Joseph Kabila pas candidat en RDC: il y avait des signes avant-coureurs

Le président congolais, Joseph Kabila, lors du conférence de presse, le 26 janvier 2018, à Kinshasa. © REUTERS/Kenny Katombe
Le président congolais, Joseph Kabila, lors du conférence de presse, le 26 janvier 2018, à Kinshasa. © REUTERS/Kenny Katombe

En RDC, c’est donc Emmanuel Ramazani Shadari qui représentera la majorité lors de la présidentielle de décembre prochain. Le chef de l’Etat Joseph Kabila en a décidé ainsi. Ce choix, celui de Joseph Kabila de passer la main, pas grand monde y croyait mais il y avait des signes avant-coureurs.

La dernière fois que Joseph Kabila s’est exprimé clairement sur son avenir politique, c’est en 2007, dans les colonnes du magazine Jeune Afrique. Le tout jeune président élu l’avait assuré : «Joseph Kabila n’est pas comme les autres. J’ai donné ma parole d’honneur en promulguant cette Constitution, je n’y toucherai donc pas. Le pouvoir use. Il faut savoir s’arrêter».

Des confidences distillées

Depuis, le chef de l’Etat congolais a toujours dit qu’il respectait la Constitution qui prévoit la limite du nombre de mandats présidentiels mais il entretenait le flou sur sa propre candidature, surtout avec ses proches collaborateurs. Notamment avec lesleaders du parti au pouvoir, le PPRD, qui ont pour certains ces derniers mois appelé à voter pour Joseph Kabila ou même promis que Joseph Kabila resterait président après les élections le 23 décembre prochain.

Pourtant, depuis le début de l’année, Joseph Kabila l’aurait dit à différentes occasions, mais plutôt en dehors de son cercle: au G7 minier, les sociétés qui s’opposaient au code minier, selon certaines confidences, le chef de l’Etat congolais leur aurait assuré qu’il serait un homme d’affaires l’an prochain ; au cardinal Monseigneur Monsengwo qu’il ne serait pas candidat ; le président Kabila l’aurait fait comprendre également à son homologue angolais João Lourenço la semaine dernière ; ou encore tout récemment devant des proches, Joseph Kabila aurait reconnu qu’il s’agissait d’un moment difficile pour lui. Mais il n’était pas allé jusqu’à donner sa décision finale. Il avait quand même fait voter une loi portant sur le statut des anciens chefs d’Etat au cours d’une session parlementaire extraordinaire, qui lui accordera l’amnistie.

Pour Adolphe Muzito, ancien Premier ministre, cette décision n’est pas une surprise.

Je n’ai pas été surpris du choix qu’il a fait parce qu’il n’avait pas beaucoup de marge de manœuvre : il n’a pas laissé ses compagnons de route s’exprimer, se mettre en valeur, développer leurs idées, apporter la contradiction… de sorte que l’on n’a pas pu identifier des personnalités du fait de leurs idées…
Adolphe Muzito: «je ne suis pas surpris» de la décision de Joseph Kabila

Un homme secret et méfiant

Joseph Kabila n’a eu qu’une poignée d’hommes de confiance. Il a toujours été secret, méfiant, les commentateurs les plus gentils diront timide, reclus. Chez lui, ce n’est pas le pouvoir qui isole, c’est sa nature, dit un journaliste congolais. « Sa force c’est de savoir se taire ».

D’aucuns assurent que chaque 16 janvier, depuis dix-sept ans, il revit douloureusement l’assassinat de son père. D’autres n’y croient pas une seule seconde. Tous en tout cas voient en lui un animal politique, froid. Il n’a que 29 ans quand il prend la tête d’un pays de 80 millions d’habitants. Un peu par hasard mais il faut gérer l’héritage…

Homme politique et homme d’affaires, Joseph Kabila pilote la RDC pour un clan, le sien. « Sa seule réussite ironise un opposant c’est d’avoir su faire fructifier son empire ». Le dimanche, c’est repos et réceptions dans son ranch à une centaine de kilomètres de Kinshasa. A la question d’un journaliste : y a t-il une vie après le pouvoir ? Joseph Kabila aurait répondu : « Ne vous inquiétez pas, je ne me suiciderai pas. »

RFI

0 Partages

Comments

comments

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here