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Procès de Saad, Sopralpha et Hadya alias “Bandirou” : Libha si dhiawa » elle m’en a expliqué le sens, Je lui ai alors fait remarquer la gravité de ses propos »

Le procès des créateurs de contenu SoprAlpha et Saad, ainsi que de la chanteuse Hadya Monéné Fodé alias « Bandirou », s’est ouvert ce mercredi 20 mai 2026 devant le tribunal correctionnel de Dixinn, à Conakry. Bien que les prévenus comparaissent dans des procédures distinctes, les faits reprochés trouvent leur origine dans une même vidéo largement relayée sur les réseaux sociaux. Ahmed Saadate Diallo et Mamadou Alpha Baldé sont poursuivis pour « atteinte à l’ordre public et à la dignité des individus par le biais d’un système informatique ». En cause : la diffusion d’une interview jugée choquante et attentatoire aux bonnes mœurs, au cours de laquelle Hadiatou Bah alias « Bandirou » aurait tenu des propos assimilables à du proxénétisme, une pratique sévèrement réprimée par la loi guinéenne, a constaté Guineematin.com à travers un de ses reporters.

À la barre, les deux prévenus ont reconnu avoir réalisé et diffusé la vidéo incriminée. Toutefois, ils ont nié toute volonté de porter atteinte à l’ordre public, expliquant que cette émission s’inscrivait dans une logique de promotion artistique et de téléréalité destinée à créer de la visibilité autour de la carrière musicale de l’artiste.

« C’était un lundi lorsqu’elle m’a appelé pour m’informer de la sortie de son projet musical et m’indiquer qu’elle avait besoin d’une interview. Je suis donc allé la retrouver à Kipé. L’émission se déroulait sous la forme d’un programme de téléréalité. L’entretien s’inscrivait strictement dans le cadre de sa musique, et c’est dans cette limite que je suis intervenu. Lorsque je lui ai demandé pourquoi elle avait intitulé son morceau « Libha si dhiawa », elle m’en a expliqué le sens. Je lui ai alors fait remarquer la gravité de ses propos, notamment lorsqu’elle a affirmé que des personnes se livraient au racket de jeunes filles à Bellingam. Je l’ai personnellement interpellée sur le sérieux de ses déclarations. Avant de publier la vidéo, j’ai demandé son approbation. C’est ainsi que j’ai diffusé l’élément sans censure, avec l’accord de mon directeur général (DG). Je reconnais l’avoir invitée une fois, mais elle m’avait répondu qu’elle ne pouvait pas se déplacer chez moi. Par ailleurs, je possède une carte de presse délivrée par ma rédaction, Ouest Africa TV, bien que je ne détienne pas de carte de la HAC (Haute Autorité de la communication). Je ne t’ai pas obligée à diffuser cette émission. De mon point de vue, cela ne portait nullement atteinte à l’ordre public. Comme il s’agit d’une émission de téléréalité, le but était de susciter une réaction chez elle. C’est pourquoi je lui ai demandé si elle était mariée. Elle m’a répondu que non. Je lui ai alors demandé pourquoi sa poitrine s’affaissait, ce à quoi elle a répliqué en me mettant au défi de la soulever pour vérifier par moi-même, affirmant que c’était naturel. Avant de publier la vidéo, j’ai expressément demandé son approbation. C’est ainsi que j’ai diffusé l’élément sans censure, avec l’accord de mon directeur général (DG)… Vous savez, ce genre de contenu est particulièrement visionné par la nouvelle génération. Le but recherché était de la provoquer. Lorsque je lui ai rappelé la gravité de ses dires, elle m’a répondu qu’elle s’assumait pleinement. Pour ma part, je pensais qu’elle disait la vérité. Dans le domaine de la téléréalité, un intervenant peut tout aussi bien dire la vérité que mentir, mais ses propos me semblaient réels. Mon intention n’a jamais été de troubler l’ordre public », a-t-il dit.

De son côté, son codétenu Mamadou Alpha Baldé a reconnu être celui qui a diffusé cette vidéo. Il a affirmé ne pas l’avoir fait pour troubler l’ordre public, l’objectif étant de lancer la musique ou de faire la promotion de l’artiste de manière positive.

« Nous avons diffusé cette interview parce que nous savons qu’il existe déjà des documentaires sur la prostitution, la drogue et d’autres sujets similaires. Nous ne l’avons pas fait dans l’intention de troubler l’ordre public. Je détiens une carte de presse délivrée par Ouest Africa TV, mais pas celle de la HAC (Haute Autorité de la communication). En tant qu’administrateur de la page, c’est moi qui ai procédé à la diffusion de la vidéo. Personnellement, elle ne m’a pas demandé de supprimer la vidéo. Si nous l’avons retirée, c’est parce que les réactions n’allaient pas dans le sens que nous avions prévu. En effet, l’objectif initial était simplement de la lancer (de faire sa promotion). Cependant, les gens ont extrapolé le contenu de la vidéo, et c’est cette mauvaise interprétation qui nous a poussés à la supprimer. Dans la vidéo, elle affirmait elle-même avoir fait cette prostitution », a-t-il déclaré.

Après avoir entendu les deux prévenus, le juge a estimé que ces deux procédures devaient être jointes, car ils ont été interpellés pour une même vidéo. Une décision à laquelle l’avocat des deux journalistes s’est opposé, estimant qu’elle n’était pas nécessaire. Il a ainsi demandé au tribunal de poursuivre les débats afin que le dossier soit plaidé au fond, tout en sollicitant la mise en liberté provisoire de ses clients si une jonction de procédures devait tout de même être prononcée.

Le représentant du ministère public est resté favorable à la jonction des procédures, tout en demandant au juge de rejeter la demande de mise en liberté des prévenus.

Après avoir entendu les différentes parties, le juge Mohamed Sangaré a rejeté la demande de mise en liberté des prévenus et a renvoyé le dossier au 10 juin 2026 pour la suite de la procédure.
Libreopinionguinee.com avec Guineematin.com

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