Eventuel troisième mandat : l’ancien PM Tidiane Souaré se prononce…

L’actualité guinéenne est aussi focalisée sur l’éventualité d’un troisième mandat pour le président Alpha Condé. L’ancien Premier ministre ne veut pas aller vite en besogne. Pour le Dr Ahmed Tidiane Souaré, l’idée d’un troisième mandat n’est qu’une « une anticipation malencontreuse ».
Le président Alpha Condé va-t-il chercher ou cherche-t-il un troisième mandat ? Une bonne partie de l’opinion publique lui prête cette intention. Mais, prévient l’ancien Premier ministre de Conté, au lieu de parler d’un troisième mandat, il faut « utiliser toutes nos énergies pour bâtir notre pays, renforcer la démocratie et essayer d’améliorer les instruments d’expression de cette démocratie telle que la Commission électorale nationale indépendante (Ceni) et toutes les institutions liées. (…) Nous avons une loi qui consacre un mandat de cinq (5) ans renouvelable une fois. C’est un faux débat pour le moment ».

Cependant, poursuit-il, « nous pouvons analyser de toutes facettes les déclarations des uns et des autres. »

Interrogé sur le rôle que pourrait jouer le tout nouveau Premier ministre, Ibrahima Kassory Fofana, l’ancien ministre des Mines dira que « le premier ministre Kassory peut dire ce qu’il veut. Il est citoyen. Mais encore une fois, pour moi, nous avons une Constitution très claire, on ne peut pas passer de 2 à 3 mandats en coulisse, par des pensées ou par des vœux pieux. (…). Ce n’est pas de bouche à oreille ou des vœux pieux qu’ils nous feront passer de 2 à 3 mandats. Le problème se posera en fin de mandat ou lorsque le président (Alpha Condé, ndlr) dira qu’il veut trois mandats ».

En attendant, il ne souhaite pas qu’on lui prête « des intentions et continuer à nous distraire autour alors que la pauvreté ne recule pas, la jeunesse chôme et tout. Mais pour le moment, nous sommes à l’intérieur de notre Constitution, le second et dernier mandat du président ».

Avant d’appeler les Guinéens, « à la conscience individuelle et collective pour dire que mon gouvernement n’a eu pas une longévité de 8 à 9 mois. Les actes posés pendant ce temps, laissent des traces dans tous les domaines de la vue économique et politique de notre pays ».

Ahmed Tidiane Souaré n’exclut pas de se lancer en politique car, selon lui, ne pas le faire « ce serait un tort à la Guinée que de prendre la retraite administrative, politique et économique à cet âge étant entendu tout l’investissement que le peuple a fait sur moi et que la République a fait pour moi. Il faut bien apporter sa contribution ». Mais, précise-t-il, ce ne sera pas dans « l’improvisation ».

« On n’a pas forcément besoin de mettre un parti politique en gestation. On peut se lever quand on a les ressources humaines (…) il y a des partis qui m’ont demandé de venir pour être membre ou pour diriger. Je suis en train d’examiner pour prendre une offre qui ne sera pas corrompue. », explique-t-il.

Aujourd’hui, il se dit « heureux et fier de constater que les compagnons du Général Lansana Conté sont encore utiles et sollicités à toutes les sphères de notre administration, investis de confiance. Kassory est un exemple, moi-même à un moment donné j’ai été sollicité en tant que conseiller spécial du président Alpha Condé ».

Avant de terminer son intervention, il conseille : « pour que notre démocratie vive et prospère, il faut que nous apprenions à respecter nos propres lois. Ce n’est pas une question des chantiers, des résultats, c’est une question des lois. Vous savez que la plupart des chantiers que vous ouvrez, vous avez peu de chance de les inaugurer. Vous avez vu le président François Hollande, c’est maintenant que les résultats de ses réformes tombent, mais il est parti sans bénéficier. Le président Conté lui-même a initié beaucoup de choses, il est parti sans les inaugurer. Le pont de 8 novembre, la clinique sino-guinéenne, le stade de Nongo. Tout cela, c’est initié par le président Conté. L’Etat marche, le successeur a bénéficié et continué et il est en train d’amplifier ce qui est très bien. On va lui reconnaître dans la mémoire républicaine à tout jamais. Mais, ça ne donne pas droit à un changement de la Constitution ».

Amadou Kendessa Diallo

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