Affaire de déguerpissent : les habitants de Kipé II adressent une lettre au ministre de la ville

Monsieur le Ministre,
Votre correspondance N0 119/ MVAT/DICLOCV/2018 du 30 Juillet 2018 relative à des occupations illégales sans titre ni droit accompagnée d’une lettre de mise en demeure de libérer les lots 14, 15, 16, 19 et 37 du centre directionnel de Koloma ne nous concerne pas dans la mesure où nous avons été en majorité installés par la première et la deuxième République. Les documents officiels que nous détenons l’attestent éloquemment. Nous notons par ailleurs que les lots indiqués dans la lettre qui nous est parvenue ne correspondent pas à la réalité.
La zone de Kipé II dont il s’agit a été lotie sous l’autorité du Ministre de l’Habitat, de l’Urbanisme et des Domaines Ehadj Moussa DIAKITE après son déclassement du Centre Directionnel de Koloma pour recaser des citoyens déplacés pour utilité publique.
Dans la zone concernée, cohabitent le groupe des coutumiers trouvés sur place, les déplacés de la cité des médecins (Kipé I), des abords de la piste de l’aéroport de Gbessia et d’autres à qui la direction des domaines a octroyé des parcelles.
La plupart d’entre nous sommes en possession des plans de masse, des arrêtés, des certificats de propriété dument signés par les autorités en charge sous la première et la deuxième République.
En son temps, le Ministre Monsieur Bâna SIDIBE a été on ne peut plus clair, en affirmant que KIPE II est une zone d’habitations de standing moyen et que l’Etat allait fournir aux occupants des plans de constructions (promesse restée sans suite).
La SONEG avec un financement de la Banque Mondiale nous a fourni de l’eau après que la SNE ait installé le réseau électrique que EDG vient de qualifier avec les nouveaux compteurs prépayés et l’éclairage public. Il est opportun de rappeler ici avec beaucoup de reconnaissance la sollicitude du Président DADIS qui a offert des forages, des bornes fontaines à la zone en 2009.
Rappelons qu’il était de règle qu’on n’investit pas dans ce type d’infrastructures dans une zone réservée.
Lors de la visite que le chef de l’Etat, le professeur Alpha Condé a effectué à Kaporo-Rails le 4 Mai 2016, il n’a pas manqué de qualifier la casse de 1998 de drame et a clairement promis <>.

Monsieur le Ministre, c’est dans cet environnement rassurant et sécurisant procuré par Monsieur le Président de la République, que nous avons reçu à la fin du mois d’août la mise en demeure citée plus haut demandant aux citoyens de libérer les lieux le 30 Septembre 2018 juste un mois jour pour jour.
Monsieur le Ministre, imaginez l’état d’âme des citoyens pour qui la parole du premier magistrat du pays est sacrée. Dès lors, nous ne comprenons pas que dans la même république, la lettre No 119/MVAT/DICLOCV/2018 ait pu être adressée aux citoyens légalement installés à KIPE II.
Nous ne récusons pas la légitimité des prises de décisions pour cause d’utilité publique, encore que celles-ci doivent être prises ou exécutées dans le respect des règles et procédures en la matière tout en sauvegardant les droits légitimes des victimes.
Monsieur le Ministre, nous avons suivi avec attention l’attribution de parcelles déguerpies aux institutions de la République et aux Ministères par l’ancien Ministre Monsieur Mansour KABA qui a même fourni les plans de construction.
Le Gouvernement a toujours soutenu que la zone déguerpie au forceps était destinée à abriter le quartier administratif. Plus de vingt ans après, ce domaine reste pour l’essentiel vide alors que les citoyens déguerpis ne sont toujours pas dédommagés en dépit du fait qu’une cellule relevant du Ministère des finances avait été mise en place à cet effet.
Il n’est pas sans intérêt de rappeler que deux parcelles contigües, l’une attribuée à la construction du palais de l’Assemble Nationale et l’autre à la haute autorité de la communication ont été vendues à un privé qui y a érigé PRIMA CENTER sans aucune réaction officielle des autorités.
Nous apprenons que ce nouveau projet de déguerpissement phase I qui concerne 4.424 citoyens inscrits pour le vote des communales de 2018 devrait profiter à des sociétés privées qui auraient déjà payé une avance.
Vous en souhaitant bonne réception, Monsieur le Ministre, vous voudrez bien nous aider à clarifier cette situation en nous rétablissant dans nos droits légitimes.
Pour le collectif
Ousmane CAMARA Elhadj Ousmane BALDE
Elhadj Oumar KABA Sayon ONIVOGUI
622 272 049 622 303 197

Ampliation:
A Monsieur le Président de l’Assemblée Nationale, à Monsieur le Premier Ministre, à Monsieur le Médiateur de la République, Madame la Présidente du Conseil Economique et Social
Messieurs les Ministres : de l’Unité Nationale et de la Citoyenneté, de la Justice, Garde des Sceaux, de la Sécurité, de l’Administration du Territoire,
A Monsieur le Président de la Cour Suprême
Aux Ambassadeurs de : la France, des Etats Unis, de l’Allemagne, du Royaume-Uni, du Japon,
Au haut-commissaire des Nations-Unies aux droits de l’Homme,

Au Président de l’INIDH, au Président de l’OGDH, au Président de la Cellule Balai Citoyen, au Président de la PJDD, au Président de la PCUD, au Président de la CANEG, au Gouverneur de Conakry, aux Coordinations Régionales, aux groupes parlementaires : Alliance Républicaine, Les libéraux démocrates et le RPG-Arc-en-ciel.
A Monsieur le Maire de la Commune de Ratoma

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