Fièvre Lassa, incendie mystérieux, braquage: Les citoyens de Mamou dans la psychose

Depuis quelques jours, les populations de Mamou ne dorment plus tranquillement. En plus de la détection d’un cas confirmé de fièvre de lassa dans cette préfecture, deux incendies mystérieux et un braquage à main armée (qui a fait un mort et un blessé) plongent les citoyens de la ville carrefour dans une psychose, a appris un reporter de Guineematin. En fin de semaine dernière, les autorités sanitaires de la Guinée ont annoncé la détection d’un cas de fièvre lassa, une maladie hémorragique virale contagieuse, dans la préfecture de Mamou. En provenance de Kissidougou et âgé de 35 ans, le patient avait été admis le 28 janvier dernier à l’hôpital régional de Mamou pour des soins. Il est décédé le lendemain dans ce centre hospitalier.

Depuis l’annonce de cette nouvelle, les populations de la ville carrefour vivent avec la peur au ventre. Ils redoutent surtout une propagation de la maladie. Ce qui pourrait entraîner une épidémie de fièvre lassa dans cette préfecture. Le lavage des mains (disparu depuis la fin de l’épidémie de la fièvre hémorragique à virus Ebola en Guinée, en décembre 2015) revient peu à peu dans les habitudes. Certains citoyens s’abstiennent maintenant de serrer la main à d’autres pour éviter une contamination par les fluides corporelles.

« Les autorités sanitaires disent que c’est un cas qui a été détecté d’abord, mais il faut que nous prenions nos précautions. Avec tout ce que j’ai entendu sur la maladie, je refuse actuellement qu’on me serre la main », a confié Amadou Diallo, un diplômé sans emploi. Dans sa dernière sortie médiatique, le directeur général de l’ANSS (agence nationale de sécurité sanitaire), Docteur Sakoba Keïta, a annoncé que 82 contacts ont été recensés dans les préfectures de Kissidougou (31) et Mamou (51 contacts). « Ces contacts sont actuellement suivis. Aucun d’eux n’a encore manifesté des signes annonciateurs de la fièvre lassa », a rassuré docteur Sakoba Keïta.

Mais, 51 contacts est déjà un nombre « suffisamment élevé » pour les populations. Surtout que les rongeurs peuvent transmettre la fièvre de lassa à l’homme à travers les fluides corporels (urine, sang, selles, etc). En plus, un autre cas suspect (non confirmé) de la fièvre lassa a également été enregistré hier, jeudi 07 Février, dans la sous-préfecture de Ouré-kaba. La femme malade (dont l’identité n’a pas été révélée) a été évacuée à l’hôpital régional de Mamou pour une prise en charge. « Elle est malheureusement décédée à une heure du matin », a confié Docteur Kader Camara, le directeur général dudit hôpital.

Cependant, une autre mauvaise nouvelle vient d’accentuer la peur des citoyens de la ville carrefour. Il s’agit notamment de deux cas d’incendies d’origines inconnues enregistrés en deux jours à Petel 1, un quartier situé au nord dans la commune urbaine de Mamou. Le premier (survenu le lundi 05 Février 2019) a fait d’importants dégâts matériels, le second (survenu le Mercredi 06 Février dernier) a fait moins de dégâts.

Les thèses de court-circuit et de feu de cuisine étant écartées (parce que les victimes de ces incendies jurent qu’il n’y avait pas de courant dans tout le quartier et aucun feu n’était allumé dans leurs concessions au moment des incendies), les populations privilégient l’hypothèse « d’incendies mystérieux ». Certaines personnes vont jusqu’à attribuer ces incendies à des « Djinns en colère », qui se vengeraient après la coupe, en début de cette semaine (le lundi 05 Février 2019), des branches d’un vieux baobab dans ce quartier. D’où la psychose à Petel 1, où chacun redoute chaque jour que sa maison ne prenne feu.

« Depuis qu’ils ont coupé les branches du baobab qui se trouve au niveau du pont, ça ne va pas ici (à Petel 1). Il y a eu deux incendies d’abord. Les gens redoutent encore d’autres incendies. Vous savez que les vieux baobabs regorgent souvent des djinns. Et, je crois que ce sont les djinns qui sont en colères. Donc ils se vengent en incendiant des maisons », a expliqué Ramatoulaye Bah, une habitante de Petel 1.

Des citoyens de Mamou qui ont joint Guineematin.com au téléphone ce vendredi, 08 Février 2019, parlent aussi d’un autre incendie à Almamyah Terrain. Là, « c’est un atelier menuiserie situé non loin du gouvernorat qui a pris feu ». Il n’y a eu aucune perte en vie humaine, mais nos sources parlent de « dégâts matériels importants ».

En plus de la fièvre de lassa et les incendies « mystérieux », c’est un braquage à main armée qui accentue la psychose. Un braquage survenu le Mercredi, 06 Février dernier, à Diarabaka. Les assaillants ont ouvert le feu sur un véhicule Renault 21, à bord duquel se trouvaient une dizaine de passagers. Cette attaque qui réveille les vieux démons (les braquages à main armée souvent enregistrés sur les quatre axes routiers menant à la ville carrefour et qui font « la réputation de Mamou » ailleurs), a fait un mort et blessé. Les assaillants ont aussi emporté des numéraires et plusieurs objets de valeur. « Pour le moment, on n’a pas pu évaluer tout cela, mais nous vous reviendrons pour donner plus de détails », a dit le procureur de Mamou, Elhadj Sidiki Camara, tout en annonçant l’ouverture d’une enquête pour vol à main armée, associations de malfaiteurs et détention illégale d’armes.

Guineematin

 

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