Guinée : Pourquoi y a-t-il eu beaucoup d’échec pour les bacheliers ?

Devenu depuis peu la session unique, le baccalauréat en Guinée regroupe chaque année plus de 100.000 candidats pour les épreuves de passage au cycle d’études supérieures. Accablé depuis des années par la fraude et la triche, le ministère de l’éducation a instauré avec ce bac session unique une tolérance zéro. Les candidats ainsi que les surveillants sont sujets à une fouille jusqu’au fond de leurs chaussettes et pantalons ! Une humiliation de quelques secondes qui est vue comme étant un mal pour un bien par certains mais que d’autres n’apprécient que très peu, ce qui engendre certains accrochages de temps à autres dans certains centres d’examens dans le pays. Malgré un nombre de candidats assez conséquent, le nombre d’abandons et d’absences approche les 30%. Ces candidats qui se désistent au dernier moment sont souvent ceux qui optent pour l’armée au lieu d’un possible passeport pour les universités où encore plus d’examens les attendent. Ces redoublants préfèrent alors pouvoir toucher un salaire et ainsi, décrocher leur indépendance financière plutôt que de décrocher le baccalauréat.

Résultats du Bac 2018 en Guinée

Alors que beaucoup s’accordent à dire que la qualité de l’éducation guinéenne est déplorable, les résultats du bac, eux, viennent confirmer ce fait avec un taux général de réussite qui ne dépasse que très difficilement les 30%. Avec en tête les candidats de l’enseignement général en option « Sciences Expérimentales », suivie de l’option « Sciences Sociales » et enfin, comme depuis des années, l’option « Sciences Mathématiques », jugée la plus difficile.

Certains observateurs estiment que la faible réussite de cette année peut être vue dans plusieurs angles. Certains estiment que l’Etat aurait choisi ses candidats au détriment des plus méritants puisque le deal qui existait entre le gouvernement et les universités privées a été rompu. L’état a décidé de ne plus envoyer des boursiers dans les universités privées et pourtant l’état n’a pas non plus les moyens de recevoir tous ces étudiants fraîchement admis pour les études supérieures.

Ceci pourrait expliquer le faible taux d’admission pour cette année. L’Etat aurait choisi de façon sélective les admis. Le cas de Mamou pourrait conforter cette thèse. Cette année, dans toute la préfecture en sciences sociales, il y aurait eu que 7 admis et ces 7 là seraient tous de doublants de l’année dernière. Pourquoi alors repêcher les doublants de l’année dernière et laisser ceux qui ont réellement le niveau ? Le débat est ouvert puisque le gouvernement guinéen n’a pas mis assez des moyens dans le secteur de l’éducation. Pas plus tard que cette semaine, les étudiants boursiers du Maroc étaient en grève à cause de leur condition précaire de vie. Ils perçoivent 50 dollars us par mois et depuis quelques mois ces pécules ne sont pas payés. Ils seraient même tabassés par les policiers marocains dans l’enceinte de l’ambassade sous l’ordre de l’ambassadeur Roda Fawaz.

En réalité, le système éducatif guinéen est gravement malade. Il faudrait investir dans ce système qui reste le plus important pour le pays car ce sont ces étudiants qui prendront la relève demain.

Macka Balde

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  1. On peut voir aussi l’échec dans le temps mis pour corriger les copies des bacheliers. Est ce qu’on peut corriger loyalement toutes ces copies en une semaine ?

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