Son silence sur les Rohingyas coûte sa nationalité canadienne à Aung San Suu Kyi

Aug San Suu Kyi
Aug San Suu Kyi

Les députés canadiens ont décidé le 27 septembre, à l’unanimité, de démettre Aung San Suu Kyi de sa nationalité canadienne. Une décision motivée par le silence de la dirigeante birmane face à la répression de la minorité musulmane des Rohingyas. Le mutisme de la dirigeante birmane Aug San Suu Kyi face à la répression sanglante opérée par l’armée birmane envers la minorité Rohingya a conduit, le 27 septembre, les députés canadiens à voter une motion révoquant la citoyenneté honoraire de la dirigeante birmane. Votée à l’unanimité, cette déchéance de la nationalité, avait déjà été évoquée la veille du vote par le gouvernement canadien. En marge de sa participation à l’Assemblée générale des Nations unies, Justin Trudeau avait évoqué la possibilité que le Parlement canadien se saisisse de cette question.

Selon le quotidien canadien Le Devoir, le gouvernement canadien a assuré qu’il continuerait à fournir une assistance humanitaire aux Rohingyas et à «réclamer que les responsables de violences soient traduits en justice».

La Chambre des communes (chambre basse du Parlement canadien) avait octroyé la citoyenneté à Aung San Suu Kyi en 2007, alors qu’elle était encore assignée à résidence à Rangoon, la capitale birmane. Lauréate du prix Nobel de la paix en 1991, elle incarnait, pour de nombreux pays occidentaux, le symbole de la lutte pour faire triompher la démocratie en Birmanie.

Considérés comme des étrangers au sein d’une Birmanie à plus de 90% bouddhiste, les Rohingyas sont apatrides, même si certains vivent dans ce pays depuis des générations. Estimés à un million de membres, ils n’ont pas accès au marché du travail, aux écoles, aux hôpitaux.

Dans un récent rapport publié le 27 août dernier, l’ONU a accusé l’armée birmane de commettre un génocide contre les Rohingyas. Menée par l’avocat indonésien des droits de l’homme Marzuki Darusman, l’enquête s’est déroulée sur une année et repose entre autres sur des centaines d’entretiens de survivants de massacres présumés et l’analyse d’images satellitaires.

Lire aussi : La crise des Rohingyas a-t-elle poussé Oxford à retirer un portrait d’Aung San Suu Kyi ?

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