DE LA CRISE QUI OPPOSE LE GOUVERNEMENT AUX TRAVAILLEURS DE L’ÉDUCATION NATIONALE DIRIGÉ PAR LE SLECG (OPINION)

Depuis quelques temps, le secteur de l’éducation nationale de notre pays, est secoué par une crise grave. Cette crise, conjoncturelle, en apparence, n’est en réalité que la partie visible de l’iceberg d’une crise structurelle qui affecte, depuis fort longtemps, un secteur aussi stratégique que vital pour l’avenir de notre pays tel que celui de l’éducation. En effet, l’avenir et le progrès d’une nation ne peuvent être conçus rationnellement et sereinement sans une politique sérieuse en matière de développement du capital humain dont la base est l’éducation et la formation. Or, sur ce plan, notre pays, la Guinée, affiche des performances médiocres. Dans la publication de cette année 2018 du dernier rapport du Pnud sur l’IDH, la Guinée était classée 175ème sur 189.

Ce classement, faut-il le souligner, est en grande partie dû aux mauvaises performances du pays dans le domaine de l’éducation.

En effet, comment peut-il en être autrement avec un niveau moyen d’éducation de la population estimé à 1,3 an pour les actifs de 25 ans et plus?

De même, le dernier rapport de l’ONG One classe la Guinée parmi les dix mauvais élèves du monde en matière d’accès des filles à l’éducation.

En outre, l’on observera que la part de budget consacrée à l’éducation nationale et à l’alphabétisation par le gouvernement (11%, en moyenne, sur ces dernières années) montre clairement que l’éducation ne constitue pas une priorité pour ce dernier.

Au demeurant, une analyse des dépenses effectuées, dans le secteur, laisse transparaître clairement un énorme déséquilibre, entre celles de fonctionnement et celles d’investissement, en faveur des premières.

Cette réalité commande, à terme, un rééquilibrage de ces lignes de dépense non pas forcément par le sacrifice de l’une au détriment de l’autre mais par la rationalisation progressive de la gestion des ressources budgétaires allouées.

Il s’agit d’une démarche qui devra s’inscrire dans une réforme systémique et holistique de la matrice du budget de l’état en vue de sa mise en adéquation avec les choix prioritaires du pays. Mais, en attendant, il faut faire avec cette réalité, somme toute, anachronique.

Le rappel de ces quelques données, loin d’être exhaustives, bien sûr, me paraissait indispensable pour relever non seulement les incohérences qui caractérisent la politique de l’éducation nationale du gouvernement mais aussi pour montrer le caractère structurel de la crise de l’éducation dans notre pays dont la présente crise n’est qu’une des conséquences.

Après avoir relevé ces quelques faits saillants, que dire, alors, de la crise actuelle qui oppose le gouvernement aux travailleurs du secteur de l’éducation?

Il est évident que les travailleurs sont en droit de revendiquer l’amélioration de leurs conditions minimales de travail et que, le gouvernement a l’obligation de la leur assurer, dans la mesure des ressources disponibles.

À cet égard, il convient, de souligner que les revendications actuelles des travailleurs de l’éducation interviennent à un moment où le gouvernement lui-même s’est livré et se livre toujours à des dépenses de prestige et à une gestion gabegique des deniers publics alors même qu’une rigueur budgétaire devrait être en vigueur.

Dans ce sens, les Guinéens honnêtes et raisonnables se sont interrogés et en sont encore à s’interroger, par exemple, sur la pertinence du projet de construction des hôtels la bagatelle de milliards de nos francs.

Dans un tel contexte, est-il juste, honnête et responsable de la part du gouvernement de demander aux seuls travailleurs de l’éducation nationale de se sacrifier en renonçant à leurs revendications, alors qu’il continue à gaspiller des milliards ailleurs ?

De toute évidence, eu égard à tout ce qui précède, la réponse à cette interrogation ne peut être que négative. Car, comme on le dit, nul ne peut se prévaloir de ses propres turpitudes.

Dès lors, il importe au gouvernement, de trouver impérativement une solution juste, équitable, appropriée et immédiate à cette crise qui, si elle venait à s’installer durablement hypothéquerait non seulement l’avenir des élèves mais aussi celui de la nation entière.

C’est donc le lieu, ici, d’appeler également les parents d’élèves, les élèves et tous les Guinéens épris de justice et soucieux de l’avenir du pays à soutenir le mouvement du SLECG, pour une sortie rapide de crise qui permettra de sauver notre système éducatif.

Vive l’éducation!
Vive les enseignants!
Vive la Guinée!

Abdoul Karim Diallo, Citoyen Guinéen resident à Londres

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