Une affaire de farine pourrie avait défrayé la chronique à la mi-novembre 2018 et conduit à l’arrestation d’un certain nombre d’opérateurs économiques. C’est le Colonel Moussa Thiégboro Camara du secrétariat chargé des services spéciaux, de la lutte contre la drogue et le crime organisé, qui avait procédé à leur interpellation. Elhadj Mohamed Soumah, Elhadj Abdoulaye Bah et Elhadj Mamadou Diouldé, alias Bobo, ont été blanchis ce jeudi 27 décembre 2018 par le Tribunal de Mafanco, a appris un reporter de Guineematin.com qui était sur place.

C’est un camouflet pour le Colonel Thiégboro qui avait juré « de traduire Mamadou Diouldé, alias Bobo, et ses acolytes, en justice ». L’affaire avait fait couler encre et salive dans la cité. Une descente des hommes du colonel au quartier Dabompa, dans la commune de Matoto, le 14 novembre, avait permis de découvrir un magasin rempli de farine périmée, appartenant à Elhadj Bobo. Les proches de l’opérateur économique, mis aux arrêts sur les lieux, avaient juré à l’époque que la farine est destinée à la fabrication de contreplaqués, de colle et de plâtres. Un argument rejeté par le colonel Thiégboro qui estimait que ladite farine était entrain d’être reconditionnée pour être revendue sur le marché.

L’affaire, portée au tribunal correctionnel de Mafanco, a connu son épilogue ce jeudi. Le tribunal, par la voix de madame Djénabou Donghol Diallo, a renvoyé les trois prévenus « des fins de la poursuite pour délit non constitué ». La juge a également ordonné « la restitution au véritable propriétaire de la farine, qui est au port de Conakry et dans les magasins de Dabompa. Le tribunal ordonne à ce que cette restitution se fasse en présence des services de la lutte anti-drogue et du crime organisé, sous escorte douanière, jusqu’à destination finale ». Un soulagement pour les opérateurs économiques, tous présents à la salle d’audience.

Par contre, la décision a été rendue à l’absence du colonel Moussa Thiégboro Camara et de ses conseils. Un véritable camouflet pour ce service qui a accablé Mamadou Diouldé, alias Bobo, de tous les qualificatifs.

A la fin de l’audience, l’un des avocats des prévenus, maître David Béavogui, s’est exprimé sur cette décision. Selon lui, ce sont les preuves fournies par ses clients qui ont conduit à cette victoire. « Sans surprise, le tribunal vient de renvoyer nos clients des fins de la poursuite pour délit d’atteinte à la santé publique non constitué. C’est le corollaire des pièces exhibées par nos clients pour leur défense qui ont d’ailleurs fragilisé sérieusement le représentant du ministère public qui a fini par abdiquer. Ces pièces sont, entre-autres, les certificats d’analyses, le courrier du procureur général, l’écrit du ministre du commerce d’alors, monsieur Marc Yombouno, qui avait d’ailleurs demandé au service du Colonel Thiégboro d’escorter une quantité de farine périmée, constituée de blé et riz, à destination finale. Alors, au vu de tout ça et d’autres documents d’ailleurs qui ont été produits, le tribunal n’avait aucun autre choix que de relaxer purement et simplement nos clients en les renvoyant des fins de la poursuite », a expliqué maître David Béavogui.

Selon nos informations, l’affaire porte sur 65 tonnes de 40 pieds de farine périmée qui n’a jamais été vendue à la population et qui se trouve dans un entrepôt. « Aujourd’hui il n’y a pas de victime, il n’y a pas de partie civile. Personne ne se plaint et ça n’a pas été vendu. Il n’y a pas de population affectée, il n’y a pas atteinte à la santé publique. Cette quantité était destinée à la société Forêt Forte et à la société Askia Groupe de la Côte d’Ivoire. Nous avons un document des autorités ivoiriennes qui autorise l’importation de cette farine », a soutenu maître David Béavogui.

Guineematin.com

Comments

comments

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here