Marche, Grève, Installations des PA, Kassory Fofana se prononce : « Les militaires sont là à titre dissuasif comme dans une situation où c’est des gens réputés dangereux où on a égorgé même des policiers… »

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Le Premier Ministre guinéen,Ibrahima Kassory Fofana a brisé le silence ce jeudi 13 décembre sur les sujets brûlants de l’actualité sociopolitique du pays. Le chef du Gouvernement, invité de la télévision nationale, a justifié les mesures quelquefois « impopulaires » qu’il a entrepris pour assurer la sécurité des citoyens et leurs biens mais aussi garder l’équilibre macroéconomique.

Qu’il s’agisse de la grève des enseignants, de l’installation des PA sur l’axe Hamdallaye Bambéto, ou encore des marches de l’opposition,  le locataire de la primature n’est pas passé par le dos de la cuillère. Aux syndicats de l’Education, le premier ministre leur tend la main tandis qu’aux opposants, il leur demande de prendre de la hauteur et de comprendre la mesure de la situation.  Explications…

De l’installation des PA sur l’axe…

Dois-je rappeler que j’ai été nommé dans des conditions totalement explosives en termes de crise.  Alors ce n’est pas une surprise je suis là pour essayer de gérer cette crise. C’est vrai que c’est difficile mais il faut y faire face par le dialogue, par l’affirmation de l’autorité de l’Etat, la primauté de la justice de manière qu’on soit dans un Etat de droit. Ce qui compte c’est la tranquillité des  citoyens, la sécurité des citoyens et la paix sociale. C’est dans ce cadre-là que le Gouvernement a installé des PA dans les quartiers jugés assez agités dans la capitale parce que quel que soit les émotions suscitées par ces mesures, les résultats on observe l’adhésion des populations parce qu’avant la mesure le constat c’est l’insécurité généralisée, le constat c’est l’axe du mal disent les gens que j’appelle l’axe du désespoir qui était marqué par une espèce d’extra territorialité, c’est inadmissible dans un pays. Le résultat nous observons que les guinéens sont fiers y compris les habitants de cet axe pour le retour de l’axe dans la  communauté nationale. C’est déjà ça parce qu’en terme de paix, il y a la paix et la sécurité.

En termes de commerce, les activités économiques, les populations vaquent à leurs affaires. En termes de circulation routière, on n’assiste plus aux casses des véhicules, aux agressions. En termes des résultats, la criminalité dans la zone est réduite considérablement. Economie des morts, comme vous pouvez le constater, selon les statistiques dont je dispose, on n’a pas parlé d’acte de banditisme violent, des crimes violents, des morts, des casses des magasins. C’est l’occasion de féliciter les unités unifiées de la gendarmerie, de l’armée, de la police qui ont fait une preuve de civisme dans cette opération. Dois-je rappeler que les militaires ne  sont des unités qu’à titre d’appui. Quel que soit leur grade, les unités de PA sont conduites par la police ou par la gendarmerie dont la responsabilité est de maintenir l’ordre. Les militaires sont là à titre dissuasif comme dans une situation où c’est des gens réputés dangereux où on a égorgé même des policiers, on ne pas se permettre d’exposer la vie du personnel de l’ordre publique s’ils ne sont pas protégés. Mais les militaires ne font pas usage des armes dans la journée, évidemment les soirs on ne parle pas d’ordre publique, on parle de criminalité, de banditisme.

Les marches répétées de l’opposition…

Les marches comme dit l’opposition, c’est un droit constitutionnel mais faut-il rappeler que la libre circulation des personnes c’est tout autre un droit constitutionnel, il faut trouver l’équilibre des deux choses qui semblent contradictoire et il faut trouver le moyen de les concéder en faisant en sorte que la liberté des uns d’user leur droit n’heurte pas celle des autres. Il nous appartient en tant que Gouvernant de gérer cela. Mais nous assistons depuis des années à une situation inacceptable : des morts, des casses, des vandalismes violents liés aux manifestations. Alors la question de dire on ne fait rien à cause de la loi ou par le respect de la loi, on fait la comptabilité macabre des victimes. On a assisté à beaucoup des compassions aux enterrements et le lendemain on enchaine une autre marche, conséquences d’autres morts. J’étais il y a une dizaine de jours avec les femmes de l’opposition, elles m’ont fait remarquer qu’il y a des victimes toutes les fois qu’il y a marche, il y a des morts. Et  on continue à marcher et il n’y a pas des sanctions. J’ai répondu que vous attendez de moi que j’autorise les marches ? Non ! Pour la paix dans la cité, la protection des citoyens, il y a lieu de freiner ces marches. Quand on parle des marches, encore une fois les manifestations civiles ne sont pas interdites mais qu’on dise marche politique ou ville morte vous savez à quoi ça conduit. Le Gouvernement va croiser les bras et ne rien faire ? Et quand il y a des dégâts on dit toujours il appartient au Gouvernement de faire des enquêtes. Ce que je demande à mes concitoyens de l’opposition c’est de prendre la mesure de la situation. Il n’est de l’intérêt de personne de voir ces morts, les pleurer et ne rien faire. Notre part dans le redressement de cette situation est de renforcer la sécurité et de limiter les marches pour préserver la paix dans la cité, les casses c’est de cela le sens de notre action.

Bras de fer avec les syndicats de l’Education…

L’éducation est un sujet difficile. Parce que l’Etat fait face comme toute situation économique à la difficulté d’allouer des ressources limitées face aux besoins multiples. Nous avons besoin de faire des routes, des écoles, des centres de santé, alors si nous mettons tout en salaire on a un problème. Je ne suis pas en train de dire que le salaire en Guinée soit suffisant, mais c’est faux aussi de prétendre que le salaire en Guinée est en deçà de ce qui se passe. Quand on fait de la comparaison régionale, il y a un indexe du système de l’UNESCO et des Nations Unies qui détermine en ce qui concerne l’enseignement. Comparaison n’est pas raison mais il est important de noter que nous sommes dans une situation  qui n’est pas si mal. La dernière augmentation date de 2018 est de l’ordre de 40% sur les salaires de  l’ensemble du personnel de la fonction publique. Que nos interlocuteurs comprennent que dans une telle situation (…), il n’est pas possible de changer en 2018 et 2019 ce niveau de salaire parce que ça couperait de la Guinée de l’aide internationale. On ne peut pas se le permettre maintenant. C’est de cela il s’agit.

Ceux qui croient que le Gouvernement refuse de négocier ce n’est pas vrai. On a commencé les négociations le 17 septembre et nos frères du syndicat ont exigé 9 conditions préalables dont certaines ont des conséquences financières y compris le payement des salaires à des retraités de 2017, y compris l’introduction dans le fichier des contractuels qui n’étaient dans le fichier. Le Gouvernement a fait l’effort dans les 9 conditions sauf sur celles qui se révélaient impossibles même dans leurs yeux. Et puis nous nous avons posé une seule condition qui est de suspendre la grève pendant que nous continuons à discuter parce que tout ne se résume pas à l’augmentation de salaire et aux primes. Il y a dans l’amélioration des conditions de vie et de travail y compris dans le monde des enseignants. Il s’agit des conditions d’habitat, de santé, de mobilité, de retraite, toutes ces choses sont possibles à discuter parce que tout cela concourt à l’amélioration des conditions de vie du travailleur ou de l’enseignant.

Donc nous sommes ouverts, suspendez la grève, venez on va travailler ensemble sur la réforme du système y compris le système de rémunération du système éducatif parce que quand vous regardez là-dans ce qui se passe c’est choquant. Le nombre des personnes qui touchent aux salaires et qui ne sont pas en situation d’enseigner, c’est des milliers et c’est l’Etat qui paye des indemnités aux gens qui se réclament de l’éducation qui ne sont pas de l’éducation et qui touchent l’argent public. Ce que nous disons à nos interlocuteurs c’est de venir travailler avec nous, on va reconduire cette réforme. Je suis choqué d’observer d’un côté on dit diminuons la charge en terme du temps de travail de l’enseignant qui est parti de 36h à aujourd’hui une vingtaine d’heure, au même moment augmentons les salaires indéfiniment. La situation actuelle que les guinéens observent sur le niveau de l’éducation c’est un constat amer qui n’est pas fortuit. Il est lié aux problèmes qui assaillent le secteur de l’éducation auxquels il faut redresser par voie de réforme. Le Gouvernement ne peut pas le faire seul dans un esprit responsable. On doit le faire avec les syndicats du secteur ».

Avec Africaguinee

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