Selon le compte rendu du conseil des ministres de ce  jeudi 25 avril 2019, le président Alpha Condé a instruit le gouvernement de dédommager toutes les victimes du déguerpissement de Kaporo-Rails et Kipé 2 ayant des titres fonciers valables. Au lendemain de cette annonce, certains déguerpis saluent une « bonne nouvelle », mais ils tiennent à apporter une précision importante au chef de l’Etat guinéen sur la question. C’est le cas de Mamadou Samba Sow, chargé de communication du collectif des déguerpis de Kaporo-Rails, Kipé 2 et Dimesse 2019. Un dédommagement conformément à la loi, c’est ce que réclamaient depuis le départ les habitants de Kaporo-Rails, Kipé 2 et Dimesse, dans la commune de Ratoma, dont les maisons ont été démolies récemment par le gouvernement. Après de longues semaines de souffrance et de lutte, leur message semble être compris par le président de la République. Alpha Condé a demandé à son gouvernement de prendre des dispositions pour dédommager tous les déguerpis qui détiennent des titres fonciers « dûment authentifiés ». S’ils se félicitent de la décision du chef de l’Etat d’avoir, enfin, accepté de respecter la loi en matière qui prévoit le dédommagement des victimes de déguerpissement, certains déguerpis de ces zones expriment toutefois des inquiétudes. « Nous voudrions lui rappeler, lui dire qu’à l’époque, il n’y avait pas de titre foncier. C’était plutôt des arrêtés individuels ou des arrêtés groupés. Il y a eu des actes qui ont été signés par le ministre Elhadj Moussa Diakité en 1983 parce qu’une partie de la zone a été lotie en 1982. Donc le président, peut-être, il aurait dû dire pour ceux qui ont des actes authentiques mais pas se focaliser sur le terme titre foncier. Ça, c’est un premier aspect. L’autre aspect, c’est qu’avant que ces gens-là ne s’installent en 1983, 1985 et après ; avant le décret de 1989, il y avait des coutumiers. Ce sont aussi des guinéens qui sont venus s’installer là, qui ont acheté des domaines à un prix dérisoire avec les autochtones Bagas qui étaient là. Le décret numéro 211 qui fait du centre directionnel de Koloma une réserve foncière de l’Etat est bien précis, il est clair et il faut qu’il soit appliqué à son article 4 où on dit que les occupants de ces zones seront déguerpis au fur et à mesure des besoins d’aménagement de la puissance publique. Et on va plus loin en disant que les occupants qui auraient mis en valeur leurs fonds avant la date du 20 avril 1988 ne seront déguerpis que si l’Etat s’engage à les recaser et à les indemniser de la valeur de leur réalisation sur le fonds. C’est ça qui doit s’appliquer, c’est-à-dire qu’on ne peut pas faire une loi et dire son contraire après », a indiqué Mamadou Samba Sow, le chargé de communication du collectif des déguerpis de Kaporo-Rails, Kipé 2 et Dimesse 2019. Pour cette victime, la décision du Professeur Alpha Condé de dédommager les victimes qui ont des titres fonciers dûment authentifiés « est un réveil de conscience du président de la République. Il a dû comprendre qu’il a été trompé comme Lansana Conté s’est rendu compte en 1998 qu’il a été trompé. Si tel est le cas, nous, nous demandons que justice soit faite. Que ceux-là qui l’ont trompé soient démis de leurs fonctions, qu’ils rendent compte par rapport à ce qu’ils ont fait. Parce qu’on a entendu toutes sortes de communications venant du ministère de la ville et de l’aménagement du territoire. Tantôt on nous dit qu’on n’a pas de documents, tantôt on nous dit que nous avons tous été déguerpis en 1998 et après dédommagement nous sommes venus nous réinstaller encore sur les mêmes endroits. Ce qui est totalement faux. Si aujourd’hui le premier magistrat du pays vient nous dire que ceux qui ont des documents seront dédommagés, vous voyez bien qu’il y a une communication qui est tordue, qui est floue. Donc il faut que l’opinion soit entièrement informée de ce qui se passe et qu’on arrête de continuer à faire du tort à la population », a dit Samba Sow. Notre interlocuteur souhaite aussi, avant de prendre toute décision relative au dédommagement des victimes, que le gouvernement fasse d’abord un travail préalable qui, selon lui, s’avère fondamentale. « Il n’y a jamais eu d’expertise, il n’y a jamais eu d’évaluation. Comment voulez-vous qu’on dédommage sans faire ce travail avant ? Si on évalue votre bâtiment, on sera au courant du nombre de salons et de chambres qui y existent. Mais ici, on a mis les charrues avant les bœufs. On vient détruire et après on nous dit qu’on va dédommager. Sur quelle base ils vont dédommager les gens ? », S’interroge Mamadou Samba Sow.

Libreopinionguinee avec guineematin

 

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