Évoquer la constitution au gré de ses intérêts (Aliou Bah)

Lorsqu’il s’agit de parler de la polygamie et de tout ce qui l’arrange en général, Alpha Condé est toujours prompt à invoquer la loi et la constitution. Mais pour le respect de son serment, il se croit plus malin que tout le monde en parlant d’un peuple fictif qui en décidera. Sinon le peuple de Guinée a déjà décidé de la durée de sa mission au sommet de l’État et de la façon dont il devrait se comporter afin de bien la mener. Malheureusement ce peuple se sent méprisé par les dépositaires actuels des pouvoirs constitutionnels non seulement dans leur façon de conduire la vie de la nation mais aussi et surtout dans le fonctionnement des institutions. En effet, il s’avère évident que la constitution qui parle de polygamie est celle là même qui limite le nombre de mandats, qui définit le calendrier électoral, qui donne à la vie humaine un caractère sacré, qui punit la corruption dans toutes ses formes, qui oblige le président a déclaré ses biens et à démissionner de la présidence de son parti, qui prévoit des sanctions contre les détournements des deniers publics, qui bannit l’ethnocentrisme et la discrimination etc. Que fait-il de tous ces aspects de la constitution avant de distraire l’opinion publique avec des rigolades qui ne sont pas dignes de la fonction présidentielle ? Pourquoi le premier magistrat du pays est si sélectif quand il s’agit de respecter les lois de la République ? Alors ce double discours qui produit une attitude ambiguë sur des questions fondamentales auxquelles le peuple a déjà répondu à travers sa constitution, décrédibilise notre président et crée une grande incertitude sur l’avenir de la Guinée. C’est pourquoi la nation se sent fragile et rabaisser de plus en plus par les incohérences et inconséquences de celui qui la dirige en fonction de ses humeurs et au gré de ses intérêts.

Aliou Bah Citoyen de la République

0 Partages

Comments

comments

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here