Sénégal: Karim Wade et Khalifa Sall quasiment hors course pour la présidentielle

karim wad et khalifa sall
karim wad et khalifa sall

Leur présence à la présidentielle de février prochain au Sénégal s’éloigne. Ce 31 août, Khalifa Sall comme Karim Wade ont chacun essuyé un revers judiciaire. Khalifa Sall a vu sa peine de cinq ans de prison pour escroquerie confirmée par la cour d’appel. Et vient de surcroît d’

être révoqué de ses fonctions de maire de Dakar. Karim Wade est, lui, exclu des listes électorales. La Cour suprême s’est dite incompétente pour statuer sur son recours.

A Dakar, le camp de Khalifa Sall comme celui de Karim Wade pointent du doigt des décisions politiques et portent la même accusation : une cabale politique menée par le pouvoir pour les écarter de la présidentielle.

Les proches de l’ex-maire de Dakar – qui vient ce vendredi d’être révoqué de ses fonctions à la tête de la ville par un décret présidentiel – n’ont pas changé leur discours depuis son arrestation en mars 2017. Cette affaire est la preuve d’une instrumentalisation de la justice qui a perdu toute crédibilité.

Mais la décision en appel qui confirme sa condamnation à cinq ans de prison pour escroquerie n’empêchera pas Khalifa Sall de mener campagne pour la présidentielle, même depuis sa prison, affirme son entourage. Il s’agit désormais d’affûter ses armes pour l’élection : définir un programme, rallier des partis autour de sa candidature et lancer la collecte des parrainages.

Le clan de Karim Wade, désormais exclu des listes électorales, se fait en revanche plus menaçant. Les leaders de son mouvement politique, le Parti démocratique sénégalais (PDS), appellent à un combat de rue pour imposer la candidature du fils de l’ancien président Abdoulaye Wade.

Tous les moyens sont désormais permis pour rallier les citoyens autour de leur poulain comme une sorte de déclaration de guerre envers le pouvoir. Le refus de l’inscription de Karim Wade sur les listes électorales est « scandaleux », ont-ils déclaré le 30 août au soir à la sortie de la Cour suprême qui s’est déclarée incompétente pour statuer sur son recours.

Jeudi noir pour l’opposition

Ce jeudi 30 août représentait en quelque sorte une journée noire pour l’opposition sénégalaise. Deux des principaux opposants à Macky Sall pour la présidentielle sont quasiment hors course. Cette concordance de calendrier lie en quelque sorte leur destin politique.

Khalifa Sall est encore en sursis. Sa défense va se pourvoir en cassation auprès de la Cour suprême. Cette juridiction ne rejuge pas l’affaire sur le fond mais vérifie si la loi a été respectée. La défense de l’ancien maire de Dakar refuse de communiquer sur les délais dans lesquels elle va saisir la Cour suprême. Leur stratégie consiste à gagner du temps.

Quant à Karim Wade, ses recours devant la justice sénégalaise sont épuisés. Il est définitivement exclu des listes électorales et ne peut donc pas être candidat à la présidentielle. Mais son parti fait fi de toute décision de justice et maintient sa candidature. Il n’envisage personne d’autre pour prendre sa place. Le PDS reste néanmoins mystérieux sur les recours qu’il envisage sur le plan international.

Karim Wade@KW_officiel

Je n’accepte pas qu’un seul de mes droits soit violé et piétiné par @Macky_Sall et son clan de juges aux ordres. Ne pouvant obtenir justice dans mon propre pays, je saisirai toutes les juridictions internationales pour faire respecter mes droits fondamentaux

Karim Wade@KW_officiel

et pour que soient imposées à @Macky_Sall et à son clan mon inscription sur les listes électorales et mon éligibilité afin qu’ils soient balayés du pouvoir au soir du 24 février 2019. pic.twitter.com/pQNLy2hZ3W

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