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International.

FRANCE : À quoi joue l’ancien premier ministre Édouard Philippe?

FRANCE : À quoi joue l’ancien premier ministre  Édouard Philippe?

C’est son grand retour depuis son départ de Matignon. Édouard Philippe revient dans la lumière. L’ancien Premier ministre sort un livre la semaine prochaine. Après 9 mois de recul, le maire du Havre reparle aux Français.

En juillet dernier, Édouard Philippe laissait derrière lui Paris et la première crise du Covid pour retrouver sa ville du Havre, avec une côte de popularité éclatante. Depuis, rien ou presque. Quelques cartes postales pour évoquer son goût pour les séries ou pour le football. Mais pas un mot sur la politique nationale.

Fin de la diète médiatique 

La Une du Point jeudi dernier. Le 20h de France 2 ce dimanche. France Inter la semaine prochaine. La sortie de son livre intitulé : Impressions et lignes claires, co-écrit avec son conseiller de toujours Gilles Boyer, lui donne l’occasion de s’adresser aux Français, avec une liberté retrouvée. Édouard Philippe revient sur ses trois années passées à Matignon et en profite pour glisser ses analyses, plutôt pessimistes sur l’avenir et les finances du pays.

Que cherche Edouard Philippe ? 

L’homme politique le plus populaire de France veut d’abord entretenir son image positive auprès des Français. Sur le plan politique, il n’a jamais autant entretenu ses réseaux. Outre sa galaxie de maires de droite, il remplit son agenda de rendez-vous et de déjeuners à Paris. À table, les figures de la droite défilent. Gérard Larcher, le président du Sénat. Valérie Pécresse, la présidente de la région Ile-de-France, ou encore le sénateur LR Bruno Retailleau. « Il fait sa tournée », glisse un proche d’un participant. Édouard Philippe a même créé un microparti baptisé « Le Havre ! ». Sa casquette de maire d’une ville moyenne ne l’empêche pas d’avoir du temps et d’autres envies.

Des manœuvres en vue de la prochaine présidentielle ?

Édouard Philippe évacue le sujet sans dire non formellement. Ira-t-il jusqu’à s’opposer à Emmanuel Macron, celui qui l’a fait passer de député de l’ombre à un politique de premier plan ? L’idée de ce retour, c’est surtout de rester dans le paysage, de conforter son capital sympathie et son réseau politique, en attendant son moment, sans se précipiter. L’ancien porte-parole d’Alain Juppé à la primaire de la droite en 2016 n’a pas oublié que de bons sondages ne font pas forcément un président.

Est-ce qu’il pourrait être par exemple un recours pour la droite ?

Certains Républicains l’envisagent sérieusement. « Doudou s’il y va, à droite, il ferait un carton », confie un ténor des LR, qui l’appelle par son surnom. « Comme le disait Chirac, on est un dissident jusqu’à ce qu’on gagne ». Au sommet de l’État, on minimise la menace, supposée ou réelle. À Matignon, l’entourage de Jean Castex assure que le Premier ministre « regarde tout ça de très très loin, ça ne l’intéresse pas ». Vigilance autour d’Emmanuel Macron. Un des macronistes historiques prévient : « Édouard Philippe ne ferme aucune porte, s’il pouvait surfer sur la situation politique et réussir quelque chose, il le ferait ».

RFI

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