Réprimés par des agents des forces de l’ordre, les syndicalistes déclarent porter plainte contre l’Etat et le général Baffoe

L’atmosphère était délétère au petit matin de ce lundi 23 juillet 2018 au centre-ville de Kaloum, précisément au niveau du marché Niger où les agents des forces de l’ordre ont ouvert des grenades lacrymogènes sur les syndicalistes qui se rendaient au Palais du peuple, siège du Parlement guinéen.

Un mouvement spontané né de la violence perpétrée sur le secrétaire général adjoint de la Confédération nationale des travailleurs de Guinée (Cntg), Mamadou Mansaré, ainsi que sur le gardien du siège des syndicalistes par des militaires du camp Koundara rebaptisé camp Makambo, dit-on.

Sur les circonstances de cet incident, le syndicaliste Mansaré soutient qu’ils étaient venus à la Bourse du Travail pour se regrouper avant de répondre à l’invitation à eux faite par le médiateur de la République à 15H.

« Il y a un de ses hommes qui est venu m’attraper, un béret rouge du camp Makambo dirigé par un colonel. Ils ont molesté notre gardien, Sankhon. Il a fallu que cette brave population sorte pour nous défendre. On n’était que deux. A l’arrivée des camarades, il y a un groupe de policiers et de gendarmes venus à bord d’au moins 6 pickups et 3 camions. L’autre camion d’eau chaude, vous le voyez là. C’est une première depuis le changement », regrette Mamadou Mansaré.

« En 2007, on l’a vécu. Mais pour la première fois, on est en train de violer le temple des travailleurs depuis le changement. Mais nous allons porter plainte à l’OIT. Donc, c’est face à cette exaspération que nous avons décidé de marcher vers la représentation du peuple qui est l’Assemblée nationale, pour dire qu’on est en train de violer un des articles de la Constitution guinéenne qui est la liberté syndicale, qui est la liberté de manifester. On n’avait d’arme que notre bouche pour dire 8000 FG le litre d’essence à la pompe. Et on nous a dispersés par des gaz lacrymogènes », poursuit-il.

Se voyant brimé dans l’expression de leur droit syndical rétréci à travers la répression des forces de sécurité, le secrétaire général adjoint de la Cntg déclare également porter plainte contre le chef des interventions devant les juridictions nationales et supranationales.

« (…). Et le général Baffoe, on porte plainte contre lui devant la justice guinéenne d’abord, devant la justice de la Cedeao et au niveau international. Nous avons perdu 350 jeunes en 2007 », a menacé le syndicaliste sous le soutien de ses collègues syndicalistes.

Guineenews

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