« Rendez nous nos tablettes M. le président Alpha Condé, Oui, la Guinée ne vous mérite pas parce que vos hallucinations sont redondantes et »…!

M. le président, Je n’ai absolument pas envie de vous rappeler que la promesse est une dette. Vous êtes professeur de droit, vous connaissez mieux que moi la portée d’une promesse – même au plus fort de la campagne présidentielle.
Donc, pas besoin de me dire que votre promesse était électorale. J’ose croire, en revanche, qu’en ce qui nous concerne, nous étudiants, avions rempli notre part du contrat en vous accordant un soufrage, qui vous a permis d’être élu pour présider aux destinées de la Guinée.
A moins que vous n’avouiez le contraire pour relancer l’éternel débat sur la transparence de l’élection présidentielle de 2010. Et, là aussi, vous n’aurez plus une porte de sortie. Alors ce que je vous demande, c’est tout simple : remplissez votre part du contrat moral et rendez nous nos tablettes.
M. le président,
La jeunesse guinéenne dont vous avez tendance à dévaloriser a pris conscience pour s’émanciper de vos interminables discours de politique politicienne. Vos déclarations – dénuées de tout bon sens – ont fini par perdre leur poids, notamment à cause de vos prises de positions fantaisistes.
Oui, nous, étudiants Guinéens, avons aussi le droit de rêver comme vous l’avez fait tout au long de vos 50 ans de lutte politique. Nous pensions qu’en votre qualité de président de l’Union africaine, vous auriez pu prendre de la hauteur en vous adressant aux jeunes, qui constituent l’avenir de notre chère Guinée.
Mais que votre démarche soit celle de trouver vaille que vaille un bouc émissaire responsable de tous les maux qui rongent notre système éducatif, je vous dis que c’est irresponsable.
Que vous nous traitez de mal éduqués, d’indignes, de mineurs excités est non seulement une insulte à l’endroit de nos familles mais c’est aussi le comble d’une folie de grandeur – sans aucun doute.
M. le président,
Si sous votre présidence, réclamer son droit ou même vous exhorter à respecter une promesse électorale rend indigne tout le système éducatif de notre pays, alors soyez convaincu que vous dirigez un pays qui n’est plus digne de vous avoir comme chef d’Etat.
Mais soyez rassurer d’une chose, nous continuerons à réclamer nos droits parce que vous devez nous rendre compte de ce que vous faites de la manne financière que nous avons en commun. Les tablettes que vous nous avez promises ne sont pas gratuites. C’est l’argent du contribuable guinéen. Si vous n’êtes capable de nous rendre compte de la gestion des biens et services de l’Etat, alors ranger vos promesses dans vos tiroirs et quitter le Palais Sékhoutoureyah.
Monsieur le président,
Vous dites que le niveau des étudiants est minable. Moi, je vous dis que nous avons un niveau, qui nous permet de savoir que la Guinée ne vous mérite pas. Oui, la Guinée ne vous mérite pas parce que vos hallucinations sont redondantes et ennuyeuses.
Dites-nous, qu’avez-vous fait en 7 ans pour rehausser le niveau de notre système éducatif ?
Rien. Car vous l’avez politisé en favorisant sa décadence et en refusant catégoriquement de payer les arriérés dues aux universités privées. A cette allure, on est en mesure de s’interroger si l’Etat Guinéen veut vraiment que les jeunes fassent des études supérieures. Rien qu’à voir le mauvais traitement que vous infliger aux institutions publiques d’enseignement, on comprend votre démarche diabolique.
Monsieur le président,
Personne parmi nous n’a eu le privilège de bénéficier des avantages que vous aviez en France. Mais de ce large éventail de connaissance que vous revendiquez, il faut savoir raison garder, car vous êtes loin d’être le professeur dont on a tous rêvé voir à la tête de notre pays.
Nous sommes certainement des profanes – comme vous le dites-, mais vous n’avez non plus daigné nous accorder ne serait-ce qu’une demi-heure de cours à l’université. D’ailleurs, votre professorat, on ne le connait qu’à travers Wikipédia et les chants de griots de la RTG.
M. le président,
Nous en avons assez! Vous ne nous proposez rien de concret. Veuillez au moins, de grâce nous accorder un peu de considération avant de dégager en 2020.
Veuillez agréez, M. le président, l’expression de ma profonde consternation.

Par Amadou Tidiane Fatoumata Diallo
Etudiant diplômé de licence en droit public
Université Nongo Conakry (UNC)
Membre de la Société Civile Guinéenne.

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