Affaire nouvelle constitution : Souleymane Keita propose un pacte entre la jeunesse et le président de la république. « Ma part de compréhension » (acte1)

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Souleymane Keita Conseiller chargé de mission à la présidence de la république
Souleymane Keita Conseiller chargé de mission à la présidence de la république
Notre pays a amorcé un processus politique dans les années 2006 et 2007 marqué par des grèves à l’allure d’un soulèvement populaire, en réalité c’est le début de la transition politique en Guinée.
Après plusieurs soubresauts, gouvernement de consensus ensuite gouvernement de large ouverture entremêle de conflits d’intérêts au sommet de l’Etat; décrèts et contre décrets, etaient devenus le mode de gouvernance.
 Le vieux général décède et laisse le pays dans l’incertitude, un groupe de jeunes militaires mal préparé s’empara du pouvoir le 23 décembre sous le label du CNDD. Très rapidement le repositionnement commence de la part des anciens dignitaires reconvertis désormais en hommes politiques devenus soudainement défenseurs de la démocratie, se moquant ainsi du peuple qui les avait rejetés systématiquement et totalement quelques mois plutôt. Après une transition mouvementée,  le professeur ALPHA Condé est élu Président de la République dans un contexte quasi explosif, dont le point d’ancrage regide dans le fait de l’existence d’un  contexte juridique inapproprié.
A sa prise de fonction, le Professeur ALPHA Condé a  engagé des réformes courageuses dans tous les secteurs dont les résultats sont visibles aujourd’hui avec des perspectives très prometteuses.
S’agissant du débat qui fait écho dans la cité, c’est à dire celui relatif à la nouvelle constitution, j’estime que le sujet mérite d’être débattu le plus objectivement possible et orienté vers l’avenir. En effet, la Guinée est régie actuellement par une constitution élaborée dans un contexte de doute et d’incertitude profond, dans la peur de voir le pays basculé dans l’inconnu, les forces vives d’alors ont cru devoir se débarrasser de la junte à tout prix. De ce fait, l’actuelle constitution souffre de beaucoup d’insuffisance dont la plus plausible est son mode d’adoption: élaborée et adoptée par un groupe de personnes non représentatif du peuple souverain d’une part, et promulguée par décret d’un Président  par intérim de la transition donc illégitime d’autre part.
Hormis ce principe de forme, on pourrait s’intéresser aussi non seulement à ce qu’il conviendrait de qualifier d’#inflation #institutionnelle, mais aussi le fait d’un texte truffée d’incohérences et ne prenant pas en compte plusieurs questions essentielles dans la construction d’un État stable avec de réelles perspectives pour la génération montante. Après 9 ans de gouvernance du Président ALPHA Condé, le pays  a enregistré de avancés significatives dans plusieurs domaines, cendant l’environnement institutionnel reste déliquescent au regard de nombreuses crises nées ces dernières années à cause des textes de loi souvent incongrus ou muets sur plusieurs questions de la vie nationale.
C’est pourquoi à moins de 2 ans de la fin du second mandat du président, donc à l’approche de deux échéances électorales majeures la problématique de la constitution mérite bien d’être posée. qu’il s’agisse de la révision, ou de l’établissement d’une nouvelle constitution afin de passer à la 4eme République, le débat reste  opportun car il s’agit de l’avenir de toute la nation et surtout de la génération montante que nous sommes. C’est aussi une question de responsabilité historique pour le Président de la République,  bref, c’est son bilan politique. On pourrait ainsi poser les questions suivantes:
1. la constitution actuelle est elle compatible à l’évolution actuelle de la société guinéenne?
2. L’actuelle constitution est-elle légitime?
3. Y a t- il urgence de revoir notre constitution aujourd’hui?
4. Vers quelles options  devrions-nous envisager, révision ou passage à une nouvelle République?
Tout d’abord, il est à remarquer que ni la sociologie, ni l’histoire, encore moins les aspirations profondes des guinéens ne riment avec le texte actuel aussi bien dans la forme que dans le fond.
Elle ne saurait être non plus légitime car ceux qui l’ont adoptés et promulgués ne représentent en rien le peuple souverain de Guinée.
Par ailleurs l’opportunité et l’urgence de l’adoption d’une nouvelle constitution réside dans le fait que:
1- le Président en exercice est vers la fin de son second mandat.
2- la plupart des questions majeures  de la vie nationale est gérée par consensus, donc selon les rapports de force des parties en présence sans aucun intérêt pour le peuple, le dernier amendement fait au code électoral en est un exemple illustratif.
3- le pays va vers des échéances politiques importantes législatives et présidentielles.
4- une classe politique peu responsable composée essentiellement d’anciens premiers  ministres et simples parvenus obnubilés par le seul désir de revenir aux affaires.
5- la nécessité de préserver les acquis de la gouvernance du PRAC et assurer la stabilité du pays.
6- ouvrir la voix à une nouvelle génération de politiciens.
Enfin, la révision constitutionnelle ou la rupture?
En effet, le cadre général de la scène politique devrait nous guider mais aussi l’idéal de vivre pour les années à venir surtout en ce qui concerne la jeunesse. Plus qu’une révision constitutionnelle, il est plus judicieux d’opérer la rupture tant attendue c’est à dire migrer vers la 4eme République car les amendements à apporter sont si substantiels qu’ils ne peuvent être réglés par une simple révision.
Entre autres éléments on peut parler du trop plein d’institutions républicaines budgetivores sans aucune valeur réelle sur le fonctionnement de l’Etat, la suppléance et l’intérim du Président de la République, le statut d’anciens chefs d’État,  le nombre de députés à l’Assemblée Nationale, la politique éducative, la lutte contre la corruption, la démocratie participative, l’environnement… pour ne citer que ceux ci.
L’intérêt du peuple de Guinée réside aujourd’hui dans l’adoption de la nouvelle constitution avant les échéances électorales prochaines. Ceux qui s’y opposent sont de deux catégories:
La première catégorie est composée de jeunes gens frustrés pour des ambitions non réalisées sous cette gouvernance, aussi ceux et celles ne disposant pas de la lucidité nécessaires pour appréhender les enjeux politiques et économiques de notre pays.
La deuxième catégorie, ce sont bien  des politiciens qui calculent selon leur propre agenda, ils s’agitent, mentent, se lamentent… FNDC, BRASSARDS ROUGES, 3D… AMOULANFE…
 Leurs agitations cachent mal leurs appréhensions pour un autre mandat du PRAC. Comme un miroir renversé, cette perspective a toutes les chances de marquer le début du crépuscule politique de l’opposition guinéenne… qui risque alors d’entamer sa descente aux enfers. La victoire du Président Alpha Condé, l’opposition la voit et la redoute indéniablement… Mais il faut savoir ne pas réagir sans réfléchir . Le manque de vision et leurs maladresses politiques suscitent le mépris des soutiens les plus lucides , sans conquérir l’estime des adversaires dont ils espéraient gagner le ralliement . L’ufdg se débat comme dans un cauchemar. Le Président ne dit pas autre chose , sinon que le recours à la décision du peuple de Guinée par voie référendaire, qui est aussi un mode d’expression démocratique. Certains pays voisins ont modifié ou changé leur Constitution, sans grabuges. Pour quelle raison en Guinée ceci suscite une levée de boucliers ? Toujours ces mêmes gens qui veulent toujours nous mettre en situation de crise et d’urgence. Ils sont potentiellement dangereux pour la démocratie . Tout citoyen a le droit et la liberté d’aller aux urnes sans entraves , pour voter selon son choix politique. Mais eux sont animés de cette basse passion égoïste d’avoir toujours raison, et considèrent leur champion comme l’incarnation de toutes les valeurs humaines . Quelle utopie ! Ils reprochent au régime en place de ne pas avoir procédé à ce changement dès le début du mandat. Ce n’était pas une priorité . A sa prise de fonction, le Président Alpha Condé s’est retrouvé devant un dilemme : il devrait choisir les urgences parmi les priorités . Aussi , les détracteurs soutiennent que le PRAC s’est déclaré Mandela de la Guinée, exact . Mais Nelson Mandela a forgé sa personnalité historique par sa lutte pour l’égalité des races , pour les droits civiques des noirs et par sa longue marche vers la liberté. Ce n’est nullement grâce à l’unique mandat passé à la tête de l’Afrique du Sud , qu’il aura eu une notoriété internationale. Une telle approche, relève purement et simplement de l’analphabétisme politique. A l’issue de son mandat et dans sa conversation avec lui-même , Nelson Mandela aura compris que son idéal politique comblé , et arrivé fatigué au pouvoir après plus d’un quart de siècle de détention, a estimé passer la main à ses camarades de lutte et qui étaient dans son sillage idéologique. Ce qui n’est pas le cas en Guinée où les prédateurs d’autrefois , se bousculent avec empressement pour accéder au fauteuil présidentiel, et prêts à éclabousser l’oeuvre du Président Alpha Condé . Même si le PRAC ne voudrait pas d’un autre mandat ce qui serait une raison individuelle , mais si le peuple décide autrement, ce serait la raison sociale ; Ahmed Sekou Touré enseignait que , la raison sociale prévaut sur la raison individuelle . « . Ces mêmes irréductibles reprochent au PRAC d’être silencieux sur ses intentions, c’est un signe d’intelligence et de sagesse , non d’indifférence. Il est toujours celui qui est à la manoeuvre, dès l’instant qu’il se prononce pour briguer ou non un autre mandat, celui en cours perd toute considération . Un mandat qui n’est pas encore terminé. La candidature du Président Alpha Condé se dessine comme une évidence, par les valeurs qu’il représente , par la vision qu’il porte , par l’espérance qu’il incarne.
Pour terminer, j’en appelle à un #pacte formel entre la jeunesse guinéenne et le Président ALPHA Condé puisqu’il s’agit en premier lieu de son avenir à lui. Chaque génération a un devoir face à  l’histoire, l’assumer ou le trahir. Cependant cerner les contours du tournant est fondamental dans son amorçage et c’est là tout l’enjeu.
Ainsi faut il coaliser avec des diables contre le bâtisseur au regard du passé des principaux acteurs de l’opposition politique qui brillent tous les jours par son irresponsabilité et son manque d’égards au peuple? La jeunesse guinéenne est-elle capable de se donner une chance de faire la rupture dans l’environnement actuelle?  Cautionner ce combat insensé avec l’opposition serait de contribuer à la compromission à terme de son propre avenir pour plusieurs décennies. C’est pour cela que je parle de #pacte qui ira de l’élaboration d’une constitution impersonnelle à  une participation plus accrue des jeunes à la gestion du pays pour aboutir à la rupture totale dans un moyen terme.
L’esprit partisan ne doit toujours pas nous empêcher de s’élever au dessus de notre position politique du moment pour voir la République.
Souleymane Keita, Conseiller chargé de mission à la présidence de la république 

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