Kaporo Rails : voici les statistiques provisoires des familles et infrastructures affectées

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Le collectif des victimes du déguerpissement de Kaporo Rails, dans la commune de Ratoma, a dévoilé les statistiques des familles et infrastructures affectées par cette tragédie. C’était à l’occasion d’une conférence de presse organisée sur les lieux ce mercredi, 06 mars 2019, a constaté sur place Guineematin.com à travers un de ses reporters.

Alors que l’impitoyable opération de déguerpissement se poursuit sur le terrain, le collectif des victimes de Kaporo Rails s’active pour dresser un état des lieux des pertes subies. Au cours de la conférence de ce mercredi, le chargé de communication du collectif, le chargé de communication des victimes de Kaporo Rails, Mamadou Samba Sow, a livré les statistiques provisoires établies par une commission constituée par les jeunes du quartier.

« Il y a à ce jour, et de façon provisoire, 570 familles qui sont concernées par ce déguerpissement. Des gens qui ont quitté, même si les bâtiments ne sont pas touchés, mais les intéressés ont décoiffé les toits parce qu’ils ont perdu tout espoir.

Alors, dans ces familles-là, le nombre de personnes recensées est de 9 434. Ce sont ces personnes là qui sont, de façon provisoire, concernées puisque le recensement continue. Il y a des familles aujourd’hui qui sont sans abris, certaines sont éparpillées mais d’autres dorment sous les rares manguiers qui restent, parce que la machine de la haine n’a même pas épargné ces arbres fruitiers.

Il y a 83 familles qui sont dans une situation très critique puisqu’elles sont sans abris et qui sont partout aujourd’hui, notamment à Coyah, à Sanoyah, à Samatran, à Kindia, à la Cimenterie, à Ansoumania, à Kagbélen, à Kouria, à Pita et dans les quartiers voisins de Kaporo rails. Parmi ces 570 familles, 88 ont un besoin réel en nourriture et d’une assistance humanitaire.

Dans cette situation, qui est encore provisoire, il y a 808 élèves qui sont aujourd’hui dispersés et qui n’étudient pas. Parmi eux, 36 sont candidats au baccalauréat, 38 candidats au brevet d’études du premier cycle, 32 sont candidats à l’examen d’entrée en 7ème année.

Dans cette zone, il y a 13 écoles privées qui sont concernées par cette opération et chacune a au minimum 300 élèves. 12 mosquées et une église sont aussi concernées par le déguerpissement… Il y a des personnes qui ont un problème de santé. Elles sont de façon provisoire au nombre de 38. Il y a des personnes qui ont été blessées lorsqu’elles enlevaient les tôles, d’autres bastonnées par les gendarmes et d’autres qui étaient malades bien avant le déguerpissement dont la situation s’est aggravée maintenant », a énuméré Mamadou Samba Sow.

Le collectif en a profité pour démentir toute affirmation tendant à faire croire que les victimes du déguerpissement de 1998 ont été dédommagées. « Le ministre (Dr Ibrahima Kourouma) prétend que les victimes de la casse de 1998 ont été dédommagées. C’est ce qui est totalement contraire à la réalité. Il y a eu une association à l’époque, mais personne, à notre connaissance, n’a reçu un franc par rapport à cette casse.

Et puisque nous sommes dans un Etat qui se dit normal, si le gouvernement a des preuves, puisqu’on ne peut pas dédommager des centaines de personnes sans laisser des traces, alors qu’on fasse parler les archives de la République, les ministères de l’habitat, mais aussi de l’Economie et du Budget pour nous montrer qui a reçu quoi et qui a été recasé où », a lancé monsieur Sow.

Mamadou Samba Sow a également démenti les informations faisant état de nouvelles occupations après la démolition de 1998. « Ce n’est pas vrai, parce même quand vous vouliez mettre une brique quelque part, ce sont les responsables du quartier ou de la gendarmerie qui venaient pour vous dire que ce n’est pas normal, d’enlever. Les nouvelles occupations dont on pourrait parler, c’est les garages, les kiosques et autres baraques.

Mais, ça aussi, c’était en complicité avec des responsables, y compris la gendarmerie locale qui faisait payer aux propriétaires des montants. Le ministre a dit que c’était juste une récupération des espaces vides en 1998, et malheureusement aujourd’hui, c’est des centaines de familles qui sont privées de toit, qui vivent dehors et qui ont perdu confiance en leur Etat, tout en se retrouvant dans une situation inconfortable où leur dignité n’est pas du tout respectée ».

Source : Guineematin

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