Interdiction de la manifestation de l’opposition ce mardi. Cellou Dalein défie les autorités : « nous manifesterons ce mardi sur l’autoroute… » (entretien)

Cellou Dalein Diallo à Bambeto
Cellou Dalein Diallo à Bambeto

Guinée-La confrontation semble inévitable ! L’opposition a décidé de braver la décision des autorités d’interdire sa manifestation prévue sur l’autoroute Fidèle Castro ce mardi. Dans un entretien exclusif accordé à notre rédaction, Cellou Dalein Diallo, le chef de file de l’opposition a annoncé le maintien de la marche. Voici son explication…

AFRICAGUINEE.COM : Les autorités communales de Matoto ont interdit votre marche prévue ce mardi 23 octobre 2018 sur l’autoroute Fidèle Castro. Dites-nous est-ce que vous la maintenez ou pas ? 

CELLOU DALEIN DIALLO : On la maintient parce que c’est la constitution qui l’autorise. On a l’obligation de faire une déclaration d’information. Elle est faite. Donc, on exerce notre droit.

Ne craignez-vous une nouvelle confrontation ?

Je pense que les forces de l’ordre vont se ressaisir et laisser les citoyens manifester pacifiquement. C’est notre intention.

Les responsables de la mairie invoquent l’argument selon lequel, ils ne sont pas en mesure de sécuriser à la fois la marche et les soubresauts liés au secteur de l’éducation. N’est-ce pas un motif suffisant ? 

Ce n’est pas motif valable. On peut marcher pacifiquement. On a tenu des marches grandioses ici sans aucun incident. Mais lorsqu’ils ont peur de voir les populations dans la rue avec des mobilisations importantes qui montrent que le pouvoir est désavoué, ils interdisent. Ce n’est pas parce qu’il y a un motif valable.

Vous maintenez donc votre appel à l’endroit de vos militants à répondre à cette marche ? 

Absolument puisqu’il s’agit d’exercer un droit constitutionnel. Je pense qu’ils répondront massivement à notre mot d’ordre pour marquer leur désaccord avec cette gouvernance dans l’installation des conseils communaux. Ils n’installent les exécutifs que lorsqu’ils sont assurés du soutien d’une majorité suffisante pour contrôler l’exécutif. Personne n’a un calendrier et on exclue les élus ; on les fait remplacer par des gens qui ne sont pas élus. Ils se sont retrouvés aujourd’hui à Missira dans Télimélé, tout le monde était dans la salle, ils décident de reporter parce qu’ils se rendent comptent qu’ils n’avaient le quorum nécessaire pour le contrôle de la mairie. A Daramagnaki c’est la même chose. Tout le monde était là. Les gens étaient là, une élue  du coin  se lève pour dire que le RPG n’est pas prêt, il faut reporter. Ça se passe un peu partout. On a sorti des élus pour mettre d’autres militants du parti présidentiel ou de la mouvance pour voter.

Il faut qu’on proteste contre ça et contre la violation de l’accord politique qui avait permis d’aller à la trêve. Tous ces agissements du pouvoir ne peuvent pas être acceptés comme ça. Il faut qu’on montre à l’opinion nationale et internationale que nous ne sommes pas contents de ces violations récurrentes de la Loi et des accords politiques.

A Conakry on n’a aucun calendrier certes, mais il se dit que vos élus seraient en train d’être démarchés par le RPG avec de fortes sommes d’argent. N’avez-vous pas des craintes de les perdre ? 

C’est la même démarche partout. Le RPG sort beaucoup d’argent pour essayer de corrompre les élus des partis politiques de l’opposition et ceux des listes indépendantes pour s’assurer du quorum nécessaire pour gagner dans les communes. Mais nous nous battons, nous sensibilisons nos gens pour qu’ils résistent à cette corruption. Mais le problème, c’est que, eux qui sont chargés de mettre en place ces exécutifs là devraient décliner un calendrier. Il est même prévu dans la Loi que le ministre de l’administration du territoire prenne un arrêté pour fixer les dates à l’avance pour que chaque commune sache quelle date son exécutif serait mis en place. Malheureusement, il n’y a pas tout ça. On réunit les gens, on reporte lorsqu’on n’est pas sûr de l’emporter. Tant que le RPG ne dit pas aux superviseurs du MATD de faire le boulot, ils ne le font pas. Même lorsqu’ils sont dans la salle, il est arrivé où on a commencé le travail, mais après très rapidement, ils doutent de l’issue, ils ont suspendu et continuer de reporter. A Coyah c’est la même chose, à Conakry on avait convoqué les élus, mais finalement on a reporté. On ne sait pas quand est-ce qu’auront lieu ces scrutins.

Entretien réalisé par Diallo Boubacar 1

Pour Africaguinee.com

Tel : (00224) 655 311 112

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