A la Une : double casquette pour Emmanuel Macron au Nigeria

Emmanuel Macron en costume bleu foncé et Muhammadu Buhari en boubou bleu ciel, côte à côte et souriants. C’est la photo à la Une du quotidien nigérian This Day .

Le Vanguard, autre journal nigérian, retient cette phrase du président français, à propos du terrorisme : « La France ne peut pas régler les problèmes des Africains. Seuls la sécurité et une économie solide impulsées par les dirigeants du continent peuvent résoudre le problème. »

Mais au-delà des enjeux sécuritaires, c’est l’économie et la culture qui ont été au centre de cette visite au Nigeria d’Emmanuel Macron.

« En posant son avion dans le pays le plus peuplé d’Afrique, Jupiter est en quelque sorte retourné à ses premières amours, relève L’Observateur Paalga au Burkina. C’est là en effet qu’à 23 ans, le jeune énarque frais émoulu avait effectué son stage pratique, il y a 16 ans de cela, sous les ordres de l’ambassadeur Jean-Marc Simon qu’il a d’ailleurs, pour l’occasion, ramené dans ses bagages. Mais on aurait tort, estime le quotidien burkinabè, de réduire cette visite du chef de l’Etat français à cet aspect purement sentimental. S’il est passé par là, c’est parce que le Nigeria, fort de ses 180 millions d’âmes, constitue la première puissance à la fois démographique et économique de l’Afrique et, de surcroît, le premier exportateur de pétrole du continent. Autant dire pour la France un partenaire de premier choix, pointe encore L’Observateur Paalga, au moment où le locataire de l’Elysée veut sortir du tête-à-tête avec le pré carré français. »

Relation décomplexée

« C’est donc avec une casquette économique mais aussi culturelle que Macron a atterri à Abuja,relève pour sa part Le Pays, toujours au Burkina. Et quel autre haut lieu peut symboliser la culture qui se veut passerelle économique, telle que le souhaite Macron, que le temple du pape de l’afrobeat, Fela Kuti : le Shrine, le sanctuaire ! Le Black President avait usé de son art pour brocarder les chefs d’Etat « yes-men », incapables de développer leurs pays. »

Autre signal fort, poursuit Le Pays : l’annonce, sur place, dans un pays pourtant non francophone, de l’organisation de la saison « Les Afriques en France » qui se tiendra dans l’Hexagone en 2020… « Là où la France peut nouer des relations gagnant-gagnant, Macron n’hésite pas à faire le pas, constate encore le quotidien ouagalais : le Nigeria c’est le premier PIB africain, devant la nation arc-en-ciel et donc un grand marché, qui surplombe la Cédéao. La relation décomplexée passe aussi par ces sentiers ! »

Le dernier Africain du Mondial…

A la Une également, le Mondial. « Il n’y a plus d’équipe africaine pour cette Coupe du monde. Mais le continent est encore bien représenté, relève Le Point Afrique. Malang Diedhiou était en effet au sifflet de Belgique-Japon, lundi, et sa performance a été de qualité, à l’image de ce huitième de finale, un match complètement fou avec de forts rebondissements. L’arbitre sénégalais à la carrière internationale déjà bien chargée – deux CAN et les JO de Rio de 2016 –avait l’expérience pour rendre facile cette rencontre. »

En tout cas, « la hiérarchie a été respectée pour les quarts de finale », estime le site d’information Wakat Sera. « Si le Portugal et l’Argentine sont passés à la trappe, éliminés respectivement par l’Uruguay et la France, les « grands » qui n’ont pas connu le même sort que l’Allemagne, championne du monde en titre, sortie dès le premier tour, ont fait respecter la hiérarchie. Le Brésil, la France, l’Angleterre, la Belgique demeurent donc dans la course. Mais ils auront fort à faire à des équipes à l’appétit vorace comme la Russie, pays organisateur, l’Uruguay qui monte en puissance, la Croatie, outsider de charme qui joue crânement sa chance, et la Suède, qui sans Zlatan Ibrahimovic, est toujours dans le coup. »

Enfin, mention spéciale pour Kylian Mbappé, s’exclame Wakat Sera. « Grâce à ses dribbles dévastateurs, sa puissance dans les duels, ses courses vers le but et surtout ses coups de patte magiques, l’héritier de Michel Platini et autre Zinedine Zidane, excusez du peu, a pris une telle ascendance que le public et les tabloïds présents en Russie n’ont d’yeux que pour lui. Il est presque certain qu’à la faveur de ce Mondial russe, le fulgurant numéro 10 français inscrira son nom en lettres d’or dans le livre du football mondial. »

RFI

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