Ce sont des sujets qu’il a très peu abordés en public. Alpha Condé a livré quelques secrets de son enfance. L’histoire de ses parents et beaucoup d’autres confidences ont été révélées dans un livre.

« Mon père était fonctionnaire dans la ville de Boké où il avait été affecté. Cela explique qu’il s’y soit établi avec sa famille. Mon père a également exercé en Guinée forestière, comme dans plusieurs autres régions de la Guinée. Je suis né à Boké, mais ce n’est pas le cas de mes frères. Mon père était très proche de la communauté soussou et avait pris une seconde épouse dans la région. J’ai eu comme homonyme Alpha Ndiaye, le chef de canton de Sansalé. Mon deuxième frère, Malick qui est né à Conakry portait le même nom que le chef de canton de Boké, Elhadj malick.

Souvenir de son père et de sa mère…

Ma mère était une femme très généreuse qui s’est beaucoup consacrée aux autres. De nombreuses personnes logeaient chez nous gratuitement. Elle était vraiment accueillante. Mon père était plutôt autoritaire à la manière du mandingue féodal, mais il m’a dispensé une éducation qui m’a permis d’être ce que je suis. Sa sévérité et sa rigueur m’ont aidé. Evidemment, au départ ça ne me plaisait pas. Mais ce fut au bout du compte une très bonne chose.

En réalité je suis un enfant de Conakry. J’ai grandi en ville dans un milieu totalement soussou. Je suis donc culturellement plus proche des soussous que des Malinkés. Ma culture est avant tout une culture urbaine et cosmopolite.

Je n’ai réellement pas vécu en haute Guinée, donc, je n’ai pas vécu le phénomène de castes. Evidemment je sais que chez les Malinkés, comme chez les peulhs, il y a les castes, les griots, les forgerons, les tisserands etc. Mais comme je suis très tôt parti en France, ce sont des questions qui ne m’ont pas imprégné. J’ai plutôt une culture de consensus et d’unité. Je vois le peuple de Guinée comme un ensemble.

Je me souviens lorsqu’on devait passer le certificat d’études, j’ai indiqué « externe », sur ma demande de bourse. Le directeur qui s’appelait Rabel a dit : « Non, seuls les expatriés peuvent être externes. « Et pourquoi donc ? », ai-je protesté. Il s’est alors dirigé vers mois, a rayé la mention et m’a giflé. Quand j’ai été admis, j’ai refusé d’être interne au collège. Etant un enfant des villes, avec une famille, je ne voyais pas pourquoi je devais être interne. C’est ainsi que je me suis finalement retrouvé au séminaire à l’école des Pères. Les colonisateurs avaient la volonté de montrer que les expatriés et nous étions totalement différents. Les expatriés avaient le droit d’être externes, pas nous ».

Africaguinee

 

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