Photo CELLOU Dalein Diallo

Le samedi 31 octobre, le président guinéen Alpha Condé a rencontré à Paris son opposant le plus farouche, le fondateur et premier vice-président de l’UFDG, Bah Oury. Cette rencontre semble avoir crée un vent de panique au sein du parti.
Depuis la proclamation des résultats provisoires par la CENI le 17 octobre dernier, donnant Alpha Condé gagnant du scrutin présidentiel, plus rien ne va entre le premier vice-président de l’UFDG et son président Mamadou Cellou Diallo.
Tout a commencé lorsque ce dernier, après avoir demandé avec ses pairs de l’opposition « l’annulation » du scrutin présidentiel pour « fraudes », a menacé d’appeler à une ‘’désobéissance civile’’ pour contester les résultats du scrutin.
Le choix du président de la principale formation politique de l’opposition guinéenne n’a pas été bien apprécié par son adjoint direct qui a trouvé cette option aberrante et subversive.
Depuis Paris où il vit son exil politique depuis 2011, il monte au créneau pour s’opposer à cette politique de va-t-en guerre qui, jusque-là n’a fait qu’apporter ennuis et deuils aux militants et sympathisants du parti. Une soixantaine de militants a trouvé la mort dans les manifestations politiques et des centaines d’autres blessés et arrêtés. Sans compter les dégâts matériels importants dont les principales victimes sont les opérateurs économiques qui ont perdu des milliards de francs.
Pour Bah Oury, trop c’est trop. Il est temps d’arrêter les « sacrifices » surtout s’ils se révèlent inefficaces. Il estime qu’il y a eu trop de sacrifices sans résultat probant.
Aussi, il dénoncera le ‘’népotisme’’ au sein du parti. « L’UFDG n’est pas un champ pour les demi-frères et sœurs… », a-t-il indiqué. Laissant ainsi entendre que le parti est devenu une ‘’entreprise familiale’’ où les membres se croient tout permis.
Auparavant, l’opposant révélera que certains membres de son parti ne veulent pas son retour sitôt au pays. « La direction du parti ne s’est jamais battue pour mon retour. Il y a des gens au sein de l’UFDG qui ne souhaitent pas mon retour en Guinée. Pour preuve, il y a des jeunes démocrates de l’UFDG qui avaient fait circuler une pétition pour mon retour, et cette pétition a été signée par l’ensemble des députés de l’UFR. Mais sur les 37 députés de l’UFDG, seulement 20 l’ont signé. Les 17 autres ont refusé de le faire… », a récemment dénoncé le leader.
Des propos que les barons du parti à Conakry n’ont nullement voulus commenter. Estimant sauvegarder l’unité du parti. Lors de la dernière conférence de presse du parti, l’un des vice-présidents Fodé Oussou Fofana avait confiait que le parti a décidé de ne pas évoquer le cas Bah Oury en public. « Les problèmes du parti se discutent à l’interne », a-t-il répondu à une question relative aux sorties médiatiques du leader.
Mais depuis la rencontre entre le n°2 de l’UFDG et le président Alpha Condé à Paris, le 31 octobre (coïncidant à la proclamation des résultats définitifs par la Cour constitutionnelle), le parti serait envahi par un vent de panique. Car les discussions de Paris auraient tourné autour de l’amnistie des détenus et exilés politiques. Et la concrétisation d’une telle chose pourrait être perçue comme un effort personnel de Bah Oury. Le parti n’ayant en réalité rien fait dans ce sens.
Selon des sources proches du parti, une réunion de crise est prévue par le bureau exécutif pour statuer sur cette rencontre. Peut-être pour envisager, comme cela est devenu le sport favori du président du parti, de nouvelles sanctions disciplinaires. Alors qu’il aurait dû saisir l’occasion pour se racheter auprès de celui qu’il avait abandonné, devenu ces dernières années la ‘’bête noire’’ du régime de Conakry pour ses prises de position.

Avec  kibanyiguinee.info

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