Attaque présumée du domicile d’Alpha Condé en 2011 : « Je ne connais rien de tout ça ! » réagit Fatou Badiar

Fatou Badiar
Fatou Badiar

Le procès relatif à l’attaque présumée du domicile privé du chef de l’Etat au quartier Kipé, dans la commune de Ratoma, la nuit du 18 au 19 juillet 2011, se poursuit au tribunal criminel de Dixinn. Ce lundi 18 juin 2018, ce sont les accusés, Fatou Badiar Diallo et Jean Guilavogui, qui ont été entendus par le tribunal.

Le président du tribunal, Mangadouba Sow a commencé par rappeler à dame Fatou Badiar les infractions pour lesquelles elle est poursuivie : « on vous accuse des faits d’associations de malfaiteurs, de tentative d’assassinat, de destruction d’édifices privés et mobiliers, de destruction et consommation de chanvre indien, d’attentat à la sûreté de l’Etat, de détention illégale d’arme de guerre. Qu’est-ce que vous en dites ? »

Madame Fatou Badiar dira tout simplement, d’une voix basse, ne rien savoir de ces accusations.

Devant cette négation des faits, le juge va demander à l’accusée dans quelles circonstances elle a connu le commandant Alpha Oumar Boffa Diallo, dit AOB. « C’est lorsque mon mari travaillait à la présidence, au temps de Lansana Conté, que j’ai connu AOB. Et depuis le décès de mon mari, je n’ai vu nulle part le commandant AOB », a lancé la bonne femme.

Parlant de l’attaque présumée du domicile privé du président Alpha Condé, dans la nuit du 18 au 19 juillet 2011, Fatou Badiar Diallo dira qu’elle n’était même pas à Conakry ce jour. « Lorsque cette prétendue attaque se faisait, je n’étais même pas à Conakry. J’étais à Koundara pour préparer les sacrifices marquant la fin de mon veuvage. C’est à Koundara que j’ai appris à la radio qu’il y a eu attaque au domicile du président. Si j’étais de près ou de loin mêlée à cette affaire, je n’allais pas retourner librement à Conakry. J’allais continuer vers la Guinée Bissau », s’est-t-elle défendue.

Après cet argument le juge lui a fait savoir, qu’un accusé du nom de Mamadou Alpha Diallo avait dit lors de son interrogatoire que Fatou Badiar avait pour objectif d’assassiner le président pour le faire remplacer par un autre. « Je n’ai jamais eu l’intention de renverser le pouvoir. Je ne pouvais même pas rêver à ça. Je ne suis pas politique, je ne suis pas militaire. Je n’ai pas un parti politique et je n’ai pas des ambitions du pouvoir » a-t-elle rétorqué.

Par ailleurs, Fatou Badiar va dire que les nommés Mamadou Alpha Diallo et Almamy Aguibou Barry, tous agents de services de renseignements, « ont déclaré publiquement à la Cour d’Assises qu’ils m’ont accusé gratuitement et m’ont demandé publiquement pardon ».

Le second accusé, Jean Guilavogui, n’a pas également reconnu les faits. Selon lui, c’est son frère Emile Guilavogui qui l’a envoyé sur le champ de bataille à Kipé où on lui a tendu une grenade dégoupillée qui a fini par exploser dans sa main. « C’est mon frère Emile Guilavogui qui m’a dit de l’accompagner quelque part. Je l’ai suivi. Nous sommes venus jusqu’au niveau des rails à Kaporo. J’ai vu au moins 5 pick-up arrêtés avec des hommes en tenue, cagoulés. Emile m’a présenté un certain Bobo. Subitement, j’ai entendu des coups de feu. C’est ainsi que Bobo m’a remis une grande dégoupillée et elle a explosé dans ma main. J’ai perdu beaucoup de sang. Emile et Bobo ont disparu. C’est ainsi que des bérets rouges sont venus m’envoyer au bloc du Camp Samory où ils m’ont torturé avant d’amputer mon bras».

Jean Guilavogui a laissé entendre qu’avant de couper son bras, un certain Keita est venu avec une liste où figuraient les noms du général Nouhou Thiam et de plusieurs autres personnes. « Il m’a dit de les citer dans cette affaire, j’ai refusé. Keïta m’a dit que comme tu refuses de les citer, nous, nous savons que c’est Dadis qui a remis de l’argent à Dalein pour faire un coup d’Etat ».

Finalement, le dossier est renvoyé au 2 Juillet 2018 pour la suite des débats..

Source : Guineematin.com

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