que la Police guinéenne est une police républicaine et qui est d’ailleurs en cours de réformes. « Et les résultats auxquels nous sommes parvenus sont positifs et satisfaisants. Je peux vous affirmer, sans risque de me tromper, que les cas malheureux de morts d’hommes et de blessés lors des opérations de maintien d’ordre menées par les unités de police sont des cas anodins, dont nous ne connaissons pas encore les auteurs », a déclaré le ministre de la Sécurité et de la Protection civile.

Et pour pouvoir identifier les présumés auteurs de ces crimes, l’orateur a laissé entendre que ses services travaillent d’arrache-pied sur le terrain et souhaitent qu’une collaboration étroite, sans complaisance, s’instaure entre le voisinage, les populations, les jeunes des quartiers et la police.

« Parce que si on veut une police performante, qui fait des résultats, qui déniche les malfrats, les voyous, les criminels, une police qui assure la sécurité maximale aux citoyens, il faudrait bien que ces citoyens y participent en collaborant, en donnant des informations utiles aux services de police. Afin que des actions énergiques soient menées pour mettre ces hors-la-loi hors d’état de nuire. Et c’est ce qui manque souvent à nos hommes sur le terrain », a fait remarquer Alpha Ibrahima Keira.

« Pour preuve, poursuit-il, nos policiers qui interviennent dans le cadre de maintien de l’ordre sont régis par une loi qui n’autorise pas nos hommes à utiliser les armes létales : ce sont des armes conventionnelles. Et chaque fois que nos hommes doivent intervenir sur le terrain dans le cadre de maintien de l’ordre, il y a une action qui est entreprise pour fouiller tous les agents, un à un, vérifier dans les véhicules de transport s’il n’y a pas d’armes létales. Même les armes blanches sont interdites ».

Rappelant de passage que la Guinée, à l’instar de plusieurs autres pays africains, a dans son arsenal législatif une loi qui interdit à la Police l’utilisation des armes de guerre pour le maintien de l’ordre. Ainsi, le ministre Keira s’est montré plus que certain de ce qu’il a avancé un peu plus haut. Pourvu que cela soit vrai !

« Et d’ailleurs, c’est une vérité de telle sorte que personne ici ne peut nous dire le contraire.  Sinon, les jeunes que nous voyons de Hamdallaye jusqu’à 36, à Siguiri ou à Kankan, jeter des pierres contre les policiers, ils n’oseraient pas le faire. En France, aux Etats Unis, au Sénégal ou ailleurs, si les gens ont peur d’attaquer les policiers, c’est parce que non seulement ils représentent la puissance publique par la tenue, mais aussi ils ont des armes létales. Alors qu’en Guinée, aucun policier n’a une arme létale : ce sont des armes conventionnelles qu’ils utilisent pour le maintien de l’ordre. Et ces armes ne tuent pas. Elles neutralisent la cible en la rendant incapable de faire quoi que ce soit contre l’agent de maintien de l’ordre. C’est une arme d’auto-défense, si vous voulez », a justifié le ministre de la Sécurité.

A en croire M. Keira, les armes utilisées par ses agents ne blessent pas lourdement ou grièvement. « [C’est pourquoi] aujourd’hui, les jeunes que nous avons en face n’ont aucun respect et aucune peur d’affronter les services de sécurité. Avec des armes blanches que tout le monde sait, avec des frondes ayant pour projectiles des barres de fer, d’armature soudées qui sont des armes non conventionnelles. Et qui, parfois, causent des dommages irréversibles sur les agents de maintien d’ordre », a-t-il expliqué.

Après avoir exprimé une pensée pieuse pour les malheureuses victimes qui ne demandaient qu’à vivre heureuses, avoir du travail, servir leur nation et subvenir aux besoins de leurs familles, mais qui, malheureusement, sont parties à la fleur de l’âge, Alpha Ibrahima Keira a indiqué ces cas de morts consternent énormément le gouvernement auquel il appartient.

« Mais, soyez rassurés que les services de sécurité travailleront toujours d’arrache-pied, avec zèle, compétence et dévouement, tout en respectant les libertés de tous et de chacun pour assurer une sécurité maximale à l’ensemble des citoyens. Parce que c’est la mission sacrée qui est la nôtre : la protection de tous les citoyens sans exclusive », a-t-il rappelé.

Ainsi, dira-t-il, le « ministre de la Justice vous a donné les statistiques de beaucoup de nos officiers, de nos hommes de rang » venus « pour rendre service à la population et garantir l’exercice des libertés et des droits individuels, politiques et civiques conformément à la Constitution guinéenne ». Mais, très souvent, accuse le ministre, « ils empêchent ces policiers d’assurer honorablement et en respectant les règles déontologiques du corps, leur mission sur le terrain ». C’est connu de tous, affirme-t-il, au cours « [des] différentes opérations, des jeunes ont été appréhendés avec des kalachnikovs, avec des pistolets, avec la drogue, du chanvre indien ».

Selon lui, les personnes appréhendées «  qui se permettent de tirer sur des manifestants certainement lors des regroupements politiques » ont été présentés à la presse. « Mais nous ne pouvons pas être des enquêteurs, des officiers de police judiciaire et ensuite trancher le jugement. Nous laisserons le soin aux services de justice de juger ces affaires pour nous dire exactement ce qu’il faut retenir définitivement pour qu’on sache quelles sont les responsabilités », a conclu le ministre Alpha Ibrahima Keira.

Libreopinionguinee avec Guineenews

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