Photo Thierno Madjou Sow OGDH
Thierno Madjou Sow président de L'OGDH

L’organisation guinéenne de défense des droits de l’homme et du citoyen (OGDH) a mis en garde les acteurs politiques guinéens sur les conséquences que les problèmes sociopolitiques et économiques pourraient avoir sur les droits de l’homme dans le pays.

A travers une déclaration rendue publique ce jeudi 2 juillet 2015, l’OGDH a rappelé que la Guinée s’achemine vers une élection présidentielle sur fond de tension entre les protagonistes. « Les discours de campagne de l’entre deux tours de la présidentielle de 2010 qui avaient provoqué une profonde fissure du tissu social refont surface notamment pendant les visites que le Chef de l’Etat a effectuées en Haute Guinée », a fait remarquer l’organisation.

« Dans un contexte de forte cristallisation du débat autour des conditions d’organisation de ce scrutin, exhorte l’ogdh, chacun doit faire preuve de responsabilité pour éviter les propos qui pourraient exacerber les tensions interethniques.»

Dans ce climat de malaise généralisé, les défenseurs des droits humains déplorent le fait qu’une autre question est venue s’inviter dans le débat politique : celle de la décision du capitaine Moussa Dadis Camara de se lancer dans l’arène politique en annonçant sa candidature au prochain scrutin présidentiel.

« Si à ce jour, le capitaine Dadis n’est pas encore reconnu coupable des massacres du 28 Septembre 2009 et de ce fait peut, au nom du principe de la présomption d’innocence, briguer tout mandat électif en Guinée parce que non déchu de ses droits civiques, l’OGDH estime qu’il est moralement malséant de solliciter les suffrages des Guinéens avant de s’acquitter du devoir de se présenter aux juges afin que ceux-ci se prononcent sur son degré d’implication dans ces massacres », atteste l’OGDH.

Elle dénonce que, « verser au chapitre des pertes et profits, les crimes graves commis à cette époque et briguer un quelconque mandat électif est une insulte à la conscience nationale. Surtout qu’il était « chef suprême » des forces qui ont sévi au stade en 2009 ».

Aux acteurs politiques voulant solliciter le suffrage des Guinéens, l’OGDH estime que tout acte visant à compromettre les chances de faire aboutir les procédures judiciaires portant sur les massacres du 28 Septembre 2009 sera perçu comme une tentative d’entrave à la lutte pour l’instauration d’un Etat de droit et une volonté manifeste de perpétuer l’impunité.

L’organisation lance un appel pressant aux institutions républicaines, singulièrement à la CENI de jouer le rôle qui leur est dévolu par la loi afin qu’elles préservent la Guinée de lendemains incertains. Aux autorités judiciaires en charge du dossier du 28 septembre de ne pas se laisser distraire par les agitations politiques.

« La candidature annoncée du Capitaine Dadis à l’élection présidentielle ne devrait avoir aucune influence sur les procédures judiciaires en cours. Les juges devront, en toute indépendance et dans la célérité poursuivre leur travail et ne devront fonder leur décision que sur leur intime conviction », conclut l’organisation de défense des droits de l’Homme.

Ibrahima Sory Bah

 

lejourguinee

 

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