Procès du 19 juillet: la défense pense que, ce procès c’est comme chercher des poux sur une tête rasée

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Le procès des militaires communément appelé ‘’affaire Nouhou Thiam et Cie’’ a repris ce jeudi 24 décembre à la Cour d’Appel de Conakry. Deux prévenus étaient à la barre : l’adjudant Mamoudou Kaba chauffeur du commandant feu Aboubacar Sidiki Camara alias De Gaulle et le lieutenant Kémo Condé du Bataillon autonome de troupe aéroporté (BATA). Ils sont poursuivis pour « désertion et violation de consignes militaires » et risquent d’une peine allant de 2 à 6 mois.

Selon leur arrêt de renvoie n°21 du 14 novembre 2012, l’adjudant Mamoudou Kaba et le lieutenant Kémo Condé sont inculpés pour « désertion et violation de consignes ». A la barre, les deux codétenus ont été mis au courant par le président du tribunal des faits qui leur sont reprochés.
Des faits qu’ils ont nié en bloc avant de revenir sur les circonstances de leur arrestation. Ils rappellent avoir été interpellés par un groupe mixte de gendarmes, bérets rouges et militaires.
Selon le lieutenant Kémo Condé, les choses se sont déroulées dans la matinée du mardi 19 juillet 2011, aux environs de 14 heures, à Kakimbo dans la commune de Ratoma. C’était au lendemain de l’attentat perpétré contre le domicile du chef de l’Etat à Kipé.
En narrant les faits, il explique que c’est son chef de section qui a annoncé la chose lors du rassemblement au camp Alpha Yaya Diallo, en disant qu’il y aurait eu attaque du domicile du chef de l’Etat à Kipé. Il a, à cet effet, instruit tout le monde de rester en « stand bye » au cas où l’autorité militaire aura besoin d’eux. Quand le rassemblement a pris fin, le jeune officier qui se trouverait être ce jour en compagnie de son ami adjudant Mamoudou Kaba, a décidé avec ce dernier, d’aller prendre le petit déjeuné. Ils sortaient du camp sur sa moto lorsqu’ils ont rencontré le commandant De gaule de retour de mission. Ce dernier sous motif d’éviter les embouteillages qui existeraient ce jour, a emprunté la moto de ses deux subordonnés pour se rendre à son domicile. En même temps, il leur a demandé de déposer son véhicule à la maison. Une fois là-bas, ils devraient retourner avec la moto. Ce qui ne se serait pas passé comme prévu, selon le lieutenant. Car avec son ami, ils arriveront au domicile du chef bien avant ce dernier. Ils décident alors de se retourner au camp après avoir laissé la clef du véhicule à un parent du commandant trouvé sur place. Selon toujours le lieutenant, c’est sur le chemin de retour qu’ils sont tombés sur un groupe mixte de gendarmes, bérets rouges et militaires. Sur demande du chef du groupe, ils s’identifient et disent le motif de leur présence dans le parage. « Embarquez-les », aurait ordonné immédiatement le chef du groupe. Aussitôt dit aussitôt fait ! Ils sont ligotés et embarqués manu militari. Ils sont ensuite conduits à la résidence du président cible d’une attaque la veille, puis au PM3 où ils furent auditionnés avant d’être transférés à la maison centrale.
Pour le ministère public, les faits sont déjà établis. Il soutient mordicus qu’à partir du moment où la consigne donnée au rassemblement n’a pas été respectée, il y a eu « infraction ». Dans la même lancée, les avocats de la partie civile parlent de « désobéissance » des agents vis-à-vis de l’autorité militaire.
Quant-à la défense, elle pense que ce procès c’est comme chercher des poux sur une tête rasée. Puisque ses clients n’ont en réalité violé aucune « consigne » et sont simplement victimes de « règlement de compte ». Elle fera savoir que, la sanction liée à l’infraction qui leur sont reprochés n’est que de 2 à 6 mois, selon l’article 601 aliéna 1 du code de procédure pénale. Alors que ceux-ci, s’insurge-t-elle, ont déjà passé illégalement plus de 4 ans en prison.
C’est au terme de ces débats très houleux que le président du tribunal Sékou Keita a suspendu le procès pour le renvoyer au mercredi 30 décembre prochain. Nous y reviendrons.

Samory Keita

kibanyiguinee.info

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