La Chambre des Lords a adopté ce vendredi la proposition de loi contraignant Boris Johnson à demander un report du Brexit pour éviter une sortie sans accord de l’UE, au grand dam du Premier ministre qui, de son côté, parie sur des élections anticipées pour résoudre la crise politique.

Le texte adopté ce vendredi par la chambre haute du Parlement britannique, validé mercredi par les députés, doit désormais recevoir l’accord de la reine Elizabeth II, dès lundi, pour devenir loi. Il vise à repousser de trois mois le Brexit, prévu le 31 octobre, si Boris Johnson ne trouve pas un accord de divorce avec l’Union européenne d’ici le 19 octobre.

Le Premier ministre, qui préférerait « mourir au fond d’un fossé » plutôt que de repousser le Brexit, espère désormais que l’opposition approuve sa demande d’organiser des élections anticipées mi-octobre, afin de se donner une majorité pour sortir de l’UE le 31 octobre, accord ou pas.

Une nouvelle motion pour des élections anticipées

Après un premier échec, le gouvernement va donc de nouveau soumettre tard lundi soir au vote des députés une motion convoquant des élections anticipées. Celle-ci doit réunir les deux-tiers des voix pour être adoptée, mais les chances de succès sont quasi nulles puisqu’après concertations, les partis d’opposition surnommés « l’Alliance rebelle », ont décidé de voter non ou de s’abstenir ce vendredi 6 septembre.

Nous avons travaillé avec différents partis : avec les rebelles conservateurs, le Labour, le SNP, contre un Brexit sans accord parce que c’est la menace à laquelle fait face à notre pays. Les politiciens responsables ont donc travaillé ensemble pour mettre fin à cette éventualité. Et donc je ne pense pas qu’il puisse y avoir une élection générale jusqu’à ce que la menace d’une sortie sans accord soit retirée de la table. Les libéraux-démocrates voteront donc contre une élection générale anticipée.

Edward Davey, leader des LibDem au Parlement britannique06/09/2019 – par RFIÉcouter

La stratégie est claire, en tout cas à court terme, analyse notre correspondante à Londres, Muriel Delcroix. Les partis d’opposition veulent s’assurer que Boris Johnson ne remporte pas l’élection, ce qui aurait pu lui permettre d’annuler la loi empêchant un Brexit sans accord qu’ils viennent tout juste de faire adopter.

Une situation dans l’impasse

Ils veulent aussi mettre le Premier ministre au défi d’obtenir, comme il affirme en être capable, un nouvel accord de sortie auprès du bloc européen lors du sommet des 17 et 18 octobre. Car ces partis se disent persuadés que Boris Johnson bluffe, qu’il ne pourra rien renégocier et qu’il sera ainsi obligé de demander un report du Brexit comme l’y oblige désormais la loi votée cette semaine au Parlement.

►À lire aussi: Brexit: la première journée de campagne de Boris Johnson vire au désastre

Ce qui laisse au dirigeant conservateur deux options : soit il ignore cette nouvelle loi et enclenche le Brexit le 31 octobre, soit il demande une extension à Bruxelles. Sachant qu’il dit préférer « mourir » plutôt que de s’y résoudre, il ne peut logiquement que démissionner. Or Boris Johnson a signalé dans la matinée qu’il n’en avait pas l’intention. Tout le monde attend donc avec impatience de voir comment lui et ses conseillers vont se sortir de cette nouvelle impasse.

RFI

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