Viol d’une fillette de 7 ans : « ce sont les doigts que j’ai utilisés », se défend le maître coranique

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« Depuis ma naissance (en 1986), je n’ai jamais couché avec une fille. Je suis impuissant sexuellement. C’est comme si je suis un maudit en famille. Mon père m’avait trouvé une fille pour le mariage. Mais, il est décédé à la Mecque pendant le pèlerinage. Et, la fille a fini par désister du mariage. Tout cela m’a démoralisé. Et, c’est après que j’ai fait l’acte qui m’a conduit devant ce tribunal. Mais, je ne pensais pas qu’utiliser les doigts soit du viol. Je croyais que c’est la pénétration sexuelle qui est le viol », a expliqué l’accusé. Trois ans de prison ferme ont été requis contre Youmoussa Camara, un maître coranique. Ce jeune homme de 33 ans est accusé d’avoir violé son élève, une fillette âgée de 7 ans, inscrite chez lui pour apprendre le Coran. Son avocat, Me Emmanuel Bamba, a plaidé pour des circonstances atténuantes en faveur de son client qui a reconnu les faits mis à sa charge et a présenté des excuses au tribunal, rapporte un journaliste de Guineematin.com qui a suivi cette audience. En détention depuis trois ans, précisément en début du mois de Mars 2016, à la maison centrale de Conakry, Youmoussa Camara, un maitre coranique et tailleur de profession, était de nouveau à la barre du tribunal de première instance de Dixinn (délocalisé à la mairie de Ratoma) hier, lundi 06 mai 2019. Il est poursuivi pour le viol d’une mineure, une jeune fille qu’il enseignait le Coran. Ce jeune homme de 33 ans a plaidé coupable des faits qui lui sont reprochés, tout en précisant qu’il n’a utilisé que ses doigts pour abuser de sa victime, son élève de 7 ans.

« Je ne l’ai pas touché sexuellement. Ce sont les doigts que j’ai utilisés. Ça s’est passé dans un fauteuil, au salon. La fillette n’a pas saigné », a juré Youmoussa Camara, la tête baissée, avec une voix qu’on entendait à peine.

« Parlez à haute voix ! », ordonne alors le ministère public. Et, l’accusé de répondre : « Je ne veux pas que les gens (l’auditoire) entendent ce que je suis en train de dire ».

« C’est une audience publique. Donc, vous devez parler pour que tout le monde vous entende », réplique le procureur Bakary Camara, avant de revenir à la charge : « dans quelles circonstances avez-vous abusé de cette fillette ? »

« La fille m’avait envoyé des arachides. Je vous demande pardon », répond Younoussa Camara.

« L’avez-vous forcé ou pris par surprise ? », interroge à nouveau le ministère public.

« Non ! Sinon, elle allait pleurer. Mais, après l’acte, la fille est rentrée chez elle. C’est le lendemain que l’affaire a éclaté », a indiqué Youmoussa Camara.

Selon le ministère public, la victime était allée offrir des fruits à Youmoussa Camara, son maître coranique. Et, ce dernier qui nourrissait déjà l’envie de coucher avec cette fillette qu’il pratique quotidiennement (parce qu’il l’enseigne le Coran), a profité de cette occasion pour abuser d’elle.

« Quand la fille est venue, il l’a fait signe de faire rentrer les fruits. Dès que celle-ci est entrée, il a fermé la porte pour ensuite tomber sur elle », a dit le procureur Bakary Camara.

Répondant aux questions de son avocat, Youmoussa Camara a fait une déposition pathétique.

« Depuis ma naissance (en 1986), je n’ai jamais couché avec une fille. Je suis impuissant sexuellement. C’est comme si je suis un maudit en famille. Mon père m’avait trouvé une fille pour le mariage. Mais, il est décédé à la Mecque pendant le pèlerinage. Et, la fille a fini par désister du mariage. Tout cela m’a démoralisé. Et, c’est après que j’ai fait l’acte qui m’a conduit devant ce tribunal. Mais, je ne pensais pas qu’utiliser les doigts soit du viol. Je croyais que c’est la pénétration sexuelle qui est le viol », a expliqué l’accusé.

Dans ses réquisitions, le ministère public a demandé des circonstances atténuantes pour Youmoussa Camara, avant de requérir 3 ans de prison ferme contre lui.

« Une peine raisonnable, compte tenu du temps de la détention provisoire de mon client », a reconnu l’avocat de la défense, Me Emmanuel Bamba, tout en faisant observer que l’Etat guinéen a failli à son devoir vis-à-vis de ce jeune.

« C’est l’Etat qui a le devoir de promouvoir la famille. Et, ce jeune qui est actuellement âgé de plus de 30 ans, n’a jamais touché à une femme. Il n’arrive pas encore à se marier. L’Etat a failli à son devoir », a-t-il dit.

Finalement, le tribunal a mis l’affaire en délibéré pour décision être rendue le 20 mai.

A suivre !

Guineematin.com

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