Cyclone en Afrique australe : « Des dizaines de milliers de personnes ont tout perdu »

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Plus de 670 personnes ont été tuées par le cyclone Idai au Mozambique et au Zimbabwe, selon le dernier bilan.

Le bilan du cyclone Idai au Mozambique et au Zimbabwe s’est alourdi samedi 23 mars à 676 morts et devrait encore grimper au fur et à mesure de la progression des secours, qui peinent à atteindre des zones encore coupées du monde, ont prévenu les humanitaires, inquiets des risques d’épidémies.

« C’est un désastre naturel sans précédent. La zone affectée (au Mozambique) est d’environ 3.000 km2. Un désastre qui équivaut aux catastrophes majeures », a estimé samedi le ministre mozambicain de l’Environnement, Celso Correia. « Malheureusement, personne dans la région ni dans le monde ne pouvait prédire un désastre d’une telle ampleur », a-t-il ajouté depuis Beira (centre), la deuxième ville du Mozambique, partiellement dévastée par les intempéries.

Selon le dernier bilan des autorités mozambicaines, Idai, qui a balayé la semaine dernière l’Afrique australe, a fait 417 morts au Mozambique, pays le plus touché. Au Zimbabwe, 259 personnes ont été tuées et près de 200, dont 30 écoliers, sont toujours portées disparues. Mais le bilan final sera « bien plus élevé » car « de nombreuses régions sont encore inaccessibles », a prévenu samedi la directrice générale de l’Unicef, Henrietta Fore.

Les opérations de secours et d’acheminement de l’aide, avec hélicoptères, bateaux militaires, pneumatiques, de pêche, se poursuivaient samedi dans des conditions difficiles, compte tenu de l’effondrement de nombreuses routes et ponts.

Au total, ce sont environ 2 millions de personnes qui sont affectées par le cyclone et ses inondations en Afrique australe.

« Risques de maladie »

« Il n’y a plus personne bloqué dans des arbres », a affirmé samedi Sebastian Stampa du Bureau de coordination des affaires humanitaires des Nations unies (Ocha). Mais « il y a encore des gens sur les toits » qui ont refusé d’être hélitreuillés, a-t-il ajouté, expliquant qu’ils survivaient en faisant sécher de la nourriture sur des tôles ou des toits-terrasses.

A Beira, ville d’un demi-million d’habitants, la population s’attelait à déblayer et reconstruire. La principale route qui conduit à Beira devrait être accessible dimanche et la voie ferrée est de nouveau utilisable depuis vendredi.

Dans plusieurs écoles de la ville réquisitionnées, des milliers de rescapés s’entassaient, laissant craindre des épidémies. « La promiscuité dans les centres d’hébergement, le manque d’hygiène, les eaux stagnantes et infectées posent des risques de maladies comme le choléra, le paludisme et les diarrhées », a prévenu l’Unicef. Des informations contradictoires circulaient sur d’éventuels cas de choléra.

Le programme alimentaire mondial (Pam), qui distribue la nourriture, a déclenché son niveau d’urgence 3, équivalent aux crises au Yémen, en Syrie ou encore au Sud-Soudan. Herve Verhoosel, porte-parole du Pam :

« Des dizaines de milliers de personnes ont tout perdu. Avec l’étendue des dégâts qui se précise, le nombre de personnes dans le besoin augmente. On doit faire plus. »Au Zimbabwe, les rescapés continuaient ce week-end à enterrer leurs morts, tandis que 120 corps ont été emportés par les eaux au Mozambique, selon Ocha.

Libreopinionguinee avec AFP

 

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