Crise dans le secteur éducatif guinéen : « nous ne pouvons pas suspendre la grève comme le gouvernement le souhaite sans qu’on ait quelque chose » dixit Oumar Tounkara

Après deux semaines de morosité dans le cadre de la reprise des cours pour le compte de l’année Scolaire 2017-2018, suite au mot d’ordre de grève du Syndicat Libre des enseignants et chercheurs de Guinée (SLECG), le gouvernement a invité ce vendredi, le Camarade Aboubacar Soumah et ses compagnons à poursuivre les négociations au tour des revendications faites par ces derniers, notamment les fameux 8 millions gnf comme salaire de base des enseignants Guinéens.

Après plusieurs heures de discussions entre les deux parties, dans la salle polyvalente du ministère de la fonction publique, en présence de l’inspecteur général du travail qui joue le rôle de médiateur, le moins que l’on puisse dire, c’est que les lignes tardent à bouger.

En effet, la partie gouvernementale a mis en avant les contraintes budgétaires qui s’imposent à l’Etat dans l’augmentation des salaires des fonctionnaires : « …la loi obéit à une procédure. Il y’a le projet de loi que le gouvernement introduit à l’assemblée, l’assemblée examine la loi et si elle est d’accord, elle la vote et le président de la république la promulgue. Donc en tant que représentant du gouvernement à ce dialogue, nous ne pouvons nous prononcer sur une chose qui ne relève pas de notre compétence, ce serait enfreindre à la loi », a expliqué Mounir Camara, conseiller politique du Premier Ministre

LE GOUVERNEMENT EST SENSIBLE AUX CONDITIONS DE TRAVAIL DE TOUS LES TRAVAILLEURS GUINÉENS

Et de poursuivre : « Nous avons dit par contre, le gouvernement est sensible aux conditions de travail de tous les travailleurs guinéens, l’amélioration des conditions de vie des fonctionnaires, particulièrement des enseignants et ceux de la santé, ce sont les couches les plus sensibles. Le gouvernement est entrain de faire un programme dans le cadre du PNDES, pour créer des meilleures conditions de vie des travailleurs, mais surtout avec la priorité aux enseignants. L’an 2018 dont nous sommes au 10ème mois a connu 2 augmentations de salaire dans le cadre du budget. On vous a dit qu’un budget c’est annuel, l’assemblée est convoquée en session budgétaire, le gouvernement dépose un projet de loi… Ce qui n’est pas programmé dans le budget est une entorse ».

ON NE NOUS A FAIT AUCUNE PROPOSITION

De son côté, Oumar Tounkara du SLECG à déclaré : « Nous nous attendions aujourd’hui à ce que le gouvernement fasse cette proposition concrète sur les 8 millions, mais malheureusement on ne nous a fait aucune proposition, sauf nous dire que les contraintes budgétaires, l’année tend vers sa fin et le gouvernement ne peut pas payer les 8 millions ».

« Mais, poursuit-il, comme nous nous sommes des messagers, nous ne pouvons pas parler au nom des enseignants sans les consulter. Nous allons rendre compte à la base demain (samedi 13 octobre) en assemblée générale et cette assemblée nous dictera la conduite à tenir au regard des propositions qui ont été faites par le Gouvernement. Il (le Gouvernement, ndlr) parle de contrainte budgétaire, nous nous savons que l’argent circule à flot, c’est un manque de volonté envers nous», a-t-il ajouté.

Par ailleurs, Oumar Toukara a réitéré que le SLECG est disposé au dialogue, mais, fait-il savoir : « nous ne pouvons pas suspendre la grève comme le gouvernement le souhaite sans qu’on ait quelque chose… et nous demandons aux parents, contrairement aux déclarations de certains démagogues qui disent aux parents d’avoyer leurs enfant à l’école, qu’ils gardent leur enfants à la maison jusqu’à ce qu’un consensus soit trouvé entre le gouvernement et les syndicalistes, la paix, la justice sociale et la réussite des élèves en dépendent »,

 Guinee7.com

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