QUEL TYPE D’OPPOSITION POUR UNE ALTERNANCE CRÉDIBLE EN 2015 EN GUINÉE ???

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photo de l'opposition

photo de l'oppositionQUEL TYPE D’OPPOSITION POUR UNE ALTERNANCE CRÉDIBLE EN 2015 EN GUINÉE ???

On connaît l’adage: « la vie n’a pas de prix, mais elle a un coût! » Depuis 2010, la vie des Guinéens est menacée par un régime sanguinaire installé à Conakry (capitale de la Guinée). Année après année, la classe politique et les citoyens Guinéens de l’intérieur et de l’extérieur font des analyses d’opinion se rattachant à l’évolution de la situation politique en Guinée, mais, est-on forcé de le constater, les actions de redressement proposées ont eu autant d’efficacité qu’une rustine appliquée sur une jambe de bois! Le temps est plus que venu de se remettre sérieusement en question en faisant un bon diagnostic des enjeux et en proposant des solutions réalistes pour y répondre. La démarche n’est pas dénuée d’embûches, mais c’est le prix à payer pour sauver les Guinéens d’une dérive autoritaire sans nom.

Quel type d’opposition devrait-on donc proposer? Quelles sont les revendications fondamentales à marteler pour convaincre des partenaires potentiels d’accompagner les Guinéens dans leur combat? Pourquoi les Guinéens sont-ils incapables de proposer des pistes de réflexion pour le futur? Pourquoi les élites guinéennes ont-elles peur de prendre la parole dans l’espace public? Pourquoi les élites guinéennes sont-elles si souvent attirées par la facilité, en se laissant parfois entraîner dans des attaques personnelles au vitriol, en s’opposant systématiquement à toute sorte d’initiative comme si l’immobilisme était une solution de rechange à envisager?

Ne pas répondre à ce genre de questions reviendrait à éluder le problème. Tôt ou tard, ces élites guinéennes devront rendre des comptes…

Dans cet état d’esprit, il importe de comprendre réellement le genre de travail de fond à mener devant l’énormité des enjeux auxquels la Guinée fait face. Mais attention, soyons modestes : loin de nous l’idée de dispenser des leçons de morale. Nous ne faisons qu’une réflexion à haute voix sur des pistes de solutions à des questions brûlantes qui se posent dans le dossier guinéen. Et il serait utopique d’espérer avoir une recette magique porteuse de succès sur tous les fronts.

À l’heure où les opposants d’Alpha Condé peinent à poser les prémisses d’une unité pour contrer une politique désastreuse menée par le régime guinéen dans les secteurs clés de l’économie, de la justice et de la défense des droits de l’Homme, à l’heure où M.Alpha Condé pousse allègrement ses pions sur l’échiquier politique où les adversaires sont à la fois absents et minés par des divisions intestines, à l’heure où certains Guinéens sont entraînés dans des « procès cathodiques et expéditifs», à l’heure où certains semblent ne pas comprendre que des débauchages individuels, que M. Alpha Condé a toujours su exploiter en attirant vers lui des personnalités de l’opposition – certes animées par de cyniques calculs -, dans des rôles de figuration, font encore beaucoup de dégâts à la réconciliation des Guinéens. Quelle devrait être la contribution des élites guinéennes?

Soyons francs : tout en invitant tous ceux qui ne partagent pas notre opinion à alimenter de leurs réflexions nos débats, nous n’avons pas besoin d’opus littéraires trop violents ou alambiqués qui viseraient plus à détruire qu’à bâtir. L’objectif poursuivi consisterait à se doter, animé par un esprit de discipline exemplaire, d’un discours aux accents cohérents, branché sur les problèmes des Guinéens, en Guinée ou ailleurs. En d’autres mots, trouver une sorte d’«aggiornamento» à travers lequel la défense des droits et libertés en Guinée constituerait un corps structurant de leur militantisme.

Dans les sphères du pouvoir à Conakry, tout doit découler de l’avènement de l’indépendance en 1958; dans certains milieux guinéens de l’intérieur et de la diaspora, il y a un discours aseptisé selon lequel rien ne peut se faire sans jeter tout le blâme sur notre élite (on évoque souvent le rôle lourdement joué par les différentes élites qui se sont succédées de 1958 à nos jours). Et l’on s’interdit de balayer devant sa propre cour. À y regarder de très près, ces deux logiques se donnent inconsciemment la main sans que la question de l’alternance au pouvoir en Guinée ne soit posée. Ces deux logiques mènent à la surenchère: toujours plus d’intransigeance, toujours plus de repli sur soi et toujours moins d’espace pour réfléchir. Le régime en place se nourrit ainsi de ces maladresses de la diaspora.

Ce sont les Guinéens qui doivent concrétiser leur solidarité en vue de se battre pour les valeurs de démocratie, de justice et de défense des droits et libertés. Désormais, ils ont le choix entre la survie et le déclin.

Ce sont les Guinéens qui doivent comprendre que c’est, avant tout, à eux qu’il revient le rôle de sortir des sentiers battus, d’explorer des univers inhabités, de développer une certaine doctrine pour mieux faire avancer leur pays. À commencer par jeter les bases pour faire la lumière sur de ténébreux chapitres de leur Histoire. Ils n’y réussiront qu’en travaillant ensemble dans un sursaut partagé de survie et d’appartenance au même destin. Comme pour mieux s’imprégner de ces paroles, chères à Martin Luther King : « Nous devons apprendre à travailler ensemble comme des frères, sinon nous allons mourir tous ensemble comme des idiots ».

Travailler ensemble, faire preuve de concertation et de respect, abattre les frontières, aller vers l’autre pour y puiser audace, empathie, rigueur et sagesse. Telles sont les vertus qui valent et dont la classe politique guinéenne a été, hélas, en cette période troublée de la situation politique en Guinée, le plus tristement dépourvue. Au demeurant, c’est donc une opposition minée par des rivalités intestines qui ne se sont jamais éteintes depuis l’avènement du multipartisme en 1991. Comme si la leçon des années 1991 – période à laquelle l’opposition d’alors s’employait à un changement de l’élite politique alors que M. Lansana Conté(paix à son âme) était prêt à tout pour concerver le pouvoir — n’avait jamais été apprise. Au lieu de se battre main dans la main pour endiguer les visées de M. Lansana Conté et son armée, l’opposition avait vite dilapidé un capital de sympathie qu’elle avait chèrement acquis auprès du public guinéen et s’était déchirée sur la place publique pour le fauteuil présidentiel, alors que le pouvoir de l’époque était à l’agonie. La suite fut le désastre que l’on sait…

Aujourd’hui, on doute que des figures de proue de l’opposition actuellesoient mieux disposées que leurs aînées à renoncer à la politique politicienne, mue par la rancœur et tout le cortège de l’esprit de cour et de servilité, pour s’atteler au nécessaire rassemblement devant déboucher sur une bataille sans merci contre la dérive autoritaire d’Alpha Condé. Si l’opposition se trompe à nouveau de cible, les Guinéens pourraient-ils lui pardonner ses erreurs majeures?

Libreopinionguinee.com

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