Aboubacar Sylla : « Nous espérons que comme le dit la chanson tourou-tourou, en 2020, ce sera notre tour »

Aboubacar Sylla President de l’UFC au siège de son parti
Aboubacar Sylla President de l’UFC au siège de son parti

Guinée, ce  samedi, à l’assemblée générale de l’Union des Forces du Changement (UFC), Aboubacar Sylla a abordé bon nombre de questions d’actualité, notamment les manifestations répétitives de l’opposition républicaine. Il affirme que depuis 7 ans qu’il en fait partie, le manque de stratégie de celle-ci a été la principale raison pour laquelle il a rendu son tablier de porte-parole.

«Il y a aussi une crise politique dans ce pays aujourdhui et il faut qu’on le dise, c’est une crise politique extrêmement grave. Nous avons donc une mouvance présidentielle qui s’attroupe sur ses acquis, qui s’attroupe sur la voie et nous avons de l’autre côté une opposition républicaine qui est forte dans sa légitimité, la légitimité de ses revendications à engager un programme de manifestations aujourdhui qui après la crise sociale que nous avons connue est en train d’affaiblir le fondement même de notre État. Nous de l’UFC nous ne participons pas à ces manifestations politiques parce qu’il y a 2 ou 3 mois nous avons décidé de quitter l’opposition républicaine et moi j’ai été porte-parole de cette opposition pendant 7 années. J’ai décidé de rendre le tablier de porte-parole pour une raison très simple, simplement parce qu’il y avait des divergences sur la stratégie. Nous nous avons dit que depuis 7 ans on fait la même chose, depuis 7 ans on fait des manifestations, on sort dans la rue, il y a des blessés, des morts, des destructions de biens matériels publics et privés, on se retrouve après dans le cadre d’un dialogue avec le gouvernement, avec la mouvance présidentielle autour d’une table, on aboutit à un accord, l’accord est signé par toutes les parties mais l’accord n’est généralement pas respecté par le gouvernement et sa mouvance politique, on revient de nouveau dans la rue, on refait encore les mêmes manifestations, on revient encore autour d’une table, on aboutit à un accord et cet accord là aussi n’est pas respecté, on refait encore les mêmes manifestations. Alors, je dis qu’on est en train de tourner en rond, entre temps des Guinéens meurent, entre temps des biens sont détruits (…) Je dis, asseyons-nous, réfléchissons à d’autres stratégies. Quand tu fais pendant 1 an, 2 ans, 3 ans jusqu’à 7 ans la même chose et tu n’as pas de résultats, assieds toi et réfléchis et si j’essayais comme ça et si j’essayais autre chose et si je changeais de méthode mais malheureusement nous n’avons pas été compris. C’est pour cette raison que nous avons quitté l’opposition républicaine. Nous sommes toujours de l’opposition guinéenne mais nous sommes une opposition qui se veut réfléchie, une opposition qui analyse ses échecs, qui en tire des leçons pour se propulser et aller de l’avant.

C’est tout à fait normal qu’on revendique un droit, les manifestations sont inscrites dans notre constitution, tout le monde le sait c’est à l’article 10 et que les contradictions puissent bien se déroulées dans notre pays. L’autre côté est responsable aussi car il faut faire en sorte que les manifestations se déroulent bien, du début à la fin on veille à ce qu’il n’y ait pas de destruction d’édifices publics, on veille a ce qu’il n’y ait pas de destruction d’édifices privés, on veille à ce que les autres usagers de la route, les autres citoyens qui ne sont pas concernés par la manifestation n’en souffrent pas. Chacun doit être dans son rôle et l’État n’a pas le droit de s’opposer à des manifestations car c’est un droit mais aussi ceux qui jouissent de cette liberté n’ont pas le droit d’empêcher d’autres citoyens de vaquer à leurs affaires. Nous sommes dans une situation où du fait que nous UFC on n’a pas été écoutés, on est dans une situation d’impasse politique. Malheureusement, l’avenir nous a donné raison, ce qui s’est passé lors de ces élections communales c’est ce que nous avions vécu il y a 3mois. Nous avions vu que ces élections étaient organisées dans les conditions qui les prévoyaient au moment où on faisait cette déclaration, nous avions dit qu’on aboutirait aux mêmes résultats en 2010. ça s’est passé ainsi, en 2013, en 2015 ça s’est passé ainsi et en 2018 si toutes les conditions sont encore les mêmes, il n’y a pas de raisons que les résultats de ces élections de 2018 soient différents des résultats des élections précédentes. Alors nous avons beaucoup d’idées, nous pensons que l’opposition doit revoir encore sa stratégie, nous le répétons encore, nous avons énormément d’idées et nous avons le temps de les développer dans notre union pour qu’on sache qu’il y’a beaucoup de façons de revendiquer ces résultats sans que ce ne soit par la répétition des mêmes modalités des mêmes modes qu’on entend indéfiniment depuis des années»

Pour l’ancien porte-parole de l’opposition, ‘’il y a plus de 200 partis en Guinée. Faire le choix de venir à l’UFC nous va droit au cœur et nous n’allons vous déshonorer’’.
Aboubacar Sylla annonce que son parti s’organise pour être en ordre de bataille lors des élections législatives. ‘’La vocation de tout parti politique, c’est de participer aux élections, conquérir le pouvoir, l’exercer ou participer à son exercice de manière en œuvre son projet de société’’, rappelle-t-il à ses partisans.
Il promet de tout mettre en œuvre pour que les législatives prochaines soient un rendez-vous ultime pour l’UFC. ‘’Que ce soit l’occasion pour notre parti de faire comprendre aux guinéens que l’UFC est un parti d’avenir, qui peut légitimement occuper Sékhoutouréyah en 2020’’, indique-t-il.
‘’Nous espérons que comme le dit la chanson tourou-tourou, en 2020, ce sera notre tour. On va changer la Guinée et c’est possible’’, assure l’ancien ministre de la communication sous les ovations nourries de ses partisans mobilisés en masse.

Libreopinionguinee avec mediaguinee

 

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  1. En fait cette politique ne permet effectivement pas dobtenir la paix sociale ni de renforcer la cohésion sociale, mais je pense que les pouvoirs publics ont peur daller plus loin en engageant une chasse aux sorcières contre tout individu dans la mouvance des fous dAllah. Les pouvoirs publics craignent sûrement que les conséquences pour la sécurité publique soient être encore plus graves en suscitant une guerre généralisée et permanente. Ils préfèrent temporiser et sacrifier les principes républicains, dont la liberté dexpression. Le maccarthysme a été possible aux Etats-Unis parce que les communistes navaient pas de notion équivalente au djihad. Cependant, une telle analyse tendrait à exonérer Macron, Merkel etc. de leurs fautes politiques alors quils ne sont pas simplement les témoins passifs de cette situation, car en négligeant la prévention ils contribuent à installer le malaise dans le tissu social quils prétendent vouloir préserver. Merkel paraît notamment particulièrement cynique lorsquelle prend la posture du dirigeant placé face au fait accompli. Le souci de préserver une hypothétique cohésion sociale ne peut pas tout expliquer par conséquent. Quant à Macron, obsédé par les problématiques économiques et la stigmatisation de prétendus « fainéants », il néglige les problématiques sécuritaires, espérant que ça tiendra à peu près le coup le temps au moins de son mandat.

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