Crise au sein du RPG à Kankan : « Si ce n’est pas le clanisme, la coordination ne doit pas gérer la mairie de Kankan », dixit Hon. Aly Nabé

L’installation du conseil communal continue de faire couler beaucoup d’encres et de salives à Kankan. Désormais, un climat délétère est créé entre les responsables du RPG et la notabilité.

Sur la situation et pour une sortie  de crise,  le député uninominal de Kankan a accordé un entretien  à nos confrères de  Kalenews.org dans la région. Lisez….

Kalenews.org: Bonjour Honorable, récemment des ministres étaient à Kankan pour que les conseillers puissent conjuguer le même verbe. Quel a été le message?

Aly Nabé: C’est pas faux. Il y’a problème à Kankan que je déplore personnellement. Je condamne qu’il y ait problème au sein du parti (RPG) en Haute Guinée notamment à Kankan étant donné que c’est le fief du parti. La preuve c’est Kankan qui a pu faire une majorité écrasante. Même dans certaines villes où on est supposé être majoritaire c’est serré entre le RPG et l’opposition et même avec les listes indépendantes. Ce problème a préoccupé le BPN (Bureau Politique National) et même le chef de l’État. C’est pourquoi une mission a été dépêchée à savoir quatre ministres: Sekou Kourouma, secrétaire général du gouvernement (chef de mission), le ministre du budget Ismael Dioubaté,  le ministre des hydrocarbures, Zakaria Koulibaly et le ministre de l’éducation nationale, Mory Sangaré accompagnés par certains cadres et épaulés par des députés. Nous étions venus pour pouvoir trouver une solution. Mais en amont, il y’a eu une mission dépêchée par le BPN qui s’est rendue dans toutes les villes. C’est à la suite des démarches de cette mission politique qui n’a pas connu de succès qu’il y’a eu d’autres missions. Le message est  l’entente.

Justement par rapport à cette mission qui vous a précédée, un vote primaire a eu lieu et les conseillers ont choisi un candidat. La réaction du BPN ?

Je n’ai pas assez de commentaires sur cette mission. Tout ce que je peux dire est qu’il y’a eu des failles par rapport à un certain nombre de démarches qui devaient être entamées pour pouvoir amener l’ensemble des conseillers au primaire. Ce qui nous a conduit sûrement à un certain nombre de décisions qui ne faisaient pas l’unanimité. Mais, quand la deuxième mission était venue, nous avons essayé de rentrer en contact avec des conseillers mais aussi avec les candidats et même avec les responsables politiques du parti notamment la coordination. Il y’avait un groupe qui accusait la notabilité, un autre condamnait le comportement néfaste de certains conseillers issus du parti et une autre condamnait l’acte de la coordination régionale. On a essayé de revoir tout ça. Mais on a pas pu résoudre le problème. C’est ainsi qu’on a vu qu’il y’avait les tensions et qu’il fallait pour le moment suspendre et attendre que les tensions baissent afin de faire face au problème pour pouvoir le résoudre.

Actuellement le parti à travers certains responsables n’est pas en connivence avec la notabilité. Quelle démarche vous menez personnellement en ce moment?

 

Le président a eu raison de le reporter, car son souci majeur est qu’il y ait entente entre la notabilité et les structures du parti. Les deux éléments sont indissociables quoiqu’il en soit. Quand tu viens chez le Soti Kèmo, il parle du RPG, Pr Alpha Condé et de son programme. Au siège du parti, on parle aussi du chef de l’État et de son programme. Pour le président de la République, l’essentiel n’est pas la mise en place du maire mais qu’il y ait entente. C’est pourquoi il a demandé de surseoir à tout. Essayer de créer un pont d’entente entre la notabilité et le parti. On n’oublie pas qu’il y’a des gens qui essaient toujours de mettre l’huile sur le feu. Je condamne ceux-là qui disent que la notabilité ne doit pas se mêler dans la politique et que c’est pas leur affaire. Ils doivent se souvenir de l’histoire du RPG à Kankan. Des militants et sympathisants du RPG ont été massacrés au ‘’doyennat’’. Ceux qui sont aujourd’hui notables ont été d’abord militants et sympathisants du RPG hier au moment où ils étaient jeunes. Je condamne aussi la notabilité qui à un moment donné prenne des décisions politiques fermes à la place des politiques ou à la place du parti. Il faudrait qu’il y ait apaisement des deux côtés pour que nous soyons ensemble pour pouvoir voter pour le concret.

 

Les responsables du parti continuent des menaces et intimidations à l’endroit des conseillers, ils forcent même à signer un document en faveur de leur choix. Est-ce normal cela?

 

Ça c’est pas normal. C’est pas une bonne démarche, c’est anti-loi. En se référant au code

électoral et au statut, règlement intérieur de notre propre formation politique, c’est anormal. J’ai été clair avec les conseillers et  structures du parti dans la mesure où, en amont,  les structures du parti ont choisi les 41 personnes comme conseillers sur la liste, le parti n’a plus à dire c’est tel ou tel l’élément du parti.

 

Si ce n’est pas parce que le clanisme est créé dans le parti ou qu’il y’a le népotisme dans le parti. Dès le départ il y’a eu erreurs, des bêtises monumentales qu’il faut corriger après parce qu’on risque d’installer le clanisme dans le parti. Ce n’est pas normal. Quand la mission des ministres était venue, toutes les couches ont accusé la coordination régionale notamment trois personnes. Ils ont dit que le problème du parti avant même qu’on commence de parler sur la mairie où des candidats. Ils ont condamné Fodé 4 Kourouma, Taliby Dabo et Mamby Camara.

 

Normalement la coordination régionale ne devait pas se faire démarquer dans cette gestion politique de Kankan. Ça ne relève pas de leur compétence.  La Coordination n’est pas préfectorale. Si ce n’était pas la faiblesse des comités directeurs, ce sont les secrétaires généraux des quatre sections et le comité directeur qui étaient appelés à gérer le problème politique de la préfecture de Kankan. La coordination est un organe d’encadrement et d’orientation mais ne s’implique pas dans la gestion réelle des problèmes politiques de la préfecture. La preuve, il y’a problèmes dans toute la région.  La coordination régionale est étalée jusqu’à Beyla. Mais une seule fois, ces éléments cités ne sont pas allés à Dabola, à Kouroussa ou à Faranah pour gérer. Tout le monde accuse la coordination régionale. C’est pourquoi aujourd’hui nous insistons sur la reconstitution du parti. Tantôt on dit que c’est Fodé 4 qui gâte tout, tantôt c’est Mamby ou Taliby Dabo qui gâte tout. Ce que je condamne au niveau de la notabilité, c’est la communication. Il faut le signaler aussi qu’il s’agit de la commune urbaine. L’équipe devait travailler avec tout le monde  notamment la notabilité. Si elle veut avoir succès dans sa mission.

 

Les Maninka Mory sont très hospitaliers.  Ce sont  eux qui donnent à tout le monde et se privent. La notabilité ne doit pas dire qu’il faut forcément ça. Je  condamne la coordination qui lance défi à la notabilité. Ils sont issus des parents. Celui qui sait qu’il a des parents est appelé à respecter forcément les parents des autres. Bakary Kaba dont il s’agit, personne ne peut ignorer son militantisme avéré depuis toujours. Il est dans la lignée de la notabilité à Kankan. Je vais vous dire une chose : à des moments quand ça chauffait avec la notabilité, c’est Bakary Kaba qui défendait le parti auprès des sages. Je vous donne un autre exemple, quand Taliby Dabo avait des problèmes avec la notabilité c’est Bakary Kaba qui le défendait. Le parti l’a choisi comme président de la délégation spéciale sans savoir qu’il était de la lignée des sages. La notabilité ne savait pas aussi son militantisme. Lorsqu’il a été président de la délégation spéciale, il n’a pas été consulté et, il a été même  surpris. À l’unanimité tous les secrétaires généraux ont validé. C’est pourquoi je vous dis que ces deux sont indissociables.

Comment avez-vous réagi lorsque Mamby Camara avait dit qu’il n’est pas Kankanka mais plutôt RPGiste?

 

J’ai condamné cette déclaration. Je suis sociologue de formation.  Généralement je ne condamne pas quelqu’un par le dire des autres. Je ne juge pas aussi les faits, mais je juge la cause ou les causes des faits. J’ai appelé Mamby Camara et je lui ai dit pourquoi tu peux te permettre à faire une telle communication? Il m’a dit qu’il avait ses raisons à cause des propos de certains auprès de la notabilité.

 

Des conseillers ont été exclus de votre parti.  Que faites-vous pour leur retour ?

 

Cela aussi n’est pas normal. Vous savez dans ces jours-ci, il y’a des gens qui aiment se faire voir. C’est ce qu’on dit en politique « Apparaître sans être ». C’est très bizarre. On ne peut exclure un conseiller. On ne peut pas exproprier un conseiller de ses biens parce qu’il a fait ceci ou cela. Si ce n’est pas le clanisme, le parti ne doit pas dire que c’est tel que le parti désire. Les conseillers sont déjà conseillers.  Si vous insistez afin qu’ils vous suivent il y’a la manière, mais on ne doit pas les ‘’pressionner’’, on ne doit pas mettre une force dessus. Les conseillers doivent savoir qu’ils ont été choisis par confiance, amour e par conviction. La preuve aucun d’entre eux n’a payé sa caution et les frais de sa campagne. C’est le parti qui a tout payé.

 

Comme dernier élément, avec ces nombreux frustrés dans le parti que direz vous puisque bientôt les élections législatives?

 

J’ai deux messages à ce propos. Je voudrais dire aux responsables du parti qu’ils doivent beaucoup réfléchir, accepter l’ouverture, respecter la notabilité, considérer le respect et l’éthique dans le parti. Qu’ils sachent que le parti ne se limite pas aux structures du parti. Si le parti se limitait aux structures, le RPG ne serait pas au pouvoir. Parce que c’est la masse qui vote.

Et à la notabilité qu’elle ne fasse pas de l’exception entre ses fils et changer sa communication.

Kalenews

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