Guinée :  ces révélations de Mamadou Mansaré qui vont faire mal au gouvernement

La centrale syndicale CNTG/USTG, élargie aux autres centrales et aux Forces Sociales de Guinée a organisé, ce samedi, 28 juillet 2018, une assemblée générale à la bourse du travail. Objectif, faire le compte-rendu aux mandants, des différents évènements qui se sont succédés depuis le déclenchement de la grève générale et illimitée par l’inter-centrale CNTG/USTG.

Ce sont des syndicats et des acteurs de la société civile très remontés contre le gouvernement qui se sont exprimés ce samedi à la Bourse du travail de Conakry. Pour eux, le gouvernement a la possibilité de ramener le prix à 8000 francs guinéens mais il refuse parce qu’il est préoccupé non pas pour les citoyens ; mais, pour son intérêt personnel. Louis M’Bemba Soumah, secrétaire général de l’USTG, a été le premier à s’exprimer au cours de cette rencontre. Selon lui, face à l’urgence actuelle, toutes les forces vives du pays doivent s’unir en vue de contraindre l’Etat à ramener le litre du carburant à son prix initiale qui est de 8000 GNF.

« Je vous rappelle que nous sommes une famille et une famille pour qu’elle soit forte, il faut qu’elle soit unie et solidaire. A l’heure actuelle, ce gouvernement-là, c’est notre adversaire parce qu’il ne veut pas du bien pour le peuple de Guinée. Et ce problème unique qui concerne le prix du carburant, c’est un problème qui concerne toute la Guinée, ce n’est pas seulement le problème des travailleurs, c’est un problème national. Si vous avez remarqué, toutes les préfectures se sont levées comme un seul homme, donc on a intérêt nous aussi à nous rassembler, à être solidaire et à être unie », a-t-il lancé.

De son coté, Mamadou Mansaré, secrétaire général adjoint de la CNTG, est allé plus en détail en démontrant que le gouvernement guinéen achète un litre de carburant à moins de 4000 GNF, et qu’avec toutes les dépenses y afférentes, le litre doit être vendu à 8000 GNF à la pompe : « Lors de la dernière rencontre avec les élus, après le passage du Médiateur de la République, on nous avait autorisé d’aller pour négocier et sur la base qu’aucune question ne sera tabou y compris celle relative au budget de l’Etat. Pourquoi nous tenons trop à ce budget de l’Etat ? Imaginez que rien qu’en double emploi que ça soit le personnel, les services et biens, quel que soit le titre, on a plus de 200 milliards qui sont dedans.

Quand tu prends le carburant, la Primature qui s’impose à 857 litres par jour ; le ministère du Budget a plus de 1500 litres par jour. Et dans nos recherches, nous avons trouvé que le carburant qui nous est vendu en Guinée, nous vient de Barcelone, il nous est vendu à environ 3795 francs le litre.  Nous avons vu que toutes taxes confondues (droit d’entrée, droit de stockage…), les taxes de l’Etat vont jusqu’à 3750 GNF, si vous faites l’addition ça vous donne un peu plus de 7500 GNF, maintenant vous ajoutez à ça le prix des fournisseurs aux détaillants, ça nous amène à 8000 GNF», a indiqué le syndicaliste.

Des révélations qui viennent démentir la version officielle selon laquelle le gouvernement guinéen achète le prix du litre de carburant à 10 000 GNF et le revend au même prix tout juste pour éviter la subvention qui fait perdre beaucoup d’argent au pays. Et c’est une raison, selon Mamadou Mansaré, de continuer le combat pour contraindre les autorités à ramener le prix du litre de carburant à 8000 GNF.

Pour cela, il annonce le maintien du mot de grève générale et illimitée sans service minimum sur toute l’étendue du territoire nationale. Grève qui sera intensifiée à partir du 02 août prochain avec la fermeture de l’espace aérien guinéen en raison de la grève annoncée des travailleurs de l’aéroport de Conakry, la fermeture du port et de toutes les stations-service, a déclaré Mamadou Mansaré.

Libreopinionguinee avec Guineematin

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