Je suis Mandiana (par Cellou Dalein Diallo)

Cellou Dalein Diallo leader de l’ufdg
Cellou Dalein Diallo leader de l’ufdg

 

Mort. Meurtres. Assassinats. Le Président de la République en a fait une banalité. Depuis huit ans, huit longues et pénibles années, on ôte la vie. On tue. On assassine. Dans l’impunité la plus totale. Des citoyens, pauvres et désarmés citoyens, tombent sous les balles. Au détour d’une ruelle de quartier. Au milieu d’une manifestation pacifique. Dans les bras d’un sommeil réparateur.

Se faire battre. Se faire abattre, sans aucune autre forme de procès. Mandiana aussi en a fait les frais. Ainsi donc voici la récompense de Mandiana !

Mandiana, la fidèle. Aujourd’hui, Madiana, la martyre. Mandiana, la loyale. Aujourd’hui, Mandiana la meurtrie. Mandiana, la dévouée. Aujourd’hui, Mandiana la mutilée. Elle pleure un fils, assassiné d’une balle en pleine poitrine. Le flot de sang qui arrose la terre crie la douleur d’une ville abandonnée.  La force a eu raison de la légitime revendication.  Un pouvoir qui attend de l’usage de la force, obéissance et soumission.

C’est ainsi qu’Alpha Condé récompense ceux qui ont été à ses côtés. Ils ont cru à la prospérité, ils ont récolté la précarité. Ils ont cru à la liberté, ils ont eu droit à la brutalité. Ils ont attendu le bonheur, ils ont reçu la douleur. Parce qu’il s’agit bien de souffrance et de malheur, de deuil et de pleurs.

Ainsi donc voici le tribut de Mandiana. Voici la dîme de l’outrecuidance de Mandiana d’avoir réclamé ce qui lui revient de droit. Les réclamations légitimes du peuple de Guinée se paie au prix du sang. Le peuple souffre, mais un seul droit lui est reconnu : celui de se taire. Doit-il continuer à se résigner ? Je ne le crois pas. Parce qu’il arrive un moment dans la vie d’un peuple où la volonté de vivre doit tenir tête à la résignation de survivre. Il n’y a pas de fatalité. Il n’y a que la volonté d’avancer ou de se languir d’un changement qui doit tomber du ciel.

Mandiana doit sonner le glas de l’impunité dans ce pays. Les assassinats des Guinéens ont assez duré. L’indifférence et le silence des autorités ont assez perduré. Quand on a reculé jusqu’au mur, on n’a plus qu’un seul choix, celui d’avancer. Avancer pour dire notre détermination à refuser de renoncer. Avancer pour dire notre refus catégorique d’abdiquer. Avancer pour arracher notre droit à la vie.

La sacralité de l’âme ne doit absolument pas faire l’objet d’une quelconque négociation, face à un pouvoir autoritaire. Ce pays est un bien commun et chaque citoyen doit être protégé, en particulier par celui qui en a fait le serment, devant Dieu et devant les hommes. Si celui-ci ne remplit pas cette mission, qui lui est dévolue, le peuple a le droit, que dis-je le devoir de le lui faire savoir.

Aujourd’hui, je voudrais, une fois de plus, dire toute mon indignation, toute mon émotion, ma tristesse face à ces corps qui tombent.  Et ces injustices qui s’empilentme confortent dans mon ambition politique : celui d’assurer aux Guinéens sécurité et liberté, unité et fraternité, solidarité et prospérité.

Une promesse doit être tenue.Comme nous l’enseigne si bien l’adage populaire : « la promesse est une dette ». Elle ne peut être le prétexte de violences et de meurtres. Mandiana ne mérite pas de telles meurtrissures. Pas plus qu’une autre partie de notre Guinée. Le devoir premier d’un Président de la République est d’assurer la sécurité de son peuple. À ce devoir, Alpha Condé a failli. À ce devoir, il y a bien longtemps qu’il a failli. Il laisse tirer sur nos compatriotes comme du petit gibier. Sans coup férir. Sans s’émouvoir.  Cela ne peut plus durer. Cela ne doit plus durer. Cela doit s’arrêter. Alpha Condé doit arrêter. À défaut, le peuple va l’arrêter.

Cellou Dalein Diallo

(Citoyen guinéen)

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