Le ministre Thierno Ousmane Diallo accuse : « Il faut être Koureissi Condé pour affirmer des énormités comme ça. Ce monsieur ne voulait même pas qu’on sache qu’il était ministre à l’époque. Celui qui a organisé l’arrestation d’Alpha Condé…»

Qui a organisé l’arrestation d’Alpha Condé en 1998 ? L’actuel ministre d’Etat en charge du tourisme et l’hôtellerie dit connaître l’auteur. Thierno Ousmane Diallo indexe l’ancien ministre Koureissi Condé. Dans cet entretien accordé à notre rédaction, l’ancien ministre de l’Elevage a répondu aux accusations de monsieur Condé, actuel activiste de la société civile.

AFRICAGUINEE.COM : L’ancien ministre Koureissi Condé vous accuse d’avoir fait venir des familles du foutah auxquelles vous aurez vendu des terrains à Kaporo rails. Que répondez-vous ? 

THIERNO OUSMANE DIALLO : Ce sont des gens qui sont en manque de popularité qui déterrent ce genre de haine, de tribalisme, d’ethno stratégie. Pour l’histoire, Kaporo-rails est un des quartiers de Ratoma qui a été à moitié détruit. Il y avait cinq secteurs. Le secteur qui n’a pas été touché c’est là où j’habite. C’était une simple rue qui passait, il y a aussi Démoudoula qui n’a pas été touché. Ce sont les secteurs 2, 3 qui ont été complètement rasés, le secteur 4 a été à moitié rasé. Pour rétablir la vérité, c’est à l’arrivée de Bana Sidibé (ancien ministre de Lansana Conté, ndlr) que cette zone a été déclarée zone réservée. Avant ça, il y avait un lotissement fait par l’urbanisme qui s’est rendu compte que Conakry est un entonnoir et qu’il fallait faire le plan d’aménagement de Conakry. En ce moment, Bana Sidibé avait décidé de tracer les routes Transversales. Il y a eu le projet d’aménagement du centre directionnel. Le directeur de l’urbanisme a fait des plans qu’il a exposés à la permanence de Conakry 2. Tout le monde a été voir. Mais il se trouve qu’en ce moment la zone était déjà habitée. J’ai déménagé à Kaporo-rails entre 1985-1986. J’ai trouvé que le quartier est habité. Alors quand j’entends ce monsieur (Koureissi Condé, ndlr) dire que j’ai vendu des parcelles ou que j’ai amené des parents de chez moi pour leur vendre des parcelles, mais c’est faux. Les Kaba qui sont avec nous, les Malinké ou les Soussous qui sont là-bas ne sont pas du Foutah. Si je me mettais à lui répondre, ça va me vexer. Ça m’indigne.

Ce monsieur (Koureissi Condé, ndlr) était ministre en ce moment. Quand Bana Sidibé est parti, il y a eu un autre ministre qui est venu qui a vu la nécessité de transférer le centre directionnel de Kaloum à Koloma. Comme la zone était habitée, il fallait bien déguerpir les gens. Je rappelle que je n’étais pas opposé au déguerpissement. C’est la façon de faire qui me heurtait. On a même mis une commission avec le ministre de l’urbanisme d’alors sur la facilitation de feu Zainoul Abidine Sanoussy qui était le ministre chargé des collectivités et de l’administration du territoire, les cadres du Gouvernorat et le quartier. Je précise qu’on parle du quartier Kaporo rails, mais en fait, il n’y a pas que le quartier Kaporo rails, il y a Koloma 1, 2, ce sont trois quartiers qui ont été touchés. Il était prévu que le déguerpissement se fasse des rails Fria aux rails Niger. C’est tout un projet qui était là, qui a été exposé par le ministère de l’urbanisme.

Quand j’entends ce monsieur Koureissi qui se fait appeler docteur, dire que c’est la rivalité entre Alpha Ousmane (ancien ministre de Lansana Conté, ndlr) et moi qui a fait qu’on a cassé Kaporo rails, c’est vrai s’il y avait rivalité, je le concède, mais en fait, il n’y a jamais eu de rivalité parce qu’on ne se connaissait même pas. Mais ce n’est pas notre rivalité à deux qui fait qu’on a cassé Koloma 1 et 2. A ce que je sache, l’Etat ne peut régler le conflit entre deux citoyens, fussent-ils député, maire ou chef de quartier avec un ministre de l’Etat en passant par la casse de trois quartiers. C’est absurde. Il faut être Koureissi Condé pour affirmer des énormités comme ça. Ce monsieur ne voulait même pas qu’on sache qu’il était ministre à l’époque. (…) Il a dit qu’avant, à leur temps, les jeunes ne mourraient pas, on ne tuait personne. J’ai répondu je regrette l’assassinat des jeunes actuellement, mais un mort est égal à un mort. Même ceux qui sont morts pendant la première république, nous le regrettons. J’ai rappelé qu’en son temps lorsqu’il était ministre de la sécurité, il y a eu 25 jeunes qui ont été assassinés. Etant donné qu’en ce moment, il n’y avait de réseaux sociaux, il n’y avait même pas de téléphone portable, chacun prenait son mort et l’enterrait. Et puis il m’accuse en disant que j’ai déclaré qu’on enterrait les morts nuitamment. Ce qui est faux.  Quand il y avait un assassinat, on ne l’amenait pas à la morgue et j’ai rappelé que c’était lui le ministre de la sécurité. Il dit qu’il ne connaissait pas. Ce n’est pas possible.

Tu ne peux pas être ministre de la sécurité, on arrête trois députés dont Bâ Mamadou, Mamadou Barry le maire et moi, on nous enferme cinq mois et toi tu n’es pas informé. On ne peut pas amener les forces de police à la mosquée faire l’appel de la prière de l’aube, embarquer tous ceux qui sont venus prier, il y a eu 58 condamnés qu’on a transférés à la sûreté et puis toi en tant que ministre de la sécurité tu dis que tu ne sais pas. C’est le président feu Lansana Conté qui s’est rendu compte des dégâts et des bavures qui a fait arrêter ça. Lui Koureissi dit qu’il est parti voir le président en confondant même les noms des quartiers (…) bref, tu ne peux pas en tant que ministre de la sécurité dire que tu ne connais rien alors qu’il y a eu des morts, des arrestations.

Tous les imams de Kaporo rails et des mosquées environnantes ont été envoyés à la sûreté. Ce qui me choque, c’est quand il dit que j’ai amené des gens du Foutah. Comment puis-je amener des gens du foutah ? Parce qu’il en a contre les gens de  la moyenne Guinée, heureusement pour lui qu’il est marié à une femme peulhe. On ne peut vouloir d’une chose et de son contraire. Mais le problème de la Guinée, c’est parce qu’on a des cadres de ce genre. On a pris de lourdes responsabilités qu’on a confiées à de petites personnes comme Koureissi Condé. C’est ça le problème de la Guinée. Sans quoi on ne peut pas dire qu’on ne va pas parler du passé. On le fera. C’est l’histoire de la Guinée. On ne peut pas l’effacer.

Et puis, on lui demande pourquoi il rencontre Cellou, il dit que c’est son ami. Ils étaient tous du même gouvernement, mais personne d’entre eux n’a levé le petit doigt sauf Kassory et le vieux Cellou pour dire d’arrêter le massacre. Actuellement on récolte les conséquences des mauvaises décisions de ces cadres parce qu’ils ont prouvé leur incompétence. On a mal géré les problèmes. Et puis il oublie, quand on lui a demandé pourquoi il rencontre Cellou, il ne rencontre pas le président Alpha, il dit qu’il est à la disposition du président. Evidemment parce qu’il cherche une place. Mais ce qu’il ne connait pas, il faut aller droit au but, Pr Alpha Condé n’est pas rancunier. Il y a eu beaucoup de choses qui se sont passés, c’est lui Koureissy Condé ministre de la sécurité d’alors qui a organisé par des stratagèmes l’arrestation d’Alpha Condé en 1998. Il sait, tout le monde le sait, mais il ne veut pas qu’on dise ça. S’il veut une place, le Président Alpha n’est pas rancunier. Il y a des personnes qui lui ont voulu du mal quand il était dans l’opposition, mais actuellement qui sont au Gouvernement.

Insinuez-vous que Monsieur Koureissy Condé qui est à la tête d’une organisation de la société civile est mal placé pour donner des leçons en Guinée ? 

C’est évident ! Il est mal placé. Il est très très mal placé. Il a intérêt à la fermer. Ça ne va pas là. J’ai beaucoup de choses à dire sur lui puisque je le connais. Il a intérêt à se taire. S’il veut être ministre, il n’a qu’à faire ses démarches, mais il faut qu’il arrête, il ne faut pas cracher sur l’histoire. On ne peut pas être ministre d’un Gouvernement, de surcroît ministre de la sécurité, qu’on fasse des arrestations d’une telle envergure, des casses d’une telle envergure et ne pas être au courant. Ce qu’il veut cacher ce sont les fautes qu’il a commises. S’il n’a fait que onze mois au gouvernement, il y a les raisons. Maintenant s’il veut compter sur moi pour dire ça publiquement, il n’a qu’à avancer.

Pourquoi vous ne le dites pas maintenant ? 

Ce n’est pas la peine. Ce serait trop me rabaisser. Vous savez on dit en langue poular, « si tu vois un fou nu courir dans la rue, tu te déshabilles pour le poursuivre, le passants vont dire voilà deux fous qui courent là ». Je ne voulais même pas parler de ça, c’est par respect à vous, sans quoi je ne réponds même pas à des saloperies comme ça (excusez-moi du terme). Parce que l’histoire est têtue. Il peut aller à Kaporo rail demander à tous les citoyens pour ce qu’il en reste ou à la commune, j’ai des adversaires politiques, mais personne ne peut démontrer que j’ai vendu une parcelle. C’est l’une des raisons d’ailleurs qui fait qu’on m’a mis chef de quartier (…). Je n’ai pas vendu de parcelles, je le défie de prouver cela. Je n’ai jamais vendu de terrain. (…) Et puis il dit qu’à l’époque il n’était pas d’accord avec l’opposition. Evidemment, il ne pouvait pas être d’accord avec l’opposition parce que lui-même avait crée son parti l’ARENA qui est  un parti mort-né. Il voulait se faire du sucre sur le dos du Pr Alpha Condé du RPG à Kouroussa. Il ne pouvait pas. Maintenant s’il veut se réveiller avec les réseaux sociaux où il suffit d’écrire des mots ronflants comme African Crisis Grup pour être vu (…) mais je ne vais trop pas parler de lui. Je le connais depuis la première république.

Vous savez, le problème de la Guinée ce sont ces cadres cube-Maggi. Le cube Maggi s’adapte toutes les sauces. La première république, c’est vive la révolution, la deuxième, c’est Lansana Conté Koudei, c’est les mêmes qui se recyclent. Je sais qu’il a traversé du désert, c’est difficile, il veut se reconvertir, mais il ne faut pas qu’il oublie son passé. Il dit que je traine des casseroles, mais moi je n’ai aucune casserole derrière moi. C’est lui par contre qui a des problèmes. Il a dit qu’il a fui huit ans, moi je n’ai jamais fui mon pays. C’est parce qu’il sait ce qu’il a fait à Alpha qui heureusement n’est pas rancunier. Il n’a jamais fait cas de ça, il pardonne. S’il veut être ministre, c’est son droit, il peut même venir au Tourisme, il n’y a pas de problème, mais il faut qu’il arrête son petit cinéma en niant même qu’il était ministre. Tu peux être ministre, on arrête trois députés, on condamne 58 personnes, on déplace plus 100.000 familles et tu dis que toi tu ne connais pas en tant que ministre de la sécurité ? Même le ministre de la pêche le savait à plus forte lui le ministre de la sécurité qui a ordonné notre arrestation, qui a fait des magouilles, des combines rocambolesques pour arrêter Alpha. Quand même ! Je dis que le problème de la Guinée ce sont ces cadres cube maggi qui s’adaptent à toutes les sauces.

Comment s’en défaire à votre avis? 

C’est en informant tout le monde. On compte sur vous les jeunes pour ne pas écouter ces balivernes. A l’époque, j’étais chef de quartier, maire adjoint, député uninominal, ça attire des jalousies, mais il ne faut pas pousser le bouchon, c’est parce que j’étais populaire. Si je vendais des parcelles des gens, ça n’aurait pas été comme ça. Il n’a qu’à voir mon parcours. On compte sur les jeunes, qu’on ne vous intoxique pas. Il faut qu’un jour on parle. Ceux qui veulent goûter à toutes les sauces, bouffer dans tous les râteliers, ça ne passera pas. La Guinée va avancer et c’est certains, c’est sans des gens comme ça. Ça sera en dehors d’eux. Ils sont nombreux. Il me demande pourquoi je ne parle pas des autres. Les autres ont au moins la politesse, l’élégance et l’intelligence de se taire. Ils sont gênés. Lui cache sa gêne en faisant des déclarations mensongères. C’est vrai que j’ai été en prison, Bâ Mamadou aussi, mais lui n’habitait pas Kaporo rail. Si on suit le raisonnement de monsieur Koureissy, si on a cassé Kaporo rail, Koloma 1 et 2, ce n’est pas parce qu’il y avait un aménagement à faire, c’est parce que je n’étais pas d’accord avec le ministre de l’urbanisme Alpha Ousmane. C’est fou comme histoire. Qui va avaler ça ? Un chef de quartier et un ministre de l’urbanisme s’opposent, et c’est trois quartiers qu’on casse. C’est quoi ça ?

A suivre…

Interview réalisée part Diallo Boubacar 1 

Et Oumar Bady Diallo

Source :  Africaguinee.com

Tél. : (00224) 655 311 112

 

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